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Le ballon ne tourne pas rond entre le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Seidou Mbombo Njoya et Pierre Semengue, le président (déchu ?) de la Ligue de football professionnelle du Cameroun (Lfpc).

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Il faut remonter à plus loin pour comprendre les enjeux de nla bataille que se livrent ces deux dirigeants du football camerounais. En 1989, après une seule saison de la Ligue nationale de football (Linafoot), présidée par Pierre Semengue, le ministre en charge des Sports de l’époque et père de l’actuel président de la Fecafoot, Ibrahim Mbombo Njoya, sultan des Bamouns ; avait décidé de dissoudre cette institution. Une décision que va mal digérer Semengue.

En 2011, à la création de la Ligue de football professionnelle du Cameroun, sous l’impulsion du gouvernement, il est suggéré à Michel Zoah, alors ministre des Sports et de l’Education physique de nommer le général d’armées en deuxième section, Pierre Semengue à la tête de cette institution.

Dans l’ombre, le très influent Issa Hayatou – alors président de la Caf – qui doit presque toutes ses nominations à la Fecafoot à Ibrahim Mbombo Njoya, va suggérer à Iya Mohammed (ancien président de la Fecafoot) que Seidou Mbombo Njoya soit désigné comme vice-président de la Lfpc.

Une proposition que le général Pierre Semengue accepte avant de la rejeter quelques mois plus tard, accusant Seidou Mbombo Njoya d’« incompétence ». « On ne peut avoir été mauvais gestionnaire de la Loterie nationale et devenir bon dirigeant du football. Quand on est mauvais manager, on l’est partout », argumentait-il alors.

Droits télé de Being Sport

En filigrane, cette bataille survient au moment où la Ligue de football professionnelle du Cameroun est, grâce à l’entregent de Samuel Eto’o, en passe de signer un accord de droit-télé avec le chaine qatari Being Sport, pour la diffusion des matches de Ligue 1 du Cameroun.

Ce qui est une aubaine pour les clubs camerounais qui survivent, en grande partie, grâce à la perfusion de l’Etat. En clair, c’est pour le contrôle de cette manne que devrait générer la Lfpc que ces deux dirigeants se chiffonnent.

La Fecafoot veut tellement contrôler cette manne qu’elle a proposée à Pierre Semengue d’en devenir son président d’honneur, avec à la clé un salaire mensuel de 3 millions de Fcfa. Sentant le piège, l’ancien président du Tkc a refusé cette offre qu’il estime être une tentative de corruption.

La rancune étant tenace chez certaines personnes, ce mardi 03 septembre 2019, au terme d’une réunion du Comité exécutif de la Fecafoot, il a été décidé de la création d’un Comité technique de gestion provisoire pour remplacer la Ligue de football professionnelle jusqu’en 2021.

Le premier vice-président de la Fecafoot, Aboubakar Alim Konate a été placé à la tête de ce Comité. Joshua Osih et Abbo Mohamadou étant membres. Une équipe qui sera complétée par un vice-président et deux autres membres qui seront désignés par le président de la Fecafoot, Seidou Mbombo Njoya.

Trafic d’influence

A la fin de la réunion du Comité exécutif de la Fecafoot, tenue ce mardi 3 septembre, Seidou Mbombo Njoya, 57 ans, a expliqué aux médias les raisons qui ont forcé la mise en place de ce Comité technique transitoire.

Pour le président la Fecafoot, il s’agit de mettre fin aux disfonctionnements et aux tensions qui ont cours au sein de cette instance. « La crise de confiance profonde entre la ligue de football professionnelle et la majorité des clubs professionnels, le nom respect récurrent des dispositions statutaires de la ligue liés au mauvais fonctionnement  des organes à l’instar de la non tenue des Assemblées générales, l’inexistante des procédures budgétaires et financières, l’inexistence d’un  organigramme et d’un plan cohérent de gestion des ressources humaines, la remise en cause de la tutelle de la fédération et de ses prérogatives, l’opacité dans la gestion des subventions allouées par l’Etat et la Fécafoot »,  sont entre autres les griefs décriées par le patron du football camerounais.

Or, ce complot visant a écarté Semengue de la Lfpc du Cameroun est ourdi depuis. Avant les derniers statuts de la Fecafoot, rédigés par le clan Dieudonné Happi, le dernier président du Comité de normalisation, le président de la Lfpc était de fait, vice-président de la Fecafoot.  Pis, le 26 aout dernier, un amendement jugé discriminatoire du bureau du Comité exécutif de la Fecafoot est venu fixer à 75 ans l’âge limite pour être président de la Lfpc.

Porter plainte à la Fecafoot

Avant de dissoudre la Lfpc, est-ce que les administrateurs de la Fecafoot ont cogité cette pensée de Jean Cocteau : « Un brave général ne se rend jamais, même à l’évidence ». Comme pour appliquer ce dicton, ce même 03 septembre 2019 au siège de la Lfpc, Pierre Semengue, 85 ans, a lors d’une conférence de presse improvisée, indiqué qu’il va porter plainte à la Fecafoot pour atteinte à son honorabilité : « Tout ce qui a été fait aujourd’hui à la Fecafoot ne me concerne pas, c’est de l’illégalité. Je reste le président élu et légitime de la Lfpc jusqu’en juillet 2020. Je vais défendre mon mandat coûte que coûte ». 

Porté à la tête de la Lfpc en 2011, Semengue estime qu’il n’a pas suffisamment donné à cette instance où il a atterri non pas par la voie des urnes mais par le pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat qu’il appelle affectueusement son patron et « ami ».

C’est donc à force de trafic d’influence du côté du palais de l’Unité que cette bataille se disputera. Ainsi, le bras de fer Fecafoot / Lfpc jouera les prolongations pendant que les clubs et le public sportif camerounais seront toujours dans l’attendent d’un véritable professionnalisme de notre football.


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