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« Il convenait de mettre de côté les querelles politiciennes et de présenter un front commun. Certains dirigeants politiques qui n’appartiennent pas à la majorité gouvernementale se sont exprimés dans ce sens. Je les en remercie », a reconnu Paul Biya en jetant de toute évidence certains de ses ministres dans l’effroi. Ici, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il a voulu que tous comprennent qu’il s’agit de Maurice Kamto et de ses amis de Survie-Cameroon-Survival-Initiative (Scsi). Que Paul Biya en vienne à remercier Maurice Kamto et Penda Ekoka pour leur initiative humanitaire, est un sacré pied de nez au zèle de quelques ministres et autorités administratives qui ont freiné des quatre fers pour que cette initiative avorte, au nom du respect de la loi.

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Eux qui sont aux yeux de l’Administration des sortes de pestiférés avec la distribution grandeur nature des masques et des solutions hydro-alcooliques à travers le pays ! Mais il y a tout de même une nuance dans ses propos, comme s’il mettait Maurice Kamto et son gouvernement dos-à-dos. « J’invite particulièrement tous les responsables politiques, tous les hommes de religion, tous les leaders d’opinion, tous les responsables d’associations, tous les chefs traditionnels et tous les corps constitués à continuer à s’investir pleinement dans ce combat contre le Covid-19.

Bien entendu, tout ceci dans le cadre fixé par le Gouvernement et dans le respect des lois et règlements de la République », poursuit-il plus loin, comme pour dire à ses ministres qui s’opposent à l’initiative humanitaire lancée par Maurice Kamto de continuer dans le sens de l’exigence du respect de la loi et des règlements de la République. Le leader du Mrc à plusieurs reprises et cela il l’a entériné ce 19 mai, ne cesse de marteler que le Scsi n’est pas une association même si dans les jours à venir, il pourrait en être le cas.

De toute évidence, de ce qui s’apparente à une confusion, il appert clairement que Paul Biya salue l’initiative de Scsi. La question lancinante, est la récolte des retombées politiques qui peuvent découler de la lutte contre le Covid-19. Sur les antennes de Rfi ce 21 mai, un des vice-présidents du Mrc, Me Emmanuel Simh en l’occurence, disait clairement que c’est le Rdpc qui politise la guerre contre le Covid-19 en procédant à la remise des dons au nom du président de la République.

Ce à quoi Grégoire Owona, le Secrétaire général adjoint au Comité central du parti présidentiel, rétorquait qu’il faut laisser le Mrc dans son jeu qu’il mène pour exister. Les uns et les autres ont-ils réellement perçus la dimension de la menace du Covid-19 sur le Cameroun ? « Vous l’aurez compris, il nous faudra beaucoup d’efforts pour mener la lutte contre le Covid-19 qui peut devenir une menace à la stabilité de nos Etats