Martin Paul Samba, résistant nationaliste camerounais.
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De retour au Kamerun, il avait exercé le métier d’officier de l’armée allemande à travers le territoire. Mais, outré par les exactions de ses employeurs, il avait démissionné de ses fonctions au cours d’un entretien orageux avec ceux-ci, et avait quitté l’armée en 1999. Puis il s’était installé à Olama, non loin de Yaoundé, où il s’était lancé dans le commerce. Cela lui avait procuré une petite fortune.
En 1914, il avait déménagé à Ebolowa et s’était mis à recruter des jeunes gens pour former une troupe militaire. Il avait créé plusieurs camps d’entraînements en forêt où il apprenait à ses recrues le maniement des armes. La légende raconte qu’il s’était rapidement retrouvé avec une véritable armée de quelques centaines de soldats. Il avait par ailleurs obtenu la collaboration de Madola, chef Batanga, de Mba’a Enam, un notable bùlu influent de la région d’Ebolowa, et d’Edandé Mbita, un notable de la région d’Akom II sur la route de Kribi, pour le départ des Allemands.
En sa qualité d’ex-officier de l’armée du Kaiser, il suivait minutieusement les tensions qui se faisaient jour entre les Allemands et les Français en Europe en cette année 1914, et avait parfaitement compris le parti qu’il pouvait en tirer, en termes militaires, au Kamerun. Il s’était de ce fait rendu au Gabon et y avait rencontré des autorités coloniales françaises. A l’issue d’entretiens avec ceux-ci, il avait été convenu qu’ils allaient lui fournir du matériel militaire en vue de leur faciliter l’invasion du Kamerun et y chasser les Allemands. Les Français, en effet, avec les Britanniques, s’apprêtaient à attaquer le territoire, aussitôt que la guerre allait se déclencher en Europe.
A la fin du mois de juillet 1914, alors qu’il était en train de coordonner avec les Français une attaque du côté de la frontière avec le Gabon, son projet avait été éventé. Ses amis et lui ont été arrêtés et condamnés pour haute trahison comme l’étaient en même temps à Douala, Ngosso Din Adol et Rudolf Douala Manga Bell.

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Le gouverneur allemand de la région von Hagen, a organisé et supervisé son exécution publique. Il a été fusillé à Ebolowa le 8 août 1914, soit 10 jours après le déclenchement de la guerre en Europe, pendant que Douala Manga Bell et Ngosso Din étaient pendus à Douala.
Avant de rendre l’âme, il avait adressé aux Allemands des paroles prophétiques : « vous pouvez me tuer, mais, vous n’aurez plus le Kamerun ».
Madola a été pendu à Kribi et Edande Mbita à Akom II. Mba’a Enam a été l’objet d’un véritable miracle. La corde destinée à sa pendaison, s’est, par trois fois de suite, rompue à son cou. De guerre lasse, ses bourreaux lui ont demandé d’aller se faire voir ailleurs. Il a ainsi échappé à la mort. Après cet événement inédit, il embrassé une carrière religieuse et a fini ses jours catéchiste…
Il va sans dire que si l’insurrection de Samba aidé des Français s’était produite au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, à savoir à la fin du mois de juillet 1914, ses compagnons et lui n’auraient pas été fusillés, et, sans doute, ils auraient joué un grand rôle dans le Kamerun de l’après protectorat allemand …


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