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Les faits
Après avoir lu, in extenso, la tribune libre de Prosper Nkou Mvondo parue dans le quotidien “Le Messager” du mardi, 6 août 2019, nous nous sommes posé la question de savoir s’il est possible de réconcilier les deux signataires de la convention de partenariat entre le parti Univers et le mouvement “11 millions de citoyens”. Autant nous avons eu droit à des réactions convergentes et divergentes, autant d’autres ont affiché leur posture stéréotypée et alambiquée en fonction de la défense de l’un ou de l’autre. Soit!
Après avoir disséqué les discours du père et de certains représentants du fils, le concerné ayant décidé de garder mutisme, il apparaît qu’autant Nkou Mvondo fait des reproches à Libii Li Ngué Ngué, autant les représentants du Président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) tancent le capitaine opérationnel du parti Univers. Ils l’accusent, à tort ou à raison, d’être à l’origine de certaines dérives, dont les développements seront faits dans les prochaines lignes. De manière globale, sans entrer dans les détails de la tribune libre de Nkou Mvondo que bien de personnes ont lue, le leader du parti Univers reproche à Cabral Libii d’être un jeune politicien “roublard”, “feyman”, “escroc” et “ingrat”. Ces qualificatifs négatifs, voire péjoratifs s’inscrivent dans le champ sémantique de la perfidie ou de la malhonnêteté du jeune leader politique.
 La raison majeure est liée au fait que le fondateur du mouvement “11 millions de citoyens” a dérogé aux clauses de la convention de partenariat entre Univers et cette entité associative. Pourtant, explique Nkou Mvondo, “dans la convention du 11 décembre 2017, il est bien dit que le parti Univers et “Onze millions de citoyens” s’engagent “à mettre en commun leurs ressources humaines et matérielles” pour participer aux trois élections programmées en 2018, à savoir l’élection présidentielle, les Législatives et Municipales. Une disposition prévoit la prorogation du terme de la convention au cas où les élections sont reportées, ce qui est le cas en ce moment pour les Législatives et les Municipales”. Estimant alors que l’aventure devait se poursuivre après la randonnée de la Présidentielle, la figure de proue du parti Univers se rend, malencontreusement, compte que Cabral Libii s’est rebiffé et a “emporté, avec lui, ajoute l’auteur, “les produits et les fruits de leurs efforts communs investis lors de la campagne pour l’élection présidentielle”. Pour Nkou Mvondo, Libii démontre, ipso facto, qu’il est “un politicien roublard qui utilise son intelligence pour tromper ses partenaires comme le font ces escrocs appelés “fey-men”. D’où sa déception qui traduit qu’il s’est trompé sur sa personne. Nkou Mvondo fait, d’ailleurs, savoir qu’il a été naïf pour avoir cru en Cabral qui a usé de son intelligence pour le duper. Prosaïquement, Nkou Mvondo va dire que Cabral Libii est un “frappeur”, pour emprunter l’expression de la populace.
Après avoir, dans la même lancée, lu, ce mercredi, 7 août 2019, la tribune libre de Armand Okol, directeur du cabinet de Cabral Libii Li Ngué Ngué, l’on se rend compte que des reproches sont aussi adressés à Nkou Mvondo de n’avoir ni participé au payement de la caution de 30 millions de Fcfa, destinée à l’investiture de sa candidature à la dernière Présidentielle, ni au déboursement d’une contribution donnée pour les frais de campagne électorale, les opérations d’inscription sur les listes électorales, ainsi qu’à l’organisation de la cérémonie de signature de la convention de partenariat du 11 décembre 2017 entre Univers et “Onze millions de citoyens”. Okol nous informe, dans la même veine, chose curieuse, que Nkou Mvondo détient, jusqu’à présent, un reliquat de 5 millions de Fcfa d’une tranche du financement public de la campagne électorale de la Présidentielle 2018. Où est le reste du montant dudit financement public de cette campagne électorale? Quiconque serait tenté de lui poser également cette question puisque la vérité surgit dans l’agora vu l’univers, désormais, brouillé entre les deux. En lisant, dans le même sillage, la tribune de Me Ntibane Bomo, il apparaît que le capitaine opérationnel du parti Univers a déposé, à une heure tardive, le recours de Cabral Libii sur la table du Conseil constitutionnel lors de la phase du contentieux post-électoral. D’où le rejet de cette requête. Aussi est-il reproché, pire encore, à Nkou Mvondo d’avoir installé ses bureaux au ministère de l’Administration territoriale (Minat) dans l’optique de nouer un collaborationnisme avec le patron de ce département ministériel, l’enjeu étant d’entraver les procédures administratives relatives à la légalisation du parti “Les Citoyens”. D’après un affidé de Cabral Libii, Nkou Mvondo est perçu comme le conseiller juridique de l’ombre de Paul Atanga Nji depuis la période post-présidentielle. INFO OU INTOX? En tout cas, la tête emblématique de Univers dément cette information et fait savoir que sa dernière apparition au Minat remonte au 4 janvier 2019. L’enseignant de Droit relève, de surcroît, qu’il réside à Ngaoundéré, où il dispense ses enseignements depuis des années.
L’analyse de la conflictualisation des rapports entre le père cet le fils
En s’inspirant de l’Anthropologie familiale, nous allons user de la métaphore du père et du fils. Prosper Nkou Mvondo est le père alors que Cabral Libii Li Ngué Ngué est le fils. Au regard des discours de Nkou Mvondo et de Okol, il nous est permis de remarquer que personne n’est au-dessus de tout soupçon. Les dérives comportementales du père et du fils sont exhibées au grand jour. Même le représentant de Libii, Armand Okol, qui a pris la parole et a commis une tribune libre a, très souvent, été critiqué par des anciens collaborateurs de Cabral. L’on se souvient, il y a plusieurs mois, que Armand Noutack et Emile Bindzi avaient fait des reproches au Directeur de cabinet pour son caractère et ses frasques. L’ancien régional du mouvement “Onze millions de citoyens” de l’Ouest explique, dans un post qu’il a rendu public, que “le responsable du pourrissement de l’entourage de C. Libii est Okol et soutient qu’il avait attiré l’attention de son ancien leader de l’écarter de son staff managérial, mais il a été, plutôt, promu Directeur de cabinet”.
De toutes les manières, en analysant les attitudes et comportements de Nkou Mvondo et Libii, l’on se rend compte que le père veut faire preuve d’une caporalisation du fils, qui exprime le vœu de devenir autonome et indépendant dans l’arène politique même si ce dernier ne se conforme plus aux principes normatifs de la convention de partenariat dûment signé il y a deux ans. Nanti de son rang de 3ème  à la dernière Présidentielle avec un taux de 6%, le Président du Pcrn a proposé l’idée à son père d’occuper le poste de Secrétaire général du parti Univers. Poste qui n’existe pas dans l’architecture fonctionnelle dudit parti,lui avait répondu Nkou Mvondo. Des formes de chantage, d’invectives et de quolibets ont découlé de la décision du géniteur de lui attribuer une autre stature d’autorité dans cette formation politique. Toute chose qui n’a guère été faite. S’obstinant à s’émanciper dans le champ politique, Libii s’est escrimé à fonder le parti “Les Citoyens”, mais en vain. Ayant pour enjeu de se positionner pour les futures échéances électorales locales, dont le fils envisageait l’organisation probable cette année 2019, il s’est précipité à contourner les formes de pesanteurs qui se dressaient sur le palier de la légalisation de son parti. D’où son élection fortuite à Guidiguis à la tête du Pcrn. Depuis lors, l’enfant, nanti de sa posture de leader du Pcrn, oeuvre, de manière progressive, à son autonomisation sur l’échiquier politique camerounais. Il s’agit là de la construction du phénomène de l’empowerment de C. Libii en politique. Cette terminologie réfère à l’ensemble des stratégies et des modalités d’actions dans l’optique d’acquérir le pouvoir et la stature de leader politique, le dessein étant de candidater, à l’avenir, comme député ou comme Maire dans une localité du Nyong et Kellé, où les scores du candidat malheureux à la Présidentielle ont été favorables.
Tout en reprochant au père de faire montre d’un narcissisme et d’une rigidité parentale à travers le respect strict des normes de la convention de partenariat entre Univers et “Onze  millions de citoyens”, l’on peut, parallèlement, flinguer et châtier l’enfant qui est devenu déviant entre-temps pour avoir obtenu une note médiocre à la dernière compétition présidentielle. Le fait d’obtenir une sous-moyenne au dernier examen de la Présidentielle concède-t-il l’opportunité à ce trentenaire de quitter l’enseigne familiale et d’aller vivre dans un autre foyer domestique politique,dont il est devenu, de manière précoce, chef de famille depuis peu? Les conflits ayant eu droit de cité avec ses anciens collaborateurs, tels que Bindzi et Noutack ont-ils eté réglés lorsque l’on sait que Libii eut été aux bancs des accusés?

