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On le savait gravement malade depuis trois ans. Adamou Ndam Njoya le fondateur et perpétuel président de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) est mort cette nuit à Yaoundé. Il était   parti en évacuation sanitaire peu avant les élections législatives et municipales du 09 février dernier avant de revenir au Cameroun récemment.

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Le co-fondateur de l’Association camerounaise du dialogue inter religieux (Acadir) meurt donc à l’âge de 77 ans. Né le 08 mai 1942 à Foumban dans l’ancienne province de l’Ouest- Cameroun, le fondateur de l’Udc, fut depuis le retour au multipartisme, le maire de la ville de Foumban, avant de céder le fauteuil à son épouse Patricia Taimono Ndam Njoya, à la faveur des dernières élections municipales. Fatigué et usé par la maladie, la mort de l’ancien ministre camerounais de l’Education nationale se dessinait au jour le jour. Lors de la campagne présidentielle de 2018, Adamou Ndam Njoya dont la famille et le parti se montraient gênés pour parler de son état de santé qu’on savait pourtant des moins enviables, ne fit qu’une timide et brève apparition au dernier jour de campagne, avec une mine éloignée, et loin de séduire l’électorat.

Aujourd’hui donc, l’internationaliste, l’avocat, l’écrivain, l’homme de culture, de politique et l’homme d’État vient de quitter la scène. Comme le dit le célèbre proverbe africain, “un vieillard qui meurt, est une bibliothèque qui se brûle”. Il s’en est allé, à Dieu la gloire et à nous les pleures. Repose en paix président!

Trajectoire

Adamou Ndam Njoya est né le 8 mai 1942 à Foumban. C’est un universitaire, un écrivain et un homme politique camerounais. Il est le président de l’Union démocratique du Cameroun (Udc).

Ndam Njoya est marié et père de cinq enfants.

Le Dr. Adamou Ndam Njoya, sa femme et ses enfants.

Son éducation primaire se fit à Foumban et Nkongsamba, puis il étudia au lycéeGénéral Leclerc à Yaoundé. Après les études primaires et secondaires au Cameroun, il a poursuivi les études supérieures en France, qui furent couronnées par l’obtention du doctorat de 3e Cycle et du doctorat d’État en droit public interna¬tional et en sciences politiques.
Étudiant à l’Institut international d’administration publique (IIAP), il suivit tour à tour des stages au ministère des Affaires étrangères, à l’ambassade de France à Londres et aux organisations internationales à l’Office de l’Europe à Genève, avant de retourner au Cameroun en 1969.

Le Dr. Adamou Ndam Njoya en compagnie de l’un de ses fidèles neveux.

Ndam Njoya fut brièvement membre du ministère des Affaires étrangères (1960-1970), avant de rejoindre la faculté de droit à l’Université de Yaoundé, poste qu’il occupe toujours actuellement.
Ndam Njoya a également travaillé pour la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale au Cameroun en tant que directeur du programme de formation diplomatique. Dans le même temps, il collabora à la création et devint le premier directeur, de 1972 à 1975, de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (Iric).1975, il fut nommé vice-ministre des Affaires étrangères.
En 1977, Ndam Njoya fut nommé au minsitère de l’Éducation nationale. Son projet d’introduire sévérité et moralité dans le système éducatif rencontra une forte résistance, notamment de la part des riches familles francophones, dont les enfants réussissaient dans le primaire et le secondaire grâce à l’argent, et qui faisaient quelques dons aux écoles.
Face à de telles pressions, le président Ahmadou Ahidjo renvoya Ndam Njoya de son poste, en 1980, et le fit ministre délégué à la présidence chargé de l’inspection générale de l’État et des réformes administratives, un poste relativement ingrat.
En janvier 1982, Ahidjo le renvoie du gouvernement.

