Maurice Kamto et Cabral Libii, des leaders de l'opposition camerounaise
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On sait les deux choses que l’on reproche au président Biya : d’une part c’est qu’il a refusé pendant des années de voir les preuves de notre massacre par les dignitaires de son régime ; d’autre part il a assisté, impassible, à notre agonie en laissant ses collaborateurs nous spolier et fructifier impunément leur arrogance et leur haine à notre égard. Cela s’appelle lâcher les siens lorsqu’ils sont le plus vulnérables. Les Camerounais les plus hardis résument ces reproches par un groupe de mot qui donnent froid au dos :

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La haute trahison !

Fort de ces éléments à charge, ils en concluent que le régime de Biya est mort. Vous l’avez dit ! Non, c’est plutôt moi qui l’ai dit. Peu importe d’ailleurs, que ce soit vous ou moi. Lorsqu’on l’a dit, à quoi cela importe-t-il au peuple qu’on le répète à longueurs d’interviews ? Pourquoi lui servir sans discontinuer cette fade rengaine alors que les populations font face à des défis vitaux aux plans économique, sanitaire, éducatif, etc. ? D’ailleurs devant la scène insoutenable d’une étreinte mortelle d’un lion mûr aux prises avec un python immense, la sagesse ne commande-t-elle pas de ne pas intervenir ? Certes, le documentaliste fait des prises de vue pour immortaliser cet instant fatidique. Mais la postérité lui sera reconnaissante non d’avoir identifié les moribonds, mais pour avoir fait vivre jusqu’à l’ultime saccade l’anéantissement de ces corps tenus par l’illusion de l’omnipotence. Il doit expliquer que ce qui les maintenaient encore en vie, c’était l’élasticité de la haine inouïe qu’ils se vouaient au travers de cette embrassade mortelle. Car, ce n’est pas la longueur de leur déroutant trépas qui intéressent les générations à venir ; c’est la leçon du bon sens que leurs spasmes répandent dans la mémoire collective qui importe plus que tout.
Le peuple camerounais réclame une alternative crédible. Que lui sert-on ? Deux comparses enivrés de mauvaise foi et aux ego incurvés : Maurice Kamto et Cabral Libi’i ! On se demande même s’ils sont des hommes politiques. Et une autre interrogation surgit dans la mémoire : vu le comportement respectif de ces deux acteurs principaux de la solution camerounaise de l’heure, ne risquons-nous pas de nous retrouver avec un « nouveau » ou un « jeune » avarié ? En fait, tout régime qui travaille à la construction d’un pays a besoin de bénéficier de la confiance du peuple, sur la base de la personnalité de son leader et des projets qu’il nourrit pour ses concitoyens. La question centrale à laquelle je vais répondre dans les lignes qui suivent est la suivante : Kamto et Libi’i sont-ils qualifiés pour diriger le Cameroun ? Elle se décline ainsi : peut-on leur faire confiance ? Ces acteurs sont-ils une alternative crédible ? L’insécurité que je ressens lorsque j’écoute ou j’observe Kamto, le vide qui m’envahit depuis quelques temps lorsque je vois faire mon ami Cabral, sont-ce ma torpeur et mon vide constitutifs ou sont-ce les leurs, c’est-à-dire les indices d’incompatibilité radicale qui compromettent les chances d’accession à la magistrature suprême des deux nouveaux « messies » camerounais ?

Question de définition.

