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L’homme du 6 novembre tenait de toute évidence à faire comprendre aux Camerounais qu’il est bel et bien là aux affaires, depuis que le Covid-19 s’est invité dans son pays. Lui qui était pratiquement un des rares chefs d’Etat à n’avoir pas donné de la voix dans le plan de combat contre cette pandémie savait qu’il était attendu pour expliquer à ses concitoyens son retrait et par-dessus tout son silence.

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S’adresser à ses concitoyens après tant de controverses sur sa personne, était semblable au parcours d’un homme qui franchit les barrières infranchissables, pour se retrouver dans le monde des vivants. « Je veux aussi que vous sachiez que le Gouvernement, sous mon impulsion, fait le maximum possible pour nous sortir de cette grave crise sanitaire », a-t-il juste déclaré, laissant entendre qu’il était en concertation permanente avec le gouvernement dans l’implémentation du plan de guerre contre le Covid-19.

Il a voulu aussi expliquer au peuple et à surtout à son adversaire politique, Maurice Kamto, que le « Covid est sournois et dangereux », ce qui peut justifier sa longue hibernation ? Il ne l’a pas exprimé ainsi mais on pourrait le comprendre dans ce sens.

« La première chose que je voudrais vous dire en ce jour est de ne pas céder à la panique, et de ne pas croire les fausses informations véhiculées par les réseaux sociaux notamment », conseille-t-il à ses concitoyens. C’est ici, sur la toile précisément, que l’oraison des obsèques du chef de l’Etat camerounais est dite à souhait et renouvelée chaque matin à l’envi. Ici, des explications savantes de Photoshop et de deep fake, convertissent à tour de bras beaucoup de concitoyens à la doctrine que Paul Biya n’est plus là, que ses deux dernières audiences au Palais de l’unité sont des montages, ce que la toile appelle « Biyawood ».

Le Nome Ngui, sait évidemment que sur les réseaux sociaux, plus de 70.000 Camerounais ont lancé des pétitions vers l’Elysée pour que la France rappelle son ambassadeur du Cameroun, Christophe Gilhou. Il sait aussi que c’est un monde où tout le monde peut dire ce qu’il pense, en utilisant des faux profils, même certains à des positions les plus insoupçonnées. Il en va ainsi sur la toile, où il n’y a ni police ni gendarmerie pour le moment, ce qui donne une liberté étendue à tous, de dire et de faire des choses les plus insupportables. Paul Biya s’est finalement résolu de sortir de la tombe où les réseaux sociaux l’avaient presque inhumé.

Léopold Dassi Ndjidjou, journaliste Éditorialiste à Panorama papers.

Une question taraude cependant les esprits. Pourquoi se taire si longtemps et laisser des langues serpentines salir, galvauder l’image présidentielle à ce point ?

Par sa sortie, Paul Biya a-t-il vraiment jeté cet infâme linceul dont on voulait le recouvrir, aux flammes ? Il n’a pas curieusement dit mot à ceux qui déclamaient à longueur de journée sa mort. Une sorte de mépris ou une posture de dire que ces ragots, ces potins et cancans qui fusent de toutes parts sont sans effets sur sa personne ? Décidément, Paul Biya est un homme difficile à cerner, et il est fort à parier que même le jour où Dieu le rappellera à lui, beaucoup de citoyens en douteront, tellement il aura été mort et aura vécu.


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