Paul Atanga Nji, Minat
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Paul Atanga Nji a entre autre, accusé des médias audio-visuels et principalement des chaînes de télévision basées dans la capitale économique ,de contribuer à faire perdurer des tensions politiques au Cameroun, en donnant la parole aux acteurs qui attisent ou jettent de l’huile sur le feu d’une part, et par le truchement de leur traitement de l’information en défaveur du gouvernement d’autre part.
Ces propos sont perçus par certains comme une véritable menace à la liberté de la presse et même d’expression, voire d’opinion dans le pays provenant d’un membre du gouvernement chargé notamment de la gestion des questions sécuritaires.
Même si ces paroles sont menaçantes, il faut relever qu’elles ne peuvent produire que des effets d’ordre psychologique au regard de la réalité actuelle en ce qui concerne la circulation de l’information.
Le Ministre de l’Administration territoriale est du point de vue du droit positif camerounais, la loi du 19 décembre 1990 portant sur la communication sociale en l’occurrence, l’autorité investie des pouvoirs de police administrative uniquement dans le domaine de la presse écrite.
En ce qui concerne les médias audio-visuels, cette prérogative relève du Ministre chargé de la Communication. Hors, ce sont les médias audio-visuels essentiellement qui posent des problèmes à Paul Atanga Nji. Son collègue du Ministère de la Communication n’a pas encore publiquement et clairement exprimé un avis similaire.
Par ailleurs, il existe un organe chargé de la régulation des médias au Cameroun indépendant des Ministères de la Communication et de l’Administration territoriale. Il s’agit du Conseil National de la Communication (Cnc), qui a le pouvoir d’apprécier les contenus des supports médiatiques placés sous son autorité, relativement au respect des règles qui gouvernent l’exercice du journalisme, principalement sous le prisme de l’éthique et de la déontologie.
Le CNC jouit de ce fait des pouvoirs de sanctions qu’il a souvent utilisés, même si ses décisions prises en ce sens ne sont pas toujours appliquées.
Au regard de tout cela, on peut globalement considérer que le Ministre de l’Administration territoriale n’a exprimé qu’un avis personnel, même s’il peut être partagé par certains de ses collègues du gouvernement.
A la vérité, les médias Camerounais dans l’exercice de leurs missions d’information, d’éducation et de divertissement font à de nombreux défis au quotidien dans leur déploiement avec la succession des crises dans le pays.
De la crise sécuritaire provoquée par la secte islamiste Nigériane Boko Haram contre qui l’armée livre une guerre dans la région de l’Extrême-Nord depuis 2014, jusqu’aux tensions post-électorales nées à l’issue de la présidentielle du 07 octobre 2018, en passant par la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis octobre 2016, les journalistes et les médias subissent des pressions de divers ordres.
Globalement, ils tiennent bons dans leur diversité en dépit de quelques dérapages. Il convient également de signaler que de nos jours, avec l’éclosion des réseaux sociaux, la presse traditionnelle censure moins et permet en tant que médiatrice sociale,

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste Éditorialiste, Conseiller éditorial de panorama papers.
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de relayer au près des décideurs, les opinions des gouvernés, les voix des sans voix en somme. Ce rôle est central et important pour la pratique de la bonne gouvernance et la démocratie.
En outre, les dirigeants doivent permanemment avoir à l’esprit que, ce qui est prioritairement considéré comme information pour le journaliste, c’est le train qui arrive en retard et non celui qui arrive à l’heure, et que les médias ne sont plus considérés seulement comme un quatrième pouvoir à côté des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, mais aussi comme un véritable contre-pouvoir à tous les pouvoirs.


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