De 1982 à 1990, Ndam Njoya consacre aussi bien son temps à l’écriture et à l’enseignement qu’à des efforts philanthropiques (membre du bureau exécutif de l’Unesco de 1985 à 1989). Il écrit tant à propos de la loi, des sciences politique, de l’histoire, des relations internationales et des idées politiques que des pièces de théâtre, des poèmes et des fictions.
Parmi les œuvres sélectionnées :
• 1975 : Prières et chants de louanges à Dieu Ndam et Raynier, Yaoundé, Cameroun ;
• 1976 : Le Cameroun dans les relations internationales, Librairie générale de droit et de jurisprudence, Paris, (ISBN 978-2-275-01397-8) ;
• 1977 : Njoya : réformateur du royaume Bamoun N.E.A. (Nouvelles éditions africaines), Abidjan, Côte d’Ivoire, (ISBN 978-2-85809-101-0) ;
• 1982 : Les Amo : recueil de poèmes Ndam et Raynier, Yaoundé ;
• 1983 : Manuel pratique de rédaction administrative et des documents diplomatiques, éditions Sopecam, Yaoundé, Cameroun

En décembre 1990, le président Paul Biya permet le retour de partis politiques d’opposition au Cameroun et Ndam Njoya commence le rassemblement de politiciens potentiellement réformistes. Ndam Njoya est brièvement arrêté avec d’autres opposants politiques, mais ils seront rapidement relaxés.
En septembre 1991, il annonce la formation du l’Union Démocratique du Cameroun. Dans la déclaration de son parti, Ndam Njoya a insisté sur la décentralisation du gouvernement et le respect des droits des minorités.
En 1996 les deux frères ennemis, commis de l’Etat, se battent pour le contrôle du royaume Bamoun dans la région de l’Ouest Cameroun. Les batailles ont pour épicentre la ville de Foumban. Le peuple en patit… Foumban, capitale départementale du Noun. Tout est normal. Mais en apparence seulement. La ville est le théâtre d’une guerre sourde entre deux frères…

Adamou Ndam Njoya

Adamou Ndam Njoya et Ibrahim Mbombo Njoya. Le premier est le président de l’Union Démocratique du Cameroun (Udc le parti politique dominant dans le département et Maire de Foumban la principale ville du département finalement ndam njoya remporte les élections et devenu maire et députe de Foumban
Pendant les élections présidentielles de 2004, tous les partis de l’opposition acceptèrent de supporter un seul candidat contre Biya. Après que Ndam Njoya fût choisi par le consensus de la coalition, John Fru Ndi tira le front Social Démocratique en dehors de la coalition, qui dut faire cavalier seul. Les résultats: Ndam Njoya en tant que représentant de la coalition reçut 4,5% des voix, John Fru Ndi 17,4% et le président Biya 70,9%. Comme c’est devenu une habitude dans les élections camerounaises, la fraude massive a été alléguée.
Depuis 2004, Ndam Njoya a remanié le char de l’Union Démocratique du Cameroun, parlant désormais de lutte contre la corruption, et toujours de travail pour la décentralisation.

A sa mort, Adamou Ndam Njoya est actuellement :
• coprésident de la WCRP (Conférence Mondiale des Religions pour la Paix)/International et Président du Chapitre Camerounais ;
• fondateur et président de l’Institut des études islamiques et religieuses (IRSI) et de l’École africaine d’Éthique (Eae) ;
• président de l’Union Démocratique du Cameroun (Udc) ;
• maire de Foumban ;
• membre du Conseil d’Administration du Réseau parlementaire sur la Banque mondiale ;
• fondateur et directeur de publication des revues culturelles: A1 Houda, Communauté, Le Terroir.
Décorations
Belgique: Grande Croix de l’Ordre de Léopold ;
• Cameroun: Chevalier de l’Ordre de !a valeur ; Officier de l’Ordre de la valeur ;
• Côte d’ivoire: Officier de l’Ordre ivoirien ;
• France: Commandeur de la Légion d’Honneur; Commandeur des Palmes académiques.


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