Ceux qui écrivent les dictionnaires expliquent que l’« ego désigne le moi, c’est-à-dire la représentation et la conscience que tout individu a de lui-même ». Autrement dit, l’ego c’est en même temps ce que nous ressentons intimement en nous comme notre identité (ce que nous croyons être ; notre prix au marché des qualités humaines) et ce que les autres identifient comme notre personnalité spécifique. Mais il arrive très souvent un décalage énorme entre ce que nous nous attribuons comme valeur intrinsèque et le retentissement réel de la facture sociale, économique et politique que nous représentons par rapport aux autres, c’est-à-dire l’impression que notre présence provoque dans l’environnement immédiat et l’image que l’on garde de nous. Aussi arrive-t-il qu’un acteur donné ait une très haute idée de soi alors qu’il ne réussit qu’à provoquer l’indifférence, l’antipathie ou, pis, des dégueulements de vomissures nauséabonds.
J’appelle « ego incurvé » un trait de personnalité trouble d’un individu donné, dont la particularité est de se considérer et de se conduire en fonction de ses préférences, intérêts, aspirations et besoins exclusifs. C’est la manifestation du syndrome de l’autoglorification. En fait, ladite personne est si prisonnière de son exclusivité proclamée, si amoureuse de sa vanité revendiquée qu’elle est inapte à reconnaître en tout autre concitoyen, sans distinction, le caractère générique de l’humanité qu’il porte originellement. Il s’ensuit un dédain à peine refréné, du mépris à peine dissimulé, un narcissisme non revendiqué. Surtout, il constitue sa milice de laudateurs eux-mêmes victimes de son narcissisme et qui sont mus par une suffisance maladive qui impose que les intéressés ne voient le monde que sous le prisme de la puissance de la bourse qu’ils se constituent en bande organisée ou suivant les lumières aveuglantes de la terreur qu’ils répandent dans les corps et les esprits de leurs concitoyens. Lorsqu’on voit à l’œuvre des salauds et des coquins se passer pour des âmes délicates, des personnes si habiles à terroriser leurs contradicteurs et leurs compatriotes, la question qui surgit dans l’esprit est celle de savoir de quoi elles peuvent être capables si elles ont la charge de régenter l’espace public. Le peuple camerounais ne risque-t-il pas de remplacer des gens sans cœur par des gens sans tête ? Car, lorsqu’on dit de toi que tu n’as pas la tête, on marque par cette singulière image que la caisse qui est posée entre tes deux épaules, d’où sortent des insanités et qui te permet de déblatérer sans discontinuer, n’a pas de boussole morale capable de faire de toi un homme accompli.
C’est quoi un homme politique accompli justement ? Quels sont le statut et le boulot de Président de la République en tant qu’homme politique accompli ? Un homme politique accompli est un citoyen qui se distingue par sa capacité à rassembler, à fédérer les énergies de ses compatriotes en menant un travail systématique de transformation sociale par sa participation aux débat politique et à travers des campagnes de mobilisation des populations autour de convictions éprouvées et d’une vision d’avenir attestée par le plus grand nombre. Aspirer à la présidence de la république, c’est se reconnaître les compétences pour diriger l’institution de la Présidence, toutes les autres institutions qui gravitent autour, tous les organes de l’État et tout le peuple camerounais dans son quotidien et dans ses relations avec les autres peuples de la terre. Dans un État démocratique, le Président de la République donne la direction du pays et travaille à la réalisation des objectifs pour satisfaire les besoins et les attentes multiformes du peuple. Le Chef de l’État dirige son équipe de collaborateurs et de ministres « vers des objectifs embrumés et mouvants, les actions d’un groupe que rien ne contraint à lui obéir (sinon la crainte de l’anarchie, crainte qui, dans les périodes de bonheur, s’assoupit). Il ne peut faire un mouvement sans se voir critiqué par une opposition d’autant plus impitoyable qu’elle souhaite remplacer ceux qu’elle juge » (André Maurois, Un art de vivre, p. 176). Pour ce faire, il faut que la présidence de la République soit incarnée par une personnalité qui inspire confiance et qui a de l’envergure. Celui qui pense en avoir l’étoffe s’entoure d’une équipe qui prépare le programme de société et le programme politique qui y correspond. La question des collaborateurs du candidat-président ou Chef de l’État est donc cruciale car la qualité des membres de l’équipe et des supporters détermine en dernier ressort le visage de la gouvernance qui se dessine sous les yeux des électeurs.

