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Au plus fort de l’escalade des injustices, de la dérive de la société française, Emile Zola trempe sa plume dans une mare de colère et du refus de l’intolérable pour écrire ” J’accuse “.
Après la mort de Luc Florent Andegue et Chemuta Divine Banda, Je m’incline

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Du temps pour m’Indigner, Protester. . . Et Interpeller.

À quoi sert aujourd’hui au Cameroun, le décret du Premier ministre, celui du Président de la République? Doit-on encore s’en réjouir, s’en émerveiller? Pourquoi, lorsque l’on croit le mériter, au prix d’énormes sacrifices et de dur labeur, on se voit, hélas, bousculer, infantiliser dans son fauteuil, à l’avantage d’un imposteur, officieusement “nommé” pour assumer vos missions, par l’unique volonté et la décision saugrenue d’une “certaine” hiérarchie qui se croit investie des missions de refaire le monde.

Pas besoin de connaitre Luc Florent Andegue et Chemuta Divine Banda. Pas besoin de les avoir côtoyés du vivant, pour s’indigner, face à la somme des frustrations, l’ostracisme, les contrastes le musellement, les inquisitions, les abus de diverses natures.
A quoi sert-il d’être nommé à la fonction de directeur des ressources financières et du Patrimoine, mais qu’on en soit mis à l’écart, contraint d’observer sur le banc de touche, comment par la force du zèle, du cynisme et du narcissisme ostentatoire, quelqu’un d’autre exercice, assure vos missions ?

Qu’est-ce qui peut expliquer ce viol impunie sur l’orthodoxie administrative? Quelle lecture concédée à un style de management qui réduit à la contemplation, un directeur des ressources financières et du Patrimoine, pourtant à s’en tenir à l’organigramme, c’est le bras opérationnel des ressources d’un ministère, mais que ce soit le directeur des études et des projets qui soit au-devant de la scène à l’exécution des affaires ?
Des faramineuses sommes d’argent, du matériel, des contributions ont été mobilisés de toutes parts pour faire la guerre contre leCovid-19.
La fortune publique et les coffres-forts de la République, ont été sollicités. Cependant.

Dans les comités et les commissions de lutte contre le Covid-19, il n’y a aucune trace, pas même l’ombre du directeur des ressources financières et du Patrimoine. Personne ne dit RIEN. Bouche cousue ; indifférence, méprise du chef du gouvernement?
Pourtant, les décrets nommant de hauts responsables à l’administration centrale du ministère de la santé publique, portent son Visa.

Le défunt Drfp du Minsanté dont le corps encore chaud a été mis sous terre mardi matin. Mais la polémique enfle. La veuve Andegué a, avant l’inhumation de son défunt mari, défié tout responsable du Minsanté à apporter la preuve que son époux a souffert de Covid19
Les populations d”Etoudi disent avoir écrist au Président de la République pour que lumière soit faite.

Luc Florent Andegue s’en est allé; sans avoir été associé de près ou de loin à la gestion des fonds débloqués pour lutter contre la Covid19.
Pourtant au regard de l’organigramme dudit Ministère, il devait être au coeur des procédures.
A qui profite le crime? Seule une enquête parlementaire sérieuse pourrait faire la lumière sur cette scabreuse gouvernance des fonds de lutte contre la Covid19.

Décès suspect

Luc Florent Andegue quitte le théâtre de la vie, dans des circonstances troubles. Décédé des suites de courte maladie ou du Covid-19 précisément? On est sur un nuage, entre controverse et suspicion. L’administrateur civil principal officiait comme président du Bureau de vote à l’école publique de Bastos où, a l’habitude de voter le couple présidentiel. Des amis aimaient le provoquer en l’appelant “le Président du président” .
Au cours de la présidentielle de 2018 et le double scrutin municipal et législatif de février 2020, c’était lui à la manœuvre, recevant à voter le Chef de l’Etat, Président de la République Paul Biya et son épouse.
Une tâche que Luc Florent Andegue n’exercera plus.

