Paul Biya, le vieux faux sage. Il se joue de tout le monde.
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Le temps du Président n’est non plus celui des médias enclins à exiger l’interpellation, au moment opportun, de tel baron du régime en place ou de tel autre suivant la détention des données matérielles plausibles relatives à la culpabilisation des gestionnaires des deniers publics. Les thuriféraires et les apparatchiks du pouvoir de Yaoundé, qui sont, en réalité, les créatures fabriquées par le créateur, estiment alors que l’aiguillon politique reste et demeure le “Maître du temps” dans la galaxie de la confrontation entre le travail du temps et celui de l’instant. Cette thèse est tellement avérée et expérimentée sur la façade de la République que l’on se rend compte que le temps de l’opinion et celui des médias  ne sont jamais pris en considération avec célérité au moment “T”.
Des cas illustratifs sont, d’ailleurs, légion à ce propos. L’on se souvient, par exemple, que le journal “Le nouvel observateur”, dont le Directeur de la publication (Dp), Jules Koum Koum, de regrettée mémoire, est la parution locale qui avait, en 2009, révélé les signes ahurissants et fascinants de l’enrichissement exubérant de celui qui croupit, depuis la nuit du 8 mars 2019, dans les geôles de la prison centrale de Yaoundé. J. Koum Koum avait, de son vivant, publié un kaléidoscope de données factuelles témoignant, à suffire, de l’aisance financière et matérielle exponentielle de celui qui fut, à cette époque-là, Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn). Résidences cossues, parking de véhicules étincelants, création d’une entreprise de location de véhicules prestigieux, appropriation, de manière furtive et illicite, d’un capital économique mirobolant, acquisition des surfaces cultivables dans son giron culturel d’appartenance participent, entre autres, des signes extérieurs de pouvoir débusqués et exposés il y a dix ans par ce patron de presse. Malheureusement, Koum Koum est mort de façon tragique des suites d’un accident de circulation vers 19h à l’entrée de la ville de Yaoundé. Un gros porteur roulant à vive allure avait, sur ces entrefaites, violemment percuté et émietté son véhicule alors qu’il se rendait à Douala. Le Dp du nouvel observateur en était mort sur le champ. Triste aventure!!!!
Si l’hégémon central avait saisi la balle au bond à cette période-là, en faisant diligenter une enquête approfondie sur les biens acquis par Edgar Alain Mebe Ngo’o, ce dernier aurait été happé par les serres de l’épervier depuis des années. Si un juge d’instruction avait enclenché, lui aussi, une investigation sur la fortune colossale de ce fonctionnaire détenteur d’une position de pouvoir et d’autorité, l’on aurait, sans conteste, su qu’il y a anguille sous roche quelque part dans la trajectoire de captation et de reptation des ressources pécuniaires faramineuses de l’homme. Mais comme il y a une dépendance du pouvoir judiciaire à l’égard de la sphère de l’exécutif, toute enquête minutieuse sur une grosse légume émane de la volonté politique du chantre du système qui contrôle, régule, finalise et implémente tout. C’est donc une décennie après que le “Golden boys”, fils putatif du prince, est traqué et enfoui dans une cellule de la 11ème région.

Que le lion dévore, aujourd’hui, un de ses lionceaux incline à faire savoir à tous les autres gros bonnets de la République qu’il reste et demeure le “Maître du temps” et de l’espace. A n’importe quel moment, il peut rugir et consommer d’autres lionceaux -fussent-ils du clan Bulu, du clan Nanga, du clan Beti, du clan Bassa, du clan Bamileké, du clan Massa, du clan Toupouri ou encore du clan Bakweri. Même en 2020 ou en 2025, le chef central fera arrêter l’auteur du scandale des ordinateurs Pb, dont la formule dérisoire de Atsa a conduit à la mutation de 32 Go à 500 Go. Quiconque a observé le fiasco communicationnel ayant entouré la diffusion de ces pseudos ordinateurs. Même en 2020 ou en 2025, “Nnom Gui” fera arrêter l’auteur du scandale du fiasco lié à l’échec de la Can 2019. Le métronome du comité de pilotage de la plus grande compétition de football dans le continent noir, qui a été promu ministre d’Etat le 4 janvier 2019, n’est pas, lui aussi, à l’abri des serres de l’oiseau rapace. Même ceux qui ont orchestré ce scandale au point où le pays de Roger Milla n’a pu sucer sa canne seront esquintés par l’homme-lion aujourd’hui ou demain.

Serge Aimé Bikoï, Rédacteur en Chef Panorama papers, Sociologue du développement.
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Tôt ou tard, l’imprévisible Biya réagira et les fera arrêter. Le Maître des “silences présidentiels” sait bien entretenir la logique du pourrissement avant de traquer tout gestionnaire indélicat de la fortune publique au Cameroun. En conséquence, l’opération Épervier, qui est, en permanence, brumeuse et insidieuse, non-lisible et non-traçable, est déterminée par l’hégémon central qui contrôle son horloge.


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