Lycée bilingue de Deido, des élèves éprouvés.
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Comme la bible nous enseigne dans Genèse, Sodome et Gomorrhe étaient deux villes où les habitants avaient décidé de ne plus respecter les prescriptions divines. Les hommes couchaient avec les hommes et les femmes couchaient avec les femmes. L’homosexualité était devenu la pratique la plus adulée et la plus prisée par les occupants de ces deux villes. Mais vu que ces pratiques étaient mauvaises et que cela ne répondait plus aux enseignements divins et à la parole de Dieu, celui-ci a décidé un jour de brûler ces deux villes et tous leurs habitants en y versant du soufre et du feu à l’exception d’un seul couple (un homme et une femme) qui respectait les lois et principes chrétiens. L’école serait-elle alors devenue comme ces deux villes ? Car ces derniers temps, que n’a-t-on pas vu, que n’a-t-on pas entendu et que n’a-t-on pas vécu à l’école ? Il ne passe plus une seule journée sans que l’on ne crie au scandale dans les établissements scolaires et ce, sur l’ensemble du territoire national. Lorsque ce ne sont pas les élèves qui sont victimes des actes barbares de leurs camarades ou de leurs enseignants, ce sont ces derniers qui paient les pots cassés de la rébellion de leurs apprenants.

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L’école est devenue non pas un lieu où on apprend les bonnes pratiques, mais l’endroit par excellence où les mauvaises pratiques sont devenues légions. Juste à titre illustratif, le jeune Blairiot Tsanou a rendu l’âme le 29 mars dernier à l’hôpital de district de Deido, après avoir été poignardé par son camarade de classe au sein même du lycée bilingue de Deido où il était inscrit, alors que les élèves recevaient leurs bulletins de notes de fin du second trimestre avant d’aller en congés de pâques.  Toujours dans ce même établissement situé au cœur de la capitale économique, un élève âgé d’environ 13 ans et inscrits en classe de 6ème, avait révélé à son surveillant de secteur le 14 février dernier, qu’il a été copieusement sodomisé par un groupe de deux élèves inscrits en classe de uppersixth arts (terminale dans le système francophone) dans le même établissement. Dans le même sillage, et pratiquement dans les mêmes circonstances sauf que cette fois ci c’était à Yaoundé, un élève âgé d’environ 18 ans et inscrit en classe de terminale au collège « Sophia » a poignardé à mort son camarade de classe le 23 novembre 2018. Le mal étant transversal et commun à toutes les écoles sur l’ensemble du territoire national, un élève de terminale du collège privé voltaire de Bafoussam a également été poignardé à mort le 18 mars 2018.

De même qu’un groupe de 26 élèves soit 13 garçons et 13 filles (inscrits au lycée classique de Bafoussam, au lycée bilingue de Bafoussam, au complexe polytechnique bilingue privé laïque Tama (Copobit) au lycée de Toungang) ont été surpris nus et en pleins ébats sexuels (dignes des films érotiques) le 27 janvier 2019 dans une maison familiale au quartier Djimoun. Récemment, le 14 janvier 2020, le professeur de Maths, Maurice Tchakounté a été poignardé à mort par son élève, Brice Bisse, en classe de 4e espagnole au lycée classique de Nkolbisson. Si tant est que les crimes commis par les élèves sont kilométriques il n’en demeure pas moins que les enseignants sont aussi parfois des auteurs. La liste des viols, des harcèlements sexuels et des sodomies est longue. Le cas récent, c’est Kevin Buma, enseignant en class 6 (l’équivalent du cours moyen II dans le sous-système francophone), qui a été interpellé par les éléments de la gendarmerie de Bonabéri pour avoir violé 18 de ses élèves âgées de 10 à 14 ans.

A cette allure, que faut-il faire de l’école ? L’éradiquer comme l’a fait le seigneur à Sodome et Gomorrhe ? Ou alors y exfiltrer les « mauvaises graines » et conserver les bonnes ? Aucun esprit lucide ne saurait cautionner la première hypothèse.

Rostand Tchami Houdja, Journaliste

Car l’école est le lieu par excellence où se forment les hommes de la société. Ce n’est qu’à l’école que l’on apprend les principes moraux et sociaux qui permettent de vivre en harmonie avec autrui. Mais comment faire alors pour redorer le blason de l’école aujourd’hui ? C’est là qu’il se pose alors avec acuité l’épineux problème de la refonte du système éducatif national. Tous les ministères concernés par l’éducation doivent donc impérativement et urgemment se mettre au travail pour que l’école soit tout, sauf un danger pour ceux qui s’y rendent.


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