© AFP Emmanuel Macron passe en revue les troupes dimanche 14 juillet 2019 sur les Champs-Elysées.
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Arrêté en 2017 pour avoir projeté de tirer sur Emmanuel Macron lors du traditionnel défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées, Guillaume M., un ultranationaliste de 25 ans, a été renvoyé, fin juin, devant le tribunal correction de Paris pour « entreprise individuelle terroriste », a déclaré le parquet national antiterroriste (Pnat) à 20 Minutes, confirmant une information du Parisien.

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Que sait-on de lui ? Quels étaient ses projets ? Quels sont les premiers élements reccueillis par les enquêteurs ? 20 Minutes fait le point sur ce Français placé en détention provisoire, à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), depuis son interpellation le 28 juin 2017.

Qui est Guillaume M. ?

Cet ultranationaliste, âgé de 25 ans, est originaire d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise. Le jeune homme, sans emploi au moment de son arrestation, était déjà connu des services de police. En 2016, il avait été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve pour provocation à la haine raciale et apologie du terrorisme après avoir fait l’éloge d’Anders Behring Breivik, l’auteur de l’attentat du 22 juillet 2011 en Norvège, qui a fait 77 morts. « Il s’est décrit lui-même comme fan d’Anders Breivik », explique  le parquet national antiterroriste (Pnat) à 20 Minutes. Deux ans auparavant, il avait également été condamné pour détention d’engins explosifs.

Solitaire et isolé, selon les premiers éléments de l’enquête, le jeune homme était adepte de vidéos de tueries, comme celle du massacre de son « héros » norvégien ou celle de la tuerie de Columbine, où deux lycéens ont ouvert le feu dans un lycée américain en 1999, faisant 13 morts et 24 blessés.

Quels auraient été ses projets ?

Entendu par les enquêteurs, le jeune homme a reconnu avoir projeté de tirer sur Emmanuel Macron lors du traditionnel défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées. Mais ce n’est pas tout : « Il avait plusieurs projets : celui de s’en prendre au président de la République, mais aussi de porter atteinte à des minorités, des noirs, des musulmans, des juifs, des homosexuels ou encore des francs-maçons. Il voulait également s’en prendre à des policiers. Ce n’était pas un projet extrêmement défini », détaille le Pnat.

Comment a-t-il été repéré par les services de police ?

En 2017, le jeune homme s’épanche sur son projet d’attentat sur le forum jeuxvideo.com. L’un des internautes, à qui il demande de lui trouver une arme, contacte alors les policiers dela plateforme Pharos, qui permet de signaler en ligne des contenus et comportements illicites sur Internet. « Après ce signalement, une enquête a été immédiatement lancée par le parquet de Pontoise. Le 28 juin 2017, les services d’enquête se présentent à son domicile d’Argenteuil pour l’interpeller », poursuit le parquet national antiterroriste. Absent à ce moment-là, Guillaume M. est aperçu quelques heures plus tard devant chez lui, au volant de son véhicule. « Au moment de son interpellation, les policiers découvrent qu’il avait plusieurs couteaux sur lui, achetés quelques minutes auparavant. Il envisageait de s’en prendre aux policiers et de se faire abattre », ajoute le Pnat.  Le 28 juin 2017, l’homme est placé en garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (Sdat) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Quelles sont les premières conclusions de l’enquête ?

Lors de l’analyse de son ordinateur, les autorités découvrent de nombreuses recherches sur Emmanuel Macron, sur la fabrication d’explosifs ou encore sur l’organisation d’attentat. Les enquêteurs mettent également la main sur deux vidéos « postées sur Youtube, par quelqu’un se présentant comme Guillaume Breivik, qui est un pseudonyme de Guillaume M., où l’on voit un individu cagoulé manipuler des cocktails Molotov », explique le parquet national antiterroriste, qui ajoute : « C’est à ce moment-là, sur la base de l’exploitation de ses supports informatiques, que les enquêteurs découvrent des éventuels projets de passage à l’acte. »

Peu après son interpellation, il est placé en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Décrit comme « provocateur » et « mégalomane » par les policiers qu’ils l’ont entendu, le jeune homme a été soumis à plusieurs expertises psychiatriques : « S’il n’a pas de pathologie psychiatrique à proprement parler, les experts ont mis en évidence un trouble de la personnalité et une instabilité », raconte le Pnat. Fin juin, le juge d’instruction a ordonné son renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris pour « entreprise individuelle terroriste », « port et transport de produits et d’engins explosifs en relation avec une entreprise terroriste » et « port et transport d’armes de catégorie D en relation avec une entreprise ». Il devrait être jugé dans quelques mois.


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