Information collectée à bonne source, l’illustre disparu, pourtant haut cadre du Minsanté, est arrivé à l’hôpital central de Yaounde, mercredi dernier, affecté, amoché et très affaibli. Doit-on penser qu’il a manqué de test, un diagnostic rapide, une bonne prise en charge, une offensive alerte pour intervenir très tôt sur la malade? Comment est-ce possible que cela soit ainsi arrivé? Il s’agit quand même, d’un haut cadre du Minsanté. Où sont passés les tests rapides avec résultats en 15 minutes, récemment vantés à grand renfort de publicité, par Manaouda Malachie et Paul Atanga Nji et présentés comme “Don du président de la République”?
Si la thèse d’une mort des suites de Covid-19 se confirme, faut il conclure avec stupéfaction, frayeur et vive panique, que dans ses grandes enjambées, le petit virus du coronavirus a atteint le haut niveau de l’irrévérence, l’irrespect et l’impertinence?
La Covid-19 aurait-elle (pour se faire prendre très au sérieux), choisi frapper dans le coeur de l’administration centrale du Minsanté; centre des opérations de lutte contre la pandémie du coronavirus?

Une fois détecté patient positif du Covid-19, qu’est ce qui peut expliquer le transfèrement du malade affaibli et durement éprouvé, de son isolement à l’hôpital central de Yaoundé pour la réanimation à l’hôpital de la Cnps, qui n’est pas un centre agréé pour le Covid-19?

Doit-on penser que l’hôpital central de Yaoundé, au même titre que d’autres hôpitaux publics agréés, est débordé et souffre d’une insuffisance criarde de plateau technique?

Peau de chagrin

Au ministère de la santé, des langues se délient, s’indignent et accusent. Luc Florent Andegue aurait été victime : de conspiration et du complotisme.
Le directeur des ressources financières et du Patrimoine, très connu a gravi tous les échelons du Minsanté qu’il connaît de fond en comble, Il est crédité d’une expertise avérée dans la maîtrise des ressources financières et du Patrimoine. Ces derniers mois, malheureusement, il aurait été traité tel un malpropre.
Choqué, contraint à plonger dans le reniement de soi, il a aussi été poussé dans le chagrin et le déshonneur. Il est à noter que la déchéance aux allures de descente en enfer de Luc Florent Andegue commence avec l’arrivée de Manaouda Malachie au Minsanté.

L’infortuné a la poisse d’être du lot des directeurs caractériels, genre “fortes têtes” mais qui n’entrent pas dans les “plans” du Ministre. Pour preuve, Manaouda Malachie fera tout pour l’enlever. Sans succès.
Luc Florent Andegue est fortement enraciné au sol. De guerre lasse, n’ayant pas pu le débarquer, le ministre choisit de le confiner en le mettant sous quarantaine professionnelle.
Blessé dans son amour propre, mis à l’écart et au garage, ce natif du mfoundi voit l’opprobre et les ignominies se déverser sur lui. Plus grave, le Ministre pousse l’outrecuidance aux frontières outrancières du tribalisme. Les missions pour l’essentiel du Directeur des ressources financières et du Patrimoine, sont confiées au directeur des études et des projets (Dep), ressortissant de l’extrême-Nord comme Manaouda Malachie.

Des interrogations foisonnent. Un ministre a-t-il les pouvoirs de placer sous quarantaine professionnelle les collaborateurs mis à sa disposition par les décrets présidentiels ou du premier ministre? Un ministre est certes porteur de l’ensemble des politiques publiques et l’organigramme de son département ministériel. Mais ce n’est pas à lui, de choisir ses collaborateurs surtout d’un certain rang. Comment expliquer que le directeur des ressources financières et du Patrimoine, se retrouve contraint à l’effacement et à l’éloignement; pratiquement invisible dans toutes les opérations de gestion de la crise du Covid-19? Comment expliquer le silence (complice ?) du premier ministre? En lieu et place des cadres nommés (par les décrets qu’il a signés) à des postes de responsabilités, sur la base de l’organigramme du ministère, le premier ministre ferme les yeux, laissant ses actes être torpillés en totale imposture?
De quel assainissement des finances publiques, de quelle émergence parle-t-on, si les directives, les actes du président de la République sont sabordés, ignorés, au gré à gré du positionnement des parents, amis, copains et coquins.

