Jacques Yoki Onana, Maire de la Commune d'arrondissement de Yaoundé Vlème
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 Ce décret présidentiel, rendu public cet après-midi  (lundi, 15 juillet 2019), intervient cinq jours après la clôture de la session parlementaire du mois de juin 2019. Session au cours de laquelle une consultation du Chef de l’Etat, Paul Biya, portant sur une nouvelle prorogation du mandat des députés a été examinée le 19 juin 2019 par le bureau de l’Assemblée nationale.
Cette  prorogation du mandat des parlementaires, suggérée par le Président de la République, a été accréditée à la chambre basse du parlement camerounais. L’instance parlementaire a, en conséquence, été favorable pour une nouvelle période de deux mois, à compter du 29 octobre 2019. Le Chef de l’Etat a alors saisi, en date du 17 juin 2019, le Président du Sénat et le Premier ministre afin de les consulter sur la prorogation du mandat des conseillers municipaux jusqu’au 29 février 2020. Toute chose qui est, d’ores et déjà, officielle, soit un mois après le dépôt de la note consultative sur la table du Président de la chambre haute du parlement et du Chef du gouvernement.
La raison officielle que Paul Biya a, dûment, évoquée est le besoin d’harmonisation des délais nécessaires à la tenue d’un double scrutin législatif et municipal. C’est, d’ailleurs, conformément à l’article 170 de la loi numéro 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, modifiée et complétée par la loi numéro 2012/017 du 21 décembre 2012 que le Chef de l’Etat a saisi Marcel Niat Njifenji et Joseph Dion Ngute à cet effet dans l’optique de les consulter pour cette nouvelle prorogation. En 2018, le Président de la République avait, pour la première fois, fait proroger le mandat des élus locaux. Il avait, officiellement, justifié sa décision par un engorgement du calendrier électoral, les mandats du Président de la République, des députés et des conseillers municipaux arrivant à échéance entre le 15 octobre et le 3 novembre 2018. “La tenue de ces élections présidentielles, législatives et municipales, au regard de la date de la convocation du corps électoral (courant juin-juillet 2018) entraînera un  chevauchement des différentes opérations relatives à ces scrutins”, avait indiqué P. Biya. Dans le dessein d’éviter donc le chevauchement de scrutins, le Chef de l’Etat avait proposé la prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux pour une durée de douze mois.
Avec cette nouvelle prorogation du mandat des conseillers jusqu’en fin février 2020, le fait majeur, au plan politique, est lié au fait que le Cameroun continue de vivre la crise politique et sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dont les corollaires sont préjudiciables à l’état actuel. Convoquer le corps électoral cette année consisterait, pour le système gouvernant en place, à entériner l’idée de la sécession. C’est, en réalité, l’argument qu’avait soutenu le comité exécutif national du Social democratic front (Sdf) lors de la dernière assise de cet organe central du parti les 8, 9 et 10 juin 2019 à Yaoundé. La principale formation politique de l’opposition camerounaise avait proposé au pouvoir de Yaoundé, dans la litanie des résolutions faites au terme de cette réunion,de surseoir à l’organisation des élections tant que le calme n’est pas rétabli et la paix restaurée dans les zones anglophones. Aussi le 10 juillet 2019, le groupe parlementaire Sdf a-t-il, au cous d’une conférence de presse donnée à l’Assemblée nationale, énoncé une nomenclature de sept propositions pour le règlement de la crise sociopolitique contemporaine. Entre autres propositions faites par Paul Nji Tumasang, président du groupe parlementaire, l’organisation des élections uniquement après la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
L’ implication de la prorogation du mandat des conseillers municipaux
Le mandat des élus locaux étant prorogé ce lundi, 15 juillet 2019, au cas où il y a cessation de la guerre dans le No-So et l’organisation d’un dialogue politique national dans le dessein de la résolution de cette situation sociopolitique cette année, le corps électoral va être convoqué le 11 novembre 2019 par le président de la République, soit 90 jours au moins avant la date du scrutin suivant l’article 86 du Code électoral. L’élection a lieu 40 jours au moins et 120 jours au plus après l’expiration du délai de prorogation du mandat (art. 15 al.4 de la Constitution), soit au plus tôt le 7 février 2020 et, au  plus tard, le 26 avril 2020. Le président de la république ayant décidé de maintenir l’option du couplage des scrutins législatif et municipal, le terme du mandat des conseillers municipaux ayant été fixé au 29 février 2020, les élections municipales devant se tenir 20 jours avant l’expiration du mandat des conseillers municipaux, soit le 9 février 2020, le double scrutin législatif et municipal aura donc lieu le 9 février 2020 sur l’étendue du triangle national.


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