Chantal Biya (à gauche en rouge), la première dame camerounaise, monte à bord de l’avion qui doit la ramener à Yaoundé.(Photo: Laurent Guiraud)
Partager

Le couple présidentiel camerounais, formé de Chantal et Paul Biya, est parti de Genève un peu après midi, vendredi. Un cortège de voitures noires aux vitres teintées a quitté l’hôtel Intercontinental, largement entouré par les forces de l’ordre genevoises.

C’est au tour du président Paul Biya lui-même de pénétrer dans l’avion.
la RTS, la radio des majors. Notre radio partenaire, fête ses 20 ans de service public

Sur le tarmac, la police a pris soin de cacher le Boeing 767-200 aux regards, en plaçant plusieurs véhicules, dont un bus normalement mis à disposition des passagers aériens, pour empêcher les photographes d’immortaliser le président et la première dame.

Mais, entre deux véhicules, la célèbre coupe de cheveux de Chantal et sa robe rouge-orange l’ont immédiatement trahie. Son mari était à ses côtés en montant à bord. L’avion a décollé vers 12 h 30.

Cet énième séjour à Genève du président Biya sera-t-il le dernier? C’est en tout cas celui qui a été le plus chahuté. Une bagarre a eu lieu dans l’hôtel Intercontinental, le 25 juin, puis six agents du président ont été condamnés par la justice genevoise pour avoir molesté un journaliste. Le 29 juin, une manifestation sur la place des Nations a dégénéré.

Paul Biya aurait passé 1645 jours à l’étranger, à titre privé, entre 1983 et 2017, le plus souvent à Genève, selon le réseau Organized Crime and Corruption Reporting Project. Des séjours qui auraient engendré des frais de 182 millions de dollars. De quoi susciter l’ire de l’opposition camerounaise, qui estime que le président dilapide le trésor public et ne travaille pas.

Des sources disent que la Berne fédérale a mis la pression pour que Paul Biya quitte la Suisse. Contacté, le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères se contente de dire, en pur langage diplomatique, que «le Dfae a connaissance de ce départ. Il n’a pas été absent de ce débat durant les derniers jours», sans commenter davantage.

Lire aussi: Swisse > Repression du 29 juin aux manifestations anti Biya: Un député demande l’expulsion du vieux dictateur

Toujours est-il que c’est peut-être la fin d’une ère pour l’hôtel Intercontinental. «Paul Biya est de loin le chef d’État le plus fidèle de l’hôtel», indique Herbert Schott, son directeur de 1981 à 2002. L’ancien cadre se souvient qu’«il payait toujours ses factures, en général cash avant de partir, c’est un personnage exceptionnel, tranquille, qui venait pour se reposer», se souvient l’ancien cadre. Paul Biya louait en général le 16e étage, doté de deux appartements et de vingt chambres, pour sa garde rapprochée et ses proches. Jadis, il allait faire son jogging dans le parc de Budé ou des tours à vélo, jusqu’à Versoix.

En 1998, dans un courrier au directeur de l’hôtel, Paul Biya, client depuis 1969, écrivait qu’il avait effectué son «50e séjour à l’hôtel Intercontinental de Genève». Paul Biya a souvent invité les patrons de l’hôtel au Cameroun. Michel Perret, qui a dirigé l’hôtel quelques années après Herbert Schott, s’y est rendu dans ce cadre mais il n’a pas souhaité nous en parler.


Partager

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here