Adamou Ndam Njoya, Président de l'Udc
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Ce qui peut frapper tout observateur sérieux de la scène politique Camerounaise, c’est l’hypocrisie du régime Biya qui a ignoré toutes les recommandations camerouno-Camerounaises issues de la tritripartite que certains opposants véreux ont torpillé dans leur cynisme durant les années de braise en 1991. Maintenant que les deux émissaires occidentaux ont clairement signifié au régime Biya que la solution aux nombreuses crises qui saccagent le Cameroun trouveront une solution définitive dans:
(1) Le dialogue
(2) L’application sans réserve aucune de la décentralisation et des résolutions de la tripartite snobée par Paul Biya et ses opposants de choix…

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J’espère qu’il est temps de réhabiliter toutes les idées et la la démarche du Dr. Adamou Njoya, le père de la diplomatie Camerounaise qui a toujours privilégié en tout temps et en tout lieu le dialogue. C’est lui qui en 1991 alors qu’il dirigeait la coordination des partis de l’opposition qui a accepté de dialoguer avec le régime Biya dans une « tripartite » dont les conclusions ont été confisquées par le régime Biya et complètement boycottées par les leaders de l’opposition a l’instar de Ni John Fru Ndi et ceux qui l’ont suivi dans les slogans populistes autour de la Conférence Nationale Souveraine pourtant balayée du revers de la main par le président Biya comme étant « sans object ».

Les camerounais ne peuvent continuer à se prévaloir de leurs propres turpitudes.

J’ai été choqué de voir l’effervescence avec laquelle certains acteurs politiques ont accueilli l’arrivé de ceux occidentaux au Cameroun comme des « sauveurs ». Pourtant, une fois sur le sol Camerounais, ils n’ont tous deux rappeler que la démarche que Ndam Njoya ne cesse de marteler depuis 28 ans: (1) le dialogue et (2) la reforme des institutions camerounaise grâce à la décentralisation effective du Cameroun pour décrisper autant de tensions qui fragilisent les institutions de notre pays. Malheureusement, comme le Dr. Adamou Ndam Njoya n’est ni Français ni Américain, et ma mentalité esclavagiste des noirs ne les commandent à n’applaudit que les idées dictées par les « maîtres blancs », nous voici donc toute honte bue entrain « d’applaudir » des propositions s’il y a 28 ans proposées par un leader de l’opposition Cameroun dont l’unique malheur a été de naître au Cameroun.

À quoi donc a servi tous ces arrangements occultes entre Paul Biya et ses alliés de l’opposition pour lui garantir l’éternité au pouvoir si ce n’est la destruction du Cameroun?

C’est important de rappeler ici que l’idée même des « villes mortes » arrive en avril 1991 à cause du refus gouvernemental de convoquer une « conférence nationale souveraine ». Une conférence nationale souveraine avancée par l’opposition comme le seul point focal de la contestation politique au Cameroun au lendemain du procès Monga-Njawé. Les formations politiques proches de l’opposition misaient sur la chute du mur de Berlin et le vent de l’Est pour anticiper sur une chute très rapide du régime Rdpc sans au préalable élaborer une bonne stratégie cohérente de conquête du pouvoir. Ceux qui tenaient à prendre absolument le pouvoir par la rue étaient tout simplement populistes. Les partisans de la Conférence Nationale Souveraine tenait à « faire l’inventaire de ce qui s’est passé, comment le pays a fonctionné jusqu’ici et donner les directives pour l’avenir » (Hameni Bieuleu in Challenge hebdo 1991 : 9). Face à cette pression, la réaction du régime Rdpc ne s’est pas fait attendre; après la réunion du bureau politique du Rdpc, le président de la République réaffirma que « la conférence nationale est sans objet » (Biya in Cameroon Tribune 1991 : 3). Quand on ajoute à cela la crise et le marasme économique que traverse le pays, on comprend mieux la présence des forces sociales dans l’espace public sous forme de manifestations monstres pour protester contre le régime. C’est ainsi que dans ce contexte que l’opposant Mboua Massock demande à tous les chefs d’entreprises et d’établissement scolaires et hospitaliers à Douala, d’arrêter toutes activités les 18 et 19 Avril, afin que contraindre le pouvoir à accepter l’ouverture de la conférence nationale qu’il appelle « conférence de détente nationale » (Mboua Massock in Ngayap 1999 : 11).
Le mois d’avril 1991 au Cameroun est un mois symbole. Aux incendies et dégâts des institutions républicaines, le gouvernement réagit en prenant des mesures draconiennes grace aux « commandements opérationnels »; ces brigades spéciales de l’armée, crées pour intervenir dans des situations de graves crises. C’est ainsi que de nombreux camerounais ont perdu leurs vies dans les affrontements. Du côté de l’opposition, ces manifestations politiques étaient un « mouvement de résistance pacifique aux agressions du gouvernement » (Ngayap 1999 : 26).

C’est dans ce contexte de désordre total où le Cameroun était au bord de la guerre civile que le Dr. Adamou Ndam Njoya sollicite la Conférence Tripartite pour décrisper la situation et sauver la paix. Cette conférence tripartite a eu l’avantage de ramener le gouvernement, l’opposition et la société civile autour d’une table de négociation qui ont abouti à la réforme constitutionnelle de 1996. Même si les résolutions prises n’allèrent pas toujours dans le sens souhaité par l’opposition, elles eurent néanmoins le mérite d’imposer au regime de procéder à la réforme de l’état en profondeur à travers la décentralisation. L’opposition dirigée par le président de la coordination des partis de l’opposition, le Dr. Adamou Ndam Njoya, en fin technocrate, venait donc ainsi de gagner la réforme administrative à travers la Conférence Tripartite la où les « villes mortes » et les «casses » n’avaient qu’accumuler les meurtres des civiles innocents soit des incendies ou du commandement opérationnel et des mesures d’exception décidés pour le gouvernement pour réprimer dans le sang ces manifestations publiques interdites! C’est fort de cet exploit que son collègue du gouvernement Ahidjo le félicita d’être un « laboratoire des idées politiques ».

