Des populations en furie dans les tous débuts de la crise anglophone. --Image d'illustration--
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Le nouveau rapport de Human Rights Watch sur la crise anglophone a été publié ce 23 mai 2019 depuis Bruxelles en Belgique. L’Ong internationale de défense des droits de l’homme exige l’impartialité dans le cadre de l’enquête que le gouvernement a promise suite à l’incendie d’un village le 15 mai 2019 dans le nord-ouest.
Le 15 mai, à la suite du meurtre de deux militaires de l’Armée de l’air par des hommes soupçonnés d’être des séparatistes armés, les forces de sécurité ont tué Nwacha Christopher Neba, un mécanicien âgé de 41 ans, et ont incendié de nombreuses habitations et boutiques dans les quartiers d’Alachu, de Matsam et de Muwatsu, dans la ville de Mankon, lors d’une opération de représailles contre des habitants perçus comme étant des sympathisants des séparatistes. Un témoin a déclaré que les militaires se sont rendus au domicile de Neba à Alachu, « ont enfoncé la porte, l’ont traîné dehors et l’ont violemment passé à tabac. » Puis le témoin a entendu des coups de feu. Il a affirmé que le cadavre de cet homme avait été retrouvé peu après dans la rue, une balle dans la tête et une dans le dos.
Dans un communiqué de presse diffusé le 16 mai, le ministre de la Défense a annoncé avoir ordonné l’ouverture d’une enquête sur les incendies de maisons et les destructions de biens. Le gouvernement devrait s’assurer que les militaires impliqués dans ces actes soient amenés à en répondre devant la justice.
« La décision du gouvernement d’ouvrir une enquête sur ces attaques contre des civils et contre leurs biens est un pas important vers l’établissement des responsabilités », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « L’enquête devrait être menée promptement et de manière indépendante et impartiale, mais elle ne devrait pas s’arrêter là. Le gouvernement devrait immédiatement examiner les autres incidents lors desquels ses forces de sécurité sont accusées d’avoir commis des abus et en poursuivre les responsables en justice. »
206 villages ont été incendiés entre 2017 et mai 2019
Le 17 mai, le gouverneur de la région Nord-Ouest a créé une commission chargée d’identifier les victimes de « l’incident » de Mankon et d’évaluer à la fois leurs besoins, la situation sur le plan humanitaire ainsi que les dégâts matériels et les biens détruits. Cette commission doit remettre son rapport ce au 24 mai 2019.
Les incendies de villages sont devenus légion au sud-ouest et au nord-ouest, depuis le début de la crise dite anglophone. Dans sa livraison ce 24 mai 2019, le quotidien camerounais d’expression anglaise, The Gardian post, a dressé un bilan des 206 villages, brulés dans ces deux régions par l’armée.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a eu à dénoncer de nombreux d’exactions de ce genre, avait demandé l’autorisation d’enquêter sur les abus commis dans les régions anglophones en 2018. Le gouvernement ne la lui a pas encore accordée.
La même autorisation d’enquêter refusée à une chercheuse de Human Rights Watch le 12 avril 2019, c’était deux jours après la publication d’un bref rapport de HRW sur une attaque meurtrière menée par des militaires, des gendarmes et des membres du BIR contre un village dans la région du Nord-Ouest.


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