L’entourage et les supporters de Kamto et de Libi’iAvec la récente élection présidentielle, l’histoire politique de notre pays semble bégayer. Pour mieux comprendre mon propos dans les lignes qui suivent, je propose que nous revenions à ce qui s’apparente de plus en plus à un échec retentissant du régime du Renouveau. Paul Biya n’échoue pas parce qu’il est incompétent, ou qu’il manque de volonté, encore moins parce qu’il serait méchant. Il échoue parce qu’il ne réussit pas à impulser une dynamique capable de transformer la société camerounaise aux plans économique, social, politique, culturel, etc. La raison ? Absence criarde de personnes capables de porter le projet de transformation sociale du Président, au besoin en objectant lorsque les orientations du Chef mènent le pays droit vers le mur. Les équipes gouvernementales qui se sont succédé, à quelques rares exceptions, n’ont pas pu matérialiser les idées du « Libéralisme communautaire » ; elles n’ont pas réussi à mettre en place une stratégie politique capable de développer le pays. Lorsqu’on dit que Biya est mal entouré, on ne veut point le dédouaner par rapport à l’impasse économique actuelle ? On traduit par-là que ses collaborateurs n’ont fait que réveiller ses pulsions et instincts les plus grégaires, ceux qui constituent la nature animale lorsqu’on nous astreint, par friponnerie, par ingratitude ou par cynisme, malgré nos sacrifices et notre sollicitude, en nous rappelant que l’on est une pauvre chose dans ce bas monde et qu’on est bon pour engraisser la poubelle. En déchirant leur personnalité devant Biya, collaborateurs ont enterré la clé du succès de toute équipe gouvernementale. Les conseillers, les ministres et autres directeurs généraux appelés aux affaires ont toujours joué le jeu de la flagornerie et des courbettes en face du Chef de l’État. Personne qui ait vraiment une colonne vertébrale résistante ! Ce théâtre a si longtemps duré qu’ils ont été tous pervertis dans ces jeux infâmes : le Chef a érodé son sens des réalités ; ce qui fâche le peuple. Entre-temps, les comédiens ont oublié jusqu’au souvenir de leur statut d’homme, c’est-à-dire la conscience d’être un sujet de la dignité humaine. La politique camerounaise des cinquante dernières années s’est construite autour de ce schéma maudit.
Ma crainte est que cette situation perdure et s’amplifie avec les deux acteurs qui se disputent le trône de l’opposition actuellement dans notre pays. Dans le Renouveau au moins, entre le peuple esseulé qui lutte contre le mal-être ambiant et la meute sans cœur qui gouverne, Paul Biya est l’amortisseur. Observons maintenant ce qui se passe autour de Kamto et de Libi’i. Quelle outrance ! Quel manque d’humilité ! Quelle légèreté dans les paroles, les gestes et les actes ! Le message du premier est porté par des agents de la désunion et de l’invective ; le second est entouré d’auxiliaires de la frustration et du bluff.

