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« Un avertissement » (« A warning ») ne sortira en librairie que le 19 novembre, mais il est déjà en tête des ventes sur le site Amazon. Ce nouveau brûlot anti-Trump de 259 pages, (Hachette Books) rédigé anonymement par un haut fonctionnaire de la Maison-Blanche décrit un président cruel, inapte à occuper son poste, mentalement instable, et carrément « dangereux pour la Nation »…

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À un an des présidentielles américaines, l’auteur s’adresse aux électeurs qui pourraient être tentés de réélire le président pour un second mandat, ce qui serait selon lui, un pur « désastre ». Ce n’est pas un inconnu : Il s’était déjà illustré en septembre 2018, en publiant dans le New York Times une tribune assassine, intitulée « Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump », également anonyme expliquant comment il essayait, avec d’autres, de contrôler le comportement compulsif du président, de l’empêcher de tweeter à tort et à travers, et de contenir ses « pires penchants ».

Pour préserver son anonymat, l’auteur livre peu de faits précis, ont constaté les quelques médias américains qui ont pu consulter l’ouvrage. Mais à lire les bonnes feuilles publiées par le Washington Post et le New York Times, la situation à la Maison-Blanche ne s’est pas arrangée depuis la publication de cette tribune qui avait fait à l’époque grand bruit. Au contraire.

Instable et « despotique »

Plusieurs membres de son l’administration auraient d’ailleurs été à deux doigts de démissionner en bloc il y a quelques semaines en un « auto-massacre de minuit » pour alerter l’opinion publique sur la gravité de la situation, avant de se raviser, pour ne pas ajouter du chaos au chaos, et déstabiliser un peu plus le pays et un gouvernement gravement fragilisé.

Comparant le président à « un enfant de 12 ans dans une tour de contrôle du transit aérien, poussant les boutons du gouvernement sans discernement, indifférent aux avions qui traversent la piste et à ceux qui s’éloignent frénétiquement de l’aéroport », il décrit un dirigeant « despotique », instable, entrant dans des colères incontrôlées, grossier, multipliant les remarques misogynes et racistes, n’hésitant pas à prendre l’accent mexicain dans une réunion sur la politique migratoire, ou à faire des blagues sur le poids ou le maquillage des femmes, incapable de se concentrer sur le moindre briefing de ses conseillers dont il exige des notes n’excédant pas une page. Y compris sur les sujets les plus graves : des power points ne comportant « pas plus de trois points » précise l’auteur.

Consigne a été passée à tous les collaborateurs : « Le président ne veut pas lire ». Seule solution, dit-il, pour convaincre Trump : arriver avec une idée simple, « et la répéter encore et encore, jusqu’à ce qu’il la comprenne ».

L’auteur décrit des hauts fonctionnaires se levant tous les matins en panique tentant d’éteindre l’incendie après les déclarations sauvages de Trump sur Twitter.

« C’est comme débarquer à la maison de retraite pour trouver votre vieil oncle courant sans pantalon dans le hall en vociférant contre la nourriture de la cafétéria, tandis que le personnel essaie de l’attraper. […] Vous êtes en même temps stupéfait, amusé et gêné. Mais votre oncle ne fait pas cela chaque jour, ses mots ne sont pas retransmis à toute la planète, et il n’a pas à diriger le gouvernement américain une fois qu’il a remis son pantalon. »

« Je ne suis pas qualifié pour diagnostiquer les facultés mentales du président, précise l’auteur, qui affirme que de nombreux collaborateurs de la Maison-Blanche partagent cette terrifiante analyse. Tout ce que je peux vous dire, c’est que les gens normaux qui passent du temps avec Donald Trump sont mal à l’aise avec ce qu’ils voient. Il bafouille, insulte, s’embrouille, s’irrite facilement et a du mal à synthétiser des informations. Cela n’arrive pas de manière occasionnelle, mais régulièrement. Ceux qui prétendent le contraire se mentent à eux-mêmes ou mentent au pays. »

Un électeur déçu

L’auteur justifie son choix de l’anonymat, « parce que le sujet, ce n’est pas moi, mais nous” ». « Il s’agit de la manière dont nous voulons que notre présidence reflète notre pays, c’est là-dessus que le débat doit se concentrer. »

L’auteur se défend de soutenir les démocrates. Au contraire. Il se présente comme un ex-partisan de Trump, qui « comme beaucoup de gens raisonnables a voté pour lui », parce qu’il était alors convaincu qu’il fallait « secouer l’establishment », et que « l’alternative Clinton serait pire ». Il n’est aujourd’hui pas partisan d’une destitution du président, qui ne contribuerait selon lui qu’à cliver un peu plus le pays, mais se dit résolu à tout mettre en œuvre pour éviter la possibilité d’un second mandat.

Selon lui, le point de non-retour a été atteint quand le président a refusé de saluer la mémoire du vétéran républicain John McCain mort en août 2018, qui l’avait vertement critiqué.

La Réponse de la Maison-Blanche, ne s’est pas fait attendre… Traitant l’auteur de « couard » s’abritant derrière l’anonymat pour propager un tissu de mensonge, Stéphanie Grisham, porte-parole du président, a vivement conseillé aux médias de traiter l’ouvrage comme « une œuvre de fiction ». Le département de la Justice a contacté la maison d’édition Hachette Books, pour obtenir des renseignements permettant d’identifier l’auteur.


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