In fine, dans cette conflictualisation des rapports entre le père et le fils, personne n’est blanc comme neige. Chacun a usé des stratagèmes, des mécanismes d’actions et des stratégies pour disposer, dans ce jeu de rapports de pouvoir, d’une majorité sociologique et psychologique. A témoins, depuis la fin de l’élection présidentielle, Libii a, à son avis malgré les 6% obtenus, joui d’une certaine majorité psychologique. Toute chose l’incitant à œuvrer pour l’acquisition d’un nouveau statut d’élu local au cas où il bénéficiera des suffrages dans les prochaines échéances électorales. Nkou Mvondo, quant à lui, veut rester et demeurer le père fouettard, le père austère et soucieux de la conformité de ses fils aux modèles normatifs qu’ils ont conçus et adoptés ensemble à l’hôtel des députés. Le pater familia, très courroucé vu les stéréotypes négatifs collés à l’enfant, reste un père coercitif qui ne souhaite pas que le fils, bien que majeur, quitte l’enseigne domestique et s’attache à une autre instance familiale. Mais, ce père exigeant a , hélas, oublié qu’en politique, tous les coups sont permis vu que les acteurs sont dotés des mains sales jusqu’aux coudes. Libii, fort intelligent, subtil et perspicace, a, par ricochet, usé d’une feinte, d’une pirouette et d’une pratique malicieuse consistant à enfreindre les clauses de la convention, la finalité étant de viser un positionnement politique dans le champ politique. Mais avec des cas de démissions de ses anciens collaborateurs, dont certains ont rejoint le parti Univers, et d’autres le mouvement “Jouvence”, Cabral Libii pourra-t-il engranger d’autres identités individuelles susceptibles de travailler, comme les anciens affidés, à la mobilisation massive des potentiels adhérents?

Serge Aimé Bikoï, Rédacteur en Chef Panorama papers, Sociologue du développement.
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Une impérieuse introspection se pose avec acuité et s’impose dans le sens de faire son autocritique épistémologique pour reconnaître ses préjudices, ses torts, ses insuffisances et ses dommages, tout autant que les déconvenues des membres de son environnement immédiat jugés controversés et crapules par certains critiques. Vivement que le fils s’interroge sur lui-même pour se rendre compte, somme toute, qu’il a failli. Le père,lui-même, a commis, des failles, des dérapages et des excroissances qui méritent d’être relevés au-delà de tout.

NUL N’EST PARFAIT SUR TERRE! TOUT EST PERFECTIBLE!


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