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Des ménages, des services administratifs, des restaurants, des poissonneries, des ateliers de couture, des salons de coiffure,des débits de boissons, bref les petits et grands commerces subissent, de manière régulière, les coupures d’énergie électrique. L’incendie produit dans la nuit du 7 août 2019 sur le réseau électrique du Brgm de Melen contraint les populations de la cité capitale à recourir aux groupes électrogènes et aux autres moyens alternatifs. Chronique sociale sur l’incidence des délestages désormais récurrents d’énergie électrique dans la ville capitale.
“Je ne savais pas que c’est comme ça qu’il allait faire”. “Je ne savais pas que c’est comme ça que Eneo allait procéder à l’interruption régulière de l’électricité à Yaoundé”. Une phrase, désormais, rituelle dans le vocabulaire des Camerounais. La vie, dans la cité capitale, est au ralenti. Le siège des institutions de la République vibre au rythme des groupes électrogènes, dont le vacarme est devenu assourdissant dans bien de centres commerciaux. Certains groupes tournent, parfois, 24h/24. Pourtant, ces générateurs d’énergie sont destinés à remédier aux défaillances de quelques heures. A cause d’un fonctionnement devenu régulier des groupes électrogènes, certains grands  commerces ont perdu leur générateur contraint à des épreuves rudes. C’est donc un véritable capharnaüm que des habitants de la capitale métropolitaine vivent, ces derniers jours, dans les espaces commerciaux. Il n’y a pas seulement le calvaire vécu par la clientèle de propriétaires de fabriques.
Dans des sous-préfectures, qui drainent des masses de jeunes scolaires et universitaires exprimant le vœu de faire des concours administratifs, plusieurs candidats sont aux abois tant le service est paralysé. Impossible, ces derniers jours, de se procurer le moindre timbre eu égard au fait que seul le compostage y est fait. Pendant des heures durant une journée, de nombreux postulants auxdits concours attendent, désespérément le retour de l’énergie électrique. Question d’acheter les timbres. Mais en vain!
 Dans des ministères, creusets administratifs qui ne sont pas épargnés de ces délestages récurrents, aucune solution palliative n’est, du moins, prévue. Des agents bureaucratiques se tournent les pouces. D’autres quittent leurs bureaux noyés dans l’obscurité et trouvent refuge dans des îlots de plaisir et de loisir non loin de leurs services à la quête d’un moyen de desaltération. De temps en temps, le travailleur du Ngomena enclin aux plaisirs lascifs joint au téléphone ses collègues pour savoir si Eneo a rétabli, momentanément, la fourniture d’énergie électrique. Les coupures intempestives d’électricité ont altéré les comportements des habitants de Yaoundé et ceux des  propriétaires des petits et grands commerces. Bien de personnes évitent, à l’heure actuelle, de se connecter à plein temps pour économiser la batterie de leur téléphone. Férues et mordues des séries télévisées, des femmes résidant dans des quartiers en butte aux délestages ne savent plus à quel saint se vouer et se contentent, juste, d’attendre le temps de la rediffusion le lendemain au cas où Eneo leur en donne l’opportunité. L’on ne compte pas, depuis la survenue de l’incident du 7 août 2019 sur le réseau électrique du Brgm de Melen, le nombre de bougies déjà achetées par les chefs de ménages. Les lampes torches ne sont pas en reste tant elles contribuent à éclairer l’enclos des cellules domestiques de plus d’un.
Serge Aimé Bikoï, Sociologue du développement, Rédacteur en chef Panorama papers.

Seulement, les moments de la journée les plus redoutés, ces derniers temps, sont les périodes nocturnes, où des concitoyens usent de la torche de leurs gadgets androïdes pour trouver une certaine luminosité, en rentrant dans leurs domiciles. Dans des quartiers, où les délestages sont légion, quiconque n’est guère à l’abri des cas d’insécurité, tels que les agressions, les viols, les braquages à mains armées et les kidnappings. C’est surtout en période nocturne qu’il est urgent, pour les uns et les autres, de faire preuve de prudence, de méfiance et de vigilance, car des malfrats ne dorment jamais et usent de pratiques malicieuses diverses pour mettre en péril la tranquillité de nobles citoyens.

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