Kamto et Libii: De drôles de massies auto-proclamés
Malgré l’insécurité et l’inconfort que Kamto m’inspire, une image de campagne m’a cependant arraché un sourire à mon insu. On y voit le « Président élu » dans l’eau sale déversée par des inondations. Le bonhomme fait son chemin dans les immondices, les vomissures, les urines et les excréments. Pour manifester son empathie à l’égard des victimes, a-t-il besoin de déployer autant d’efforts ? Il faut se déchausser, enlever les chaussettes, soulever le pantalon jusqu’aux genoux, serrer les dents, s’empêcher de respirer momentanément, maudire l’assistance dans son cœur, etc. Que d’énergies dilapidées qui auraient avantageusement permis de cerner la problématique dans un article scientifique ! D’ailleurs, Kamto doit-il se rendre malade pour montrer qu’il est normal, que, donc, il peut compatir ? Pour faire parler un cœur en peine, n’eut-il pas suffi d’un geste, un rictus de dégoût, une accolade, quelques mots spontanés, bref quelque chose d’ordinaire qui témoigne de sa capacité à commuer véritablement avec n’importe qui ? Pourquoi autant de gestes mécaniques et calculés pour dire sa douleur prétendue… Pourquoi cette rigidité dans l’expression de ses émotions ? Devant cette scène, je me suis interrogé : y a-t-il vraiment des larmes dans ces yeux durs ? Advenant que la réponse fût négative, conviendrait-il alors que l’on confiât nos vies à un corps sans cœur, à une âme sans vie. Ce qu’on ne nous dit pas, c’est la symbolique politique de cet acte manqué. En réalité, dans l’imaginaire de Kamto et de ses partisans les plus fanatiques, le « Président élu » ne marche pas dans quelque déjection que ce soit ; il traverse te temps ! Lui, c’est Jésus et Hegel mélangés en un même lieu, en un être intarissable. Comme Jésus, Kamto a aussi marché sur l’eau. Mais à la différence de ce dernier, non seulement il ne s’est pas contenté de momifier les eaux, mais aussi il n’aura pas besoin de s’effacer pour revenir : il est l’Homme providentiel qui continuera de façonner les destins individuels et les destinées collectives au Cameroun. En somme, il aspire gouverner non pas comme Biya jusqu’à la mort, mais même après sa mort, comme les Bongo, les Eyadéma, … Pour ses illuminés et peut-être pour lui-même, Kamto est l’incarnation de la Raison de Hegel qui fait l’histoire à partir de la nécessité qui la constitue intrinsèquement. C’est cela être un tireur de penalties.
Le drame, mieux la tragédie de Kamto est d’assumer la posture de l’imposteur. Ce qui frappe chez ce type, c’est sa malhonnêteté intellectuelle manifeste. Il sait en son for intérieur qu’il n’a pas gagné, mais il travaille à démentir cette vérité implacable. C’est donc cela qui me répugne avec lui, cette indicible capacité à dire ce qu’il n’est pas, ce qui n’est pas, et son effort de forcené à obliger le peuple à mentir comme lui, tout en le fixant dans les yeux, avec une suffisance qui se mélange à la paranoïa. Kamto est si malade de ses mensonges que c’est sa douleur psychosomatique qu’il reflue au dehors comme un poison inodore qui obstrue tous les pores de notre corps social et nous tient ainsi prisonnier du malaise qu’il vit. Espérait-il que la qualité de son arrogance sécurise à vie son arrivisme de « tireur de penalties » ? Et puisqu’on y est, dites-moi, en rigueur de termes, comment un politicien sérieux peut-il sensément ne se reconnaître que dans la peau du gagnant, celui qui n’échoue jamais à une élection, comme les majors éternels de l’école ? N’est-ce pas précisément l’indice de sa dangerosité ? Cette agressivité compulsive en rajoute à la peur et à l’insécurité ambiante, ainsi qu’à la misère et au désespoir du peule. C’est pourquoi j’estime que ceux qui ont mis Kamto en prison ne nous veulent pas du bien. Ce gros mensonge devait se dissiper seul en l’air. Ils l’ont malheureusement condensé dans les consciences. Ceux qu’ils le maintiennent à Kondengui sont plus dangereux au peuple camerounais que Kamto lui-même. Ils perpétuent et amplifient une imposture qui va faire très mal à notre pays.
Mon ami Cabral n’est pas exempt de ce reproche de messianisme anachronique. En naissant de nouveau dans son Église de réveil, il croyait certainement qu’il fondait un pays, le Cameroun et ses habitants qui faisaient ainsi corps par la nécessité de sa nouvelle appartenance christique. Dans mes récentes discussions avec lui, ses lieutenants et le Pr Nkou Mvondo, le mot qui revenait sans cesse est le suivant : « Cabral n’est plus comme toi et moi… ». Il est devenu comment alors ? Veut-on me dire qu’il ne fait plus ses besoins, qu’il ne sent plus la faim, qu’il est élevé au-dessus du camerounais ordinaire ? Si tel est le cas, à quoi nous serait-il utile encore puisqu’il est devenu si auguste qu’il ne peut plus se fondre dans le peuple et faire corps avec lui ? Mes interlocuteurs ne m’expliquaient pas en quoi il était devenu différent de nous. C’est vrai que lorsque par miracle (avec lui les miracles sont des choses) je l’avais au bout du fil, je ne réussissais plus à décider avec une certitude absolue si je parlais à un homme ou si je communiquais avec un demi-dieu. Mais je comprends, à mon corps défendant, pourquoi il n’appelle plus son « père », le Pr Nkou Mvondo. Si Cabral ne peut témoigner un minimum de gratitude à l’endroit de son mentor à la présidentielle – et je sais de quoi je parle ! – en lui gratifiant d’un coup de fil, serait-il reconnaissance au peuple camerounais s’il l’élit en tant que président de la république ?
Je comprends pourquoi il a exigé péremptoirement de faire partie du directoire du parti UNIVERS qui l’a investi aux dernières élections présidentielles. Les rênes d’un parti, quel qu’il soit, sont-elles qualitativement supérieures aux destinées d’un pays que le peuple veut vous confier ? Je m’explique mieux pourquoi il touche des millions de francs du contribuable sans travailler. Lui qui veut singer les Blancs-là, sait-il que dans ces démocraties il y a des actes et des déclarations qui signent la mort subite de l’homme politique concerné. Quelles que soient théories scientifiques qu’il va brandir, les arguties juridiques qu’il va mobiliser et les promesses qu’il ferait par la suite, rien n’y fait : le peuple l’enterre dans sa boulimique mémoire. Je suis formel : si on était en France, puisque mon ami en est si amoureux, on parlerait de Cabral au passé !
Continuant mes investigations, je perçois de plus en plus pourquoi il a créé son parti. Surtout, je commence à comprendre pourquoi il rêve de la Présidence du Cameroun. C’est que sa foi en son « destin » hors-normes lui commande d’assujettir, de subjuguer, de dominer, au besoin de maltraiter. Il doit tout avoir, la direction du parti et la présidence du pays. Personne ne peut le « tenir ». Lui c’est le CHEF, le PATRON, DIEU même un peu. J’ai beau lui expliquer que les enjeux sont énormes et se situent au plan national et des générations futures ; que l’avenir du pays importe plus que la dérisoire satisfaction de se constituer une bourse pesante ; et que sa posture doit maintenant travailler à renoncer aux intérêts égoïstes en tuant en lui sa vanité pour conquérir le cœur des Camerounais au moyen de son exemplarité immaculée, peine perdue : il reste prisonnier du présent ! Une petite dictature en puissance quoi…. Alors, lorsque je vois tout ça, tout meurtri, honteux de ma génération, contrit devant le résultat de mon engagement, je fais le signe de croix dans mon cœur en me disant : « Dieu est vraiment miséricordieux … » Où est donc l’alternative ? Où est le changement de mentalités qu’on a promis d’incarner ? Avec de telles personnes, on comprend mieux pourquoi Biya dort tranquille…
Au lieu de travailler à constituer une alternative solide devant un régime à bout de souffle, les deux leaders d’opposition dans notre pays et leurs proches supporters lui servent plutôt l’arrogance, leurs titres ronflants de « Professeur » et leurs ego surdimensionnés et insatiables de bons parleurs. À quoi servirait-il au peuple de lui brandir vos exploits si vous vous présentez à lui uniquement sous la pâle figure de tombeurs du dictateur ? On ne joue pas au héros libérateur lorsque le pays se traîne par terre. CHANGEZ !!!