Adamou Ndam Njoya et John Fru Ndi lors d’une marche Pacifique à Yaoundé.

C’est donc ici qu’il faut expliquer le rôle nocif des journaux à gage de l’époque dénommés « sainte trinité ». Il s’agit de : (1) « Le Messager » de Pius Jawé, « La Nouvelle Expression » de Séverin Tchounkeu et « Challenge Hebdo » de Binjamin Zebaze, tous opposés à la Conférence Tripartite. C’est le lieu d’indiquer ici le rôle néfaste de la presse privée dans le processus démocratique au Cameroun. Au lieu de mobiliser le peuple Camerounais à défendre les acquis de la Conférence Tripartite signés par le président de la coordination des partis de l’opposition, ces trois journaux ont plutôt mobilisé une pluralité d’agents recrutés au sein du gouvernement comme de l’opposition pour calomnier le Dr. Adamou Ndam Njoya et sa formation politique, l’Udc d’avoir trahi le peuple Camerounais. C’est dans ce contexte que Ni John Fru Ndi et Hameni Bieleu ont adopté une stratégie quasi homogène dont les finalités étaient de mettre en minorité le le Dr. Adamou Ndam Njoya au sein de l’opposition malgré les idées qu’il fit adopter dans la constitution de 1996. Le président Paul Biya profita de ce chiisme au sein de l’opposition pour reprendre la main dans le commandement politique et la conservation du pouvoir coûte que coûte en faisant fi des résolutions prises à la tripartite de manière consensuelle. C’est au moyen d’un contrôle de type autoritaire des personnes et des espaces de liberté que le gouvernement a fini par museler l’opposition. Cette domination des médias sur le champ politique contrôlée par le ministère de la communication de l’époque, le Pr. Augustin Kontchou a des effets néfastes sur les performances de l’opposition sur ce terrain. Outre la violence qu’elle génère et à laquelle elle a recours, elle contribue sensiblement à déstructurer et informaliser le secteur journalistique ainsi qu’à précariser la vie, voire la survie, de tous ses acteurs. L’ironie dans ce cirque est que en voulant barrer la voie au Dr. Adamou Ndam Njoya, les journaux à gage et les leaders d’opposition populistes ont plutôt renforcer involontairement la présidence à vie à Paul Biya.

Quelles leçons tirer de ces luttes fratricides au sein de l’opposition?

En 1991, l’opposition avait toutes les chances de prendre le pouvoir si les leaders de l’opposition avaient été sincères pour défendre les acquis de la tripartite. Curieusement, les gens se sont plutôt organisés pour se faire désigner « leader de l’opposition ». Or au finish, l’Undp, le SDF et bien d’autres formations politiques qui ont connu des relations incestueuses avec le régime Rdpc sont devenus l’ombre d’eux même. En 1992, c’est l’Upc de Augustin Frédéric Kodock et le MDR de Daikole Diassala qui rejoignent la majorité présidentielle contre les postes de ministres. En 2004, c’est Issah Tchiroma et Maurice Kamto qui rejoignent la mangeoire. Et en 2018, Jean De Dieu Momo rejoint le camp Biya. Ce qui a l’ironie de donner les pleins pouvoirs à Paul Biya de mieux museler l’opposition et d’ignorer tous les appels au dialogue dans la crise anglophone que l’on aurait évité en applicant entièrement le Constitution de 1996 obtenue de haute lutte par la véritable opposition. De qui se moque-t-on à la fin?

C’est toujours la vision du Dr. Adamou Ndam Njoya, réhabilitée par les sorciers blancs et même le régime en place

Si l’avocat Français, Maître Moretti privilégie le dialogue, et le sous secrétaire d’état aux affaires africaines des États Unis Tibor Nagy, tous sont favorables au dialogue, et dans une certaine mesure à l’application des clauses de la tripartite qui recommandaient la décentralisation boycottée par le pouvoir et les leaders de l’opposition, pourquoi ne pas donc se pencher à nouveau sur les conclusions de la tripartite de 1991 que le président de la république a royalement ignorées? C’est le 13 Novembre 2017 que L’Udc a organisé au palais de Congrès à Yaoundé une conférence publique pour réhabiliter les conclusions de la tripartite ignorées 26 ans plus tôt. A cette occasion, M. Koupit Adamou, l’un des membres de L’Udc affirmait que:
« C’est l’occasion pour nous, avec les personnalités politiques de tous bords, surtout avec les acteurs qui étaient à la tripartie de 1991, de revisiter les Accords issus de cette Tripartite pour voir qu’est ce qui est fait, pourquoi ce qui était convenu n’est pas appliqué, pourquoi ce qui devait être fait n’est pas fait. Et par rapport à la situation du Cameroun aujourd’hui, cette Conférence débat est aussi une occasion de voir comment attirer l’attention sur la nécessité de dialogue républicaine comme moyen de résoudre les problèmes qui se posent à la Nation ».

Dr. Abdoulaye Lazize Nchare , Advisory council – Ir Insider.

L’Udc se réjouit à la fin que la communauté internationale revienne à la charge pour rappeler au chef de l’état que le choix du dialogue privilégié par cette formation politique depuis les années de braise reste et demeure le seul moyen consensuel capable de ramener la paix dans notre paix. Vivement que le Dialogue reprenne sous forme d’une Tripartie 2 pour ramener le paid sur la voie de la réconciliation et la paix après tant de souffrances!


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