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Quand on regarde les sommes d’argent que dépensent certains clubs européens pour s’offrir les services des footballeurs latino-américains et qu’en même temps on écoute ce qu’on donne pour des joueurs africains, il y a une très grande différence. Samuel que faut-il faire pour que les joueurs africains se vendent mieux?

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Déjà, il faut une vraie politique du football. On demande toujours des changements, mais est-ce que cette population là, elle est prête à changer. Combien de maillots le Real de Madrid vend par an? Des millions! c’est beaucoup d’argent. Le maillot de l’équipe nationale du Cameroun on le retrouve où? Les gens le fabriquent au quartier, ils le vendent.Est-ce qu’il y a une politique pour ça? Non! c’est beaucoup d’argent que l’on perd. Comment vous voulez développer le football, alors que ceux qui viennent mettre l’argent dans le football, très souvent sont des hommes d’affaires. C’est un business comme un autre! Il faut professionnaliser tout ça. Il faut que l’ingérence de certains ministres s’arrête. Ils ne sont pas ministres du football! Ils font la politique du sport! Et très souvent, ils ne savent même pas d quoi ils parlent. Le football a quelque chose de particulier,on gagne dans les stades parcequ’on se prépare peut-être bien , mais Il y a aussi des coups de chance, on en a eu. Mais si vous vous préparez bien, vous avez 80, 85% de chances de gagner. Moi j’ai vécu une expérience à la dernière coupe d’Afrique…si vous voulez construire un bâtiment en 12 mois, vous pouvez le faire en 24 mois ou en 36. Mais vous n’allez jamais le faire en 1 mois. Comment vous demandez à quelqu’un de construire en 36 mois, et vous demandez qu’il y ait un résultat après 1 mois? Ce n’est pas possible! Il faut qu’on prenne du temps, qu’on s’organise. Qu’on mette en place une vraie politique de football. On perd beaucoup de milliards. Il faut qu’il y ait des règles. Après on trouve des gens.Si on a pas des règles qui protègent ce business, on peut se bagarrer, penser à ceci ou à cela, ça ne marchera pas.

Quand on t’écoute, on se dit qu’un vainqueur de la Coupe du Monde en Afrique, ce n’est pas pour demain?

Moi je pense le faire comme entraîneur. A la fin de ma carrière, ce que j’avais souhaité,c’est d’avoir plusieurs portes ouvertes. l’une d’elle c’est d’être entraîneur.

Pourquoi n’avoir pas passé ton diplôme d’entraîneur?

Mais Alain, il fallait que j’arrête pour commencer (rires).Moi je pense que vais le faire (gagner la coupe du monde comme entraîneur). Parceque je ne vois pas quelqu’un, qui va m’interdire de sillonner tout le Cameroun pour aller prendre des joueurs un peu partout, et leur montrer l’amour du maillot du Cameroun. En plus, il y a ce qu’on a appris en Europe; c’est le coté tactique…le football si tu travailles bien, si tu as ton idée claire, tu analyses bien tes adversaires, et surtout tu joues sur tes qualités,tu as beaucoup de chance d’aller très loin. Très souvent au Cameroun, on veut des entraîneurs béni oui! Si vous voulez un changement, il faut des entraîneurs qui vous disent non!Qui vous disent je ne veux pas de ça.Parcequ’il y a des gens qui vont appeler,où un ministre qui se ramène à 22Heures, parcequ’il veut voir les joueurs. Ce n’est pas possible! J’ai connu ça. Je ne vis plus dans le groupe,mais je sais que j’ai été amené à intervenir, parcequ’l y avait un problème dans le groupe. Je suis allé.

Samuel, pendant la conversation, tu as évoqué la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) un tout petit peu sur la pointe des pieds. Qu’est-ce qui se passe à la Fecafoot? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas bien? Est-ce que ça te tente demain de te retrouver dedans.

Déjà il faudrait que je remette la balle au centre. Parcequ’on me prête le rôle de Président de la Fecafoot sans être la-bas. Je n’ai pas reçu le mandat des délégués. Celui qui a reçu les mandats des délégués, c’est Seidou

C’est un vrai président de la Fecafoot? Ce n’est pas quelqu’un qui est à la solde de Samuel Eto’o?

Ce que les autres refusent de vous dire, c’est que tous sont venus me voir! Pour me convaincre d’être dans leur équipe! C’est ça la réalité. Tous les candidats sans exception, et j’ai la preuve de ce que je dis, et aucun d’eux ne pourra sortir et dire ce n’est pas vrai, parceque s’ils essaient, je les mets devant tout le monde. Tous sont venus me voir. D’autres ont voyagé jusqu’à Konya pour venir me voir. Mais, je suis comme tous les camerounais, j’ai aussi le droit de faire mon choix. J’ai porté mon soutien à Seidou Mbombo Njoya. Cela ne m’empêche pas demain de critiquer Seidou. Et je serai encore plus dur avec Seidou. Mais je laisse Seidou faire. c’est lui qui a reçu les mandats des délégués,c’est lui qui va assumer les erreurs demain. Vu que j’ai soutenu Seidou, j’irai lui dire, mais monsieur, tu as merdé.

Maintenant est-ce que ça se passe bien? Ces débuts sont-ils convaincants?

Il y a beaucoup de difficultés! Je suis ça un peu de loin, il y a des choses bien faites et d’autres moins,comme partout. Mais je pense qu’il est trop tôt, pour commencer à porter un jugement sur la gestion de ce groupe. Il y a d’autres décisions dures à prendre encore. Ils les prendront ou pas, ce sont eux qui ont reçu les mandats.Je me laisse la liberté de pouvoir dire monsieur ce n’est pas ce qu’on attendait de toi, et peut-être demain supporter quelqu’un d’autre.

Samuel, en partant d’ici tu n’iras pas dans un stade, ou iras-tu?

Je vais au dîner que nous offre son excellence le Président de la République du Congo

Tu es beaucoup reçu par les présidents ces derniers temps, ça conforte les gens dans l’idée que tu veux faire de la politique

j’ai le droit d’avoir des amis! Si je faisais quelque chose, je n’allais pas me montrer devant tout le monde! Il faut voir d’où je pars! Je pars de Mvog-ada, de New-bell (quartier polaires des villes de Yaoundé et Douala). Qu’un chef d’État prenne de son temps pour recevoir un petit garçon de New-bell ou Mvog-ada, ça crée des rêves. ça veut dire qu’ils peuvent faire comme moi ou mieux. C’est ce que moi je retiens. Je me fous de ce que les gens peuvent dire. On dit beaucoup de choses! On m’a critiqué parce que je suis très proche de mon grand-frère Ali Bongo, on m’a critiqué parce que j’ai rencontré le Président Blaise Compaoré. Je ne suis pas d’un camp, j’appartiens à l’Afrique. On m’a critiqué parce que j’ai soutenu le Président Biya. Si tu fais on te critique,tu ne fais pas on te critique. J’espère que le jour de ma mort, ils ne vont pas dire ha! Notre pauvre Samuel!


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