Soumbou Angoula Bertrand Pierre, Nouveau Directeur général de l'Enam
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Après le réaménagement gouvernemental opéré le 4 janvier 2019, soit quasiment deux mois après, d’aucuns soutiennent que le Président de la République a nommé des jeunes. Des noms sont, en effet, cités. Manaouda Malachie, 45 ans, est, d’ailleurs, le plus “jeune ministre” nommé à la tête du département de la Santé publique (Minsanté). Trois autres noms de jeunes sont énoncés, en l’occurrence Achille Bassilekin III, ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’artisanat (Mimpmeesa); Gabriel Dodo Ndoke, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) et Bolvine Wakata, ministre délégué à la Présidence de la République chargé des relations avec les assemblées. Le dénominateur commun de ces trois nouveaux gestionnaires des deniers publics réside dans le fait qu’ils sont dans la quarantaine. Soit!
Lorsque l’on a 45, 47 ou 49 ans, est-on encore jeune? Qui est, en réalité, jeune? Si l’on se focalise sur l’armature idéologique de l’Onu (Organisation des Nations unies), “est jeune toute personne, dont l’intervalle d’âge se situe entre 15 et 24 ans”. Cette définition de la jeunesse de l’Onu est celle à laquelle fait référence l’Unesco (Organisation mondiale pour l’éducation, la science et la culture). Cependant, relativise le document de l’Unesco, la notion de jeunesse varie d’un contexte sociétal à l’autre, d’un milieu environnemental à l’autre bref d’un pays à l’autre et cette définition est en constante évolution, en constante construction suivant les contraintes contextuelles qui en traduisent la souplesse et la mutabilité en fonction des régions et des pays. La jeunesse est, pour ainsi dire, un construit sociétal et un construit idéologique tant cette notion varie suivant des déterminants contextuels inhérents à chaque pays.
Si l’on part de ce postulat principiel, aucun jeune n’a été nommé Par le Chef de l’Etat puisque les quatre dont évocation a été faite supra sont quarantenaires. Or, selon la définition mentionnée, est jeune celui ou celle âgée entre 15 et 24 ans. Même en jetant un regard holistique sur les textes de base du Rdpc, est appelé à être intégré, en tant que jeune, dans l’Ojrdpc (Organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais), tout(e) militante(e) âgée de 35 ans. Or, en tenant compte de ce critère, il apparaît que là aussi, Paul Biya n’a pas nommé des jeunes à des postes ministériels. Personne n’a 35 ans dans le gouvernement de Joseph Dion Ngute. Pourtant, antérieurement, ce phénomène avait droit de cité. Paul Biya, Bello Bouba, Philémon Yang, Amadou Ali, Hellé Pierre, etc avaient nommés à des postes de responsabilité qui à 28 ans, qui à 32 ans qui à 35 ans. Tous ou presque se situaient entre la vingtaine et la trentaine. Réalité qui n’a plus droit de cité à l’heure actuelle. Ces gestionnaires de la fortune publique ont accédé à des positions de pouvoir et d’autorité étant jeunes, y ont vieilli au point de coloniser ces strates décisionnelles jusqu’à présent. Certains ont joui des privilèges du système en place autant sous l’ère Ahidjo que sous celui de Biya, qui prévaut actuellement. Mais, il est avéré que le chantre du régime en place, qui a eu accès à son premier poste à 28 ans, a du mal à pérenniser cette pratique pourtant implémentée par son prédécesseur à l’époque. Ceux qui viennent donc d’être érigés à la tête des départements ministériels ne sont pas des jeunes. A moins que la notion de jeunesse ne soit, dans l’imaginaire du prince, ré-adaptée, re-profilée et re-construite suivant son construit idéologique. Mais, si l’on tient compte de la perception de l’Unesco, des Nations unies ou même des textes de base du Rdpc, définition dont nous nous servons, en pareille circonstance, en terme de vocabulaire, le Président de la République n’a nommé aucun jeune.


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