La bataille perdue de Chemuta Divine Banda

Quelle perte que celle du président de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés ( Cndhl)!! Une méprise cardinale. Qu’est ce qui peut expliquer que l’on confie à un homme (à la détermination incontestable); d’un côté, des missions de veille, de défense et de promotion des droits de l’homme et des libertés; mais de l’autre côté, que l’on multiplie à n’en point finir, des obstacles, des actes d’anti-jeu, entravant l’exécution du travail, objet de la nomination?
Est-il possible d’être un fervent avocat défenseur des droits, d’être assécher des moyens de travail, de voir ses motivations et son plan d’action se consumer comme peau de chagrin, jusqu’à l’étouffement et à la désillusion?
Qu’est-ce qui peut amener des “Hommes de pouvoir “, à prendre l’habitude du mal, à ériger des obstacles et des difficultés, pour faire déchanter, empêcher la réalisation et l’atteinte des résultats par les autres?
Quelle nation camerounaise voulons nous construire si, un concitoyen, investi des missions de défense des droits de l’homme et des libertés, doit passer plus d’une quinzaine d’années sur le magistère de président de la Cndhl, sans faire bouger les lignes?

Chaque fois qu’il a eu l’occasion de monter au créneau, Chemuta Divine Banda n’a pas manqué des expressions et des mots pour s’indigner, protester, se plaindre des blocages, des haies de stratagèmes, des difficultés, empêchant, barrant la voie, annihilant toutes les forces et les énergies déployées pour accéder dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie, les prisons, les espaces, sites par excellence où, s’observe l’expression des violations flagrantes des droits de l’homme et des libertés.
Malheureusement pour lui, le régime du Renouveau, les autorités en charge de créer des meilleures conditions possibles de travail, le premier ministre, chef du gouvernement. . . Personne ne l’a compris; ni aidé. Pas
même le Président de la République, chef de l’Etat, garant des institutions, n’a agi dans le sens de permettre à la Cndhl de faire son travail. Silence de cimetière.

Il y a, à peine un mois, au cours de l’émission “l’Arène” diffusée à la chaîne de télévision “Canal 2″ , Chemuta Divine Banda a passé en revue son holocauste à lui. Sa sortie qui apparaît aujourd’hui après sa mort comme: ” Le Testament de Chemuta Divine Banda ” a permis de comprendre que le pays de Paul Biya n’est pas encore prêt d’être une terre fertile où, fécondent les droits de l’homme. Quel gâchis. Dommage.

Héroïque jusqu’à la mort

Pugnace, fugace, intrépides, inoxydable, increvable sur les questions de droits de l’homme, Dr Chemuta Divine Banda a mené le combat de bout en bout. À la tête de la Cndhl depuis 2003, il a été au front de toutes les batailles pour l’amélioration des droits de l’homme et de liberté.

Souley Onohiolo, journaliste. Grand reporter au quotidien Le Messager.

En bon avocat des victimes des injustices et violations des droits de l’homme, il s’est fortement employé pour la fin des hostilités, le retour au calme dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest dévastées, endeuillées, délabrées, coincées dans l’engrenage et l’enlisement d’une crise anglophone sans fin.
Avant sa mort, on a vu le président de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl), multiplier des plaidoyers, invoquant, réclamant l’urgence de décongestionner les prisons camerounaises de la surpopulation carcérale, dans une perspective noble et citoyenne consistant à mettre en déroute les contaminations massives de la pandémie du Covid-19 dans les prisons du Cameroun.


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