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C’est le cas avec les obsèques de Dj Arafat à Abidjan. Les Cote d’Ivoire n’ont pas pu réussir leur projet de s’y rencontrer. Echec retentissant donc, et c’est bien dommage ! La greffe n’a pas pris, aurait-elle pu prendre ? Reste à savoir pourquoi ?

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Tout avait pourtant commencé dans la ferveur générale au grand stade Felix Houphouët Boigny. Les Côte d’Ivoire s’y étaient données rendez-vous, celle d’en haut, celle d’en bas, et même les non classés du sous-sol, sous le regard ébloui de toute l’Afrique. On était venu communier dans la fraternité ivoirienne, dans la chaleur africaine, et dans la joie des retrouvailles patriotiques. Quelle belle image que tous ces officiels en tenue de bykers, jean-basket, casquette renversée, blouson cuir nouée au niveau des hanches. Scène des plus émouvantes que toutes ces gloires des milieux artistique, culturel, sportif, ou politique rassemblées là pour entonner d’une même voix l’hymne à la vie… Toute une nuit, et toute une journée d’exaltation fraternelle, puis soudain, l’indicible.Dj Arafat ne repose plus en paix ! Sa Tombe profanée, en même temps que son cercueil et ses restes, en mondovision, par des hordes en furie ; l’horreur est à son comble.

Mais comment en est-on arrivé là ? Mais que s’est-il passé ? Comment a-t- on pu passer ainsi de la communion nationale à une si frustrante image de fracture ? A chacun d’y répondre, et tout le monde aura incontestablement raison. Mais un qui ne manquera pas d’avoir tort, c’est celui qui va s’en tenir à la paresse des torts partagés, car, justement, on ne partage pas le vide. S’il y a tort, il conviendrait de l’identifier, de le nommer, le cantonner, dans l’espoir de le réduire à jamais. Alors de quel tort s’agit-il ici ?

Ce qu’il apparaît de toute évidence, c’est que les initiateurs de la rencontre entre les Côte d’Ivoire, autour de Dj Arafat, ont commis au moins une méprise. Car, il est une chose de se rapprocher, il en est une autre de se rencontrer, encore plus difficile est de fusionner. Pour cette dernière étape, il est indispensable d’harmoniser au préalable les codes d’expression et de perception, faute de quoi, c’est le “Ndem” total. L’on observe ainsi qu’après un petit moment d’ouverture à l’autre, aux autres, la Côte d’Ivoire d’en haut s’est brutalement ressaisie, en entreprenant de conduire la cérémonie d’inhumation de Dj Arafat selon ses seuls codes propres. Comme d’habitude, en pareille circonstance, les officiels ont retrouvé leur juste place au-devant de la scène, à côté de la famille biologique, alors que la vraie famille d’Arafat, celle qu’il s’est choisie, construit et à laquelle il a donné une âme, la Chine, était reléguée au loin, bloquée par des escouades armées… Cette dernière l’a vécu comme une trahison, une usurpation, un vol, un viol, de trop et… patatras !
La moralité de l’histoire s’adresse au Cameroun, au moment où se prépare le dialogue national inclusif.

Que les experts affectés à l’organisation de ce grand rendez-vous national veillent à dépasser la seule symbolique mécanique du rapprochement physique, pour accéder à la vraie rencontre affective, voire, à la fusion mystique. Pour cela, la méthode consiste à procéder à l’identification des codes pertinents pour les parties prenantes, à travailler à leur harmonisation, et le cas échéant, à ne retenir que ceux qui sont vraiment communs ; l’on pourrait même envisager de pousser la charité jusqu’à ne privilégier que les codes qui sont vraiment rassurants pour les Cameroun d’en bas, du sous-sol ou des maquis. La concorde recherchée peut bien valoir ce petit sacrifice. Alors la rencontre sera réussie.


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