Les bêtises de Kamto et de Libi’i
Où vous apercevez la sérénité, je vois l’incertitude, la débandade et le sauve-qui-peut. Kamto et Libi’i sont tout de même intelligents. Ils ont compris que le peuple camerounais est avide de changement. Ils en profitent pour lui faire du chantage et pour le narguer. Comment peuvent-il sacrifier ainsi l’avenir d’une nation et l’espoir d’un changement qu’ils lui ont fait miroiter sur l’autel des épanchements si minables et du sacrilège de leurs ego insatiables. Que coûtait-il à Kamto de continuer de travailler avec le peuple camerounais pour que 2019 soit un tournant avec une législature et des conseils municipaux renouvelés au service de la transition ?
Bien au contraire, entouré de disciples ignares, les deux comparses organisent leur déification politico-médiatique. Leurs laudateurs, qui sont tantôt vident tantôt plein de zèle consécutif à la présidentiabilité imaginaire de leur « prophète » politique, tiennent tout le monde sous le jouc des intrigues, des insultes, de la haine et des menaces. Si leur cynisme et leur vanité a un tel embonpoint pendant qu’ils ne sont simples citoyens, quel singulier tyrans seraient-ils si par miracle ils accédaient à la magistrature suprême !
Au final, la présidentielle 2018 aura peut-être été la plus grosse arnaque de toute la vie politique camerounaise postindépendance après la fâcheuse fumisterie de la réunification. La ligue des salauds d’un côté et les gangs des coquins aigris qui jouent aux tribalistes et aux indispensables de l’autre, le peuple camerounais est brimé moralement et intellectuellement, sans aucun repère susceptible de fixer positivement ses aspirations fondamentales ! où est l’élégance propre au jeu politique dans notre pays ? Vous appelez cela état-major des partis politiques ? je vous réponds que ce sont les miliciens de la bêtise qui écument impunément l’espace publique. D’où l’apothéose des raisonnements captieux, l’argument ad-hominem. Les uns raillent l’infertilité congénital de l’autre ; celui-ci répond par les insultes et les menaces. Un autre illuminé se fait passer pour un pisteur de l’homosexualité ; un autre encore, depuis son Amérique adoptive, revendique le statut de théoricien du tribalisme.
Lorsqu’il est établi que quelqu’un est très intelligent et qu’il est surtout malhonnête, alors il ne fait d’aucun doute que cette personne est méchante, dont dangereuse pour le pays. Maurice Kamto ne s’est pas constitué pour défendre les intérêts du peuple. Il est plutôt le conseil et le défenseur de l’avenir politique de prévaricateurs embastillés dont le plus grand fantasme est que l’agonie du peuple camerounais soit sans fin. J’ai eu l’occasion de le leur dire à la prison de Kondengui, lorsque je fus sollicité par la troupe pour prendre les rênes du MRC dans ma Lékié natal.

