Partager

C’est une histoire tragique aux allures d’un scandale qui vient de se dérouler à l’hôpital central de Yaoundé. Le 11 mai 2020, une jeune fille arrivée en plein travail a mis au monde des quadruplés. Mais malheureusement, en quelques heures, la pauvre verra ses quatre bébés mourir l’un après l’autre. Et comme si cela ne suffisait pas, selon cette dernière, à cause d’une facture, elle a été séquestrée dans cette enseigne hospitalière.

la RTS, la radio des majors. Notre radio partenaire, fête ses 20 ans de service public

“Je me sens mal parce que mes quatre enfants, je n’ai même pas eu un survivant. Il fallait même que un reste en vie. J’ai beaucoup souffert avec mon accouchement…” Tu Ce sont les larmes d’une mère éplorée à la suite de la perte de ses quatre enfants. Anne Christelle Ntsama, jeune fille âgée de 14 ans enceinte d’une grossesse de quadruplés est referée à l’hôpital central de Yaoundé le 11 mai 2020. A son arrivée tard dans la nuit, elle est prise en charge par le personnel médical.

Jusqu’ici, tout se passe plutôt bien. Elle donne naissance à quatre enfants. Tous sont vivants. Mais sa joie sera de courte durée. Elle sera en butte à un obstacle. Il faut trouver quatre couveuses de toute urgence pour accueillir les nouveaux-nés tant celles de l’hôpital central sont, toutes, occupées. “Il n’y avait pas de couveuses, mais les enfants étaient quand même sous oxygène. On a appelé la dame. Elle a commencé à chercher les couveuses comme on avait dit de faire et elle est allée là-bas. Elle est revenue avec un bordereau et nous a exigé l’argent qu’il fallait pour mettre les enfants dans ces couveuses”, relate l’infortunée.

Cette facture dressée par un hôpital privé s’élève à hauteur de 100.000 Fcfa à déposer comme caution pour accepter d’accueillir les enfants. Malgré les efforts, la famille de la jeune démunie ne réunira même pas le quart de l’argent demandé. A l’hôpital central, c’est la course contre la montre. Il faut sauver ces enfants, mais il n’y a pas de couveuses. Hélas ! Sur les réseaux sociaux, les premières publications sont relayées.

 L’on parle de la négligence du personnel médical face à ce cas de détresse. Dr Félix Essiben, responsable de la maternité de l’hôpital central de Yaoundé retrace le film:”Nous avons conditionné les enfants et nous les avons transférés dans notre service de néonatalogie. Au vu de ce que leur poids était petit, il était question que nous trouvions des places dans un service de néonatalogie en mesure de prendre en charge ces prématurés de cet ordre de poids- là. Malheureusement, notre équipe n’a pas pu avoir de place à l’hôpital gyneco-obstetrique et pédiatrique de Yaoundé, au Centre hospitalier universitaire (Chu) et même à la Fondation Chantal Biya. Malheureusement, les enfants, en naissant, deux l’a trouvé avec une détresse respiratoire importante et n’arrivaient même pas à réagir favorablement malgré l’oxygène qui a été administré”. A la suite de ce long périple infructueux, les quatre enfants vont mourir l’un après l’autre. Mais, les déboires de la jeune mère ne vont pas s’arrêter jusque-là. Il faut encore payer une facture de 54000 Fcfa qui s’assimile, selon la famille, à une condition préalable pour sortir de l’hôpital. D’où le mot séquestration abondamment relayé sur la toile. Annie Christelle Ntsama, la jeune fille, semble avoir validé cela: “J’étais ici à l’hôpital parce que je devais payer 54.100 Francs, mais aujourd’hui, le Dg(Directeur général) m’a fait comprendre que j’ai été retenue ici parce qu’il voulait me voir pour connaître la personne qui a mis au monde ces quadruplés et que je ne devais pas payer. Il voulait, juste, me voir. C’est pourquoi j’étais encore retenue ici”.

Pour le Directeur de l’hôpital central de Yaoundé, le Professeur Pierre Joseph Fouda, il n’a jamais été question d’une séquestration, mais plutôt d’une rétention normale pour observation:”il n’y a pas eu de rétention. Quand une femme accouche, surtout si elle accouche des quadruplés, il faut la garder en observation 48heures. On est dans les délais, la major a fait son travail, qui est de relever les frais à payer. Il y a un service social qui statue sur la situation de la personne et il revient à moi, le directeur, en fonction de la proposition du service social, de prendre donc une decision”. Et au finish, la décision prise par le directeur après le passage sur les lieux du ministre de la Santé publique, informé de cette situation, était d’annuler la facture globale de 54.100 Fcfa et de mettre un terme au temps d’observation comme expliqué pour permettre à la jeune mère de retourner dans sa famille pleurer ses quatre bébés tous décédés.


Partager

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici