Des officiels congolais et de l'Organisation mondiale de la Santé portent des combinaisons de protection alors qu'ils participent à une formation de lutte contre le virus Ebola, près de la ville de Beni, le 11 août 2018. © REUTERS/Samuel Mambo
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En date du 19 avril 2019, alors qu’il présidait une réunion de riposte contre le virus Ebola dans les locaux des cliniques de l’Université catholique du Graben (Ucg) de Butembo, au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo (Rdc), le docteur Mouzoko Kiboung Richard-Valéry de l’OMS, de nationalité camerounaise, âgé de 41 ans, et ex-lauréat de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé 1 a été assassiné, à bout portant, par trois hommes armés.
Ce crime odieux qui avait enregistré deux blessés graves dont un médecin congolais et un chauffeur a été l’œuvre des rebelles Maï-Maï, un groupe dirigé par des seigneurs de guerre encore actifs dans les vastes provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le spécialiste d’épidémiologie de l’Oms, de nationalité camerounaise, se batait depuis plusieurs mois contre le virus Ebola qui fait des ravages au sein de la population congolaise.
Déclarée le 1er août 2018 en Rdc, l’actuelle épidémie de fièvre hémorragique a déjà fait plus de 1.820 morts, essentiellement dans les régions rurales de Beni, Butembo-Katwa (Nord-Kivu) et en Ituri, selon les dernières statistiques de l’Oms.
A 41 ans révolus, ce médecin abandonnait ainsi à la conscience humaine une veuve et quatre orphelins âgés seulement de 6 à 12 ans.
Dans un Communiqué rendu public le 22 avril 2019, Mandela Center International, en condamnant, énergiquement les attaques et les violations répétitives perpétrées à l’encontre des équipes de la riposte contre la maladie à virus Ebola en Rdc avait exigé, avec fermeté, aux autorités congolaises de tout mettre en œuvre, dans les meilleurs délais, pour mettre la main sur les auteurs de ce crime odieux.

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Le gouvernement congolais avait déclaré, au lendemain de ce crime, avoir ouvert une enquête afin d’interpeller et punir les responsables de cet acte criminel.

Au stade actuel de la procédure, le Lieutenant-colonel Jean-Baptiste Kumb Ngoma, procureur militaire de Butembo (Nord-Kivu) a, depuis le début de l’enquête, fait interpeller 52 personnes et une vingtaine d’entre eux a admis avoir effectivement participé à l’attaque du 19 avril 2019.
C’est au cours de leurs aveux que les noms des commanditaires ont été dévoilés.
Quatre médecins congolais considérés comme étant parmi les auteurs moraux dont les docteurs Hippolyte Sangala Kisako, Aurélien Luendo Paluku et Gilbert Kasereka interpellés le 06 août dernier, sont poursuivis pour « terrorisme, association de malfaiteurs », et sont accusés d’avoir tenu « des réunions en date du 14 avril 2019 pour projeter l’assassinat du docteur Richard Mouzoko », épidémiologiste de l’Organisation mondiale de la santé (Oms).
Un quatrième médecin, le Dr Mundama Witende, aujourd’hui à l’étranger est également soupçonné de faire partie des commanditaires.
Pour le procureur militaire, les médecins « sont parmi les auteurs moraux » de l’attaque qui a coûté la vie au Dr Richard Valery Mouzoko : « Je les ai interpellés, je les ai interrogés sur procès-verbal et j’ai fait des confrontations ».
D’après les témoignages dignes de foi, ces médecins, commanditaires de cet assassinat, voulaient se débarrasser des prestataires extérieurs en charge de la riposte à Ebola dont le Dr Richard Valery Mouzoko de nationalité camerounaise.
Dans une lettre adressée au maire de Butembo et signée du docteur Kalima Nzanzu, président de la cellule de l’ordre des médecins de Butembo, l’ordre des médecins a fait part de son indignation quant à ces arrestations et demande leur libération provisoire dans les 48 heures, sans quoi, elle menace de déclencher une grève générale.
Le droit à la vie, à la sûreté, à l’intégrité et à la liberté fait partie des droits fondamentaux de l’Homme dans le champ du droit international des droits de l’homme;
Le droit à la vie, constitue d’ailleurs le fondement des droits de l’homme et est encadré par l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 et de l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 :

Jean Claude Fogno. Secrétaire Exécutif de Mandela Centre International

« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».
Selon cet article, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Mandela Center International continue de suivre de très près le déroulement de cette procédure judiciaire et entend y accorder une importance capitale ;
Mandela Center International reste convaincu que le droit à un procès équitable tant en matière civile que pénale apparaît comme la pierre angulaire


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