Évaluation de la présidentielle de Kamto et de Cabral

Actuellement Kamto et mon ami Cabral ne sont pas qualifiés pour diriger notre pays. Kamto doit apprendre à inspirer confiance au-delà de sa fratrie ; Cabral doit apprendre à s’oublier pour se remplir de l’altérité ambiante des Camerounais. Il croit désormais que ce sont les Camerounais qui ont besoin de lui pour réaliser la fameuse prophétie de Um Nyobe qui ferait de lui, le Bassa, notre Messie, le prochain président du Cameroun. Il n’en est rien. Nul n’est indispensable à la République et le fait humain est irréductible… Mon ami Cabral est encore trop attaché à lui-même, il est si satisfait de la comédie médiatique qu’il n’est pas en mesure de s’occuper des hautes affaires de l’État. Il est si préoccupé de singer le Maître qu’il ne réussit pas vraiment à devenir adulte. À Kamto il faut cette patience besogneuse et cette éducation sentimentale qui seules permettent de se décoincer de l’intérieur. Elles seules sont le médicament pour guérir ceux qui sont tentés par l’exclusivisme et un sectarisme grégaires. À mon ami Cabral, dont je ressens sinon le vide intérieur du moins l’inconsistance manifeste, il faut le poids d’une présence singulière, celle précisément qui subjugue au-delà des statuts sociaux, des générations et des conditions de vie, celle qui catalyse les esprits les plus sceptiques et fait adhérer le plus grand nombre à la dynamique que le leader met en place. Il lui faut de l’envergure. On parle d’envergure quand quelqu’un allie avec succès lucidité et maturité (intellectuelle, spirituelle et morale). C’est cette ÉPAISSEUR dans le jugement et dans les actes de la vie quotidienne qui caractérise véritablement l’homme d’État. C’est elle qui fait défaut à Cabral aujourd’hui. Si après tout ceci Kamto et Libi’i croient encore en un potentiel destin présidentiel, qu’ils travaillent à faire oublier leurs disgracieuses polissonneries qui ruinent leurs maigres atouts. Nous sommes gagnés par la désillusion qu’inspirent nos hommes politiques actuels. Car, lorsqu’on a rigoureusement identifié l’alternative qui s’offre à nous actuellement, le sentiment tenace qui s’impose est qu’on va devoir changer cette alternative. Le pouvoir de la dérision haineuse, la politique du spectacle, la gouvernance du « tu m’as vu ? » ne peuvent plus prospérer parce qu’ils ne peuvent pas développer le Cameroun.
Pour ma part, si je n’ai pas voté pour Kamto à la dernière élection présidentielle, c’est non seulement à cause du dégoût que m’ont inspiré les propos et manœuvres de sa milice de coquins sans talent, mais surtout à cause de la peur qu’il m’inspire lui-même. Vous savez que le peuple a en horreur le libérateur qui se présente à lui avec le sabre et le glaive comme arguments pour réaliser le changement. Il se dégage de Kamto cette hostilité et cette insécurité qui font qu’on oublie qu’on est dans les chaînes ; sa présence distille l’inconfort et le déguerpissement. En le voyant, on a envie de s’en aller. En revanche, si au matin du 8 octobre dernier j’ai voté pour Cabral, ce n’était point pour qu’il gagne. C’était pour que le Président Biya ait une victoire conforme à notre déception, un succès édulcoré qui eût rappelé qu’il est partant et qu’il doit se comporter en conséquence en nous débarrassant des salissures qui continuent d’entacher son règne. J’attends toujours la réponse présidentielle à ce message que je n’avais pas pu envoyer…

Dr NKE Fridolin,
Docteur de l’université de Liège (Belgique)
Expert du discernement (UY1);
Conseil-Accompagnateur en construction
des comportements éthiques et républicains
E-mail : nkefridolin2000@yahoo.fr
Tel : 00 (237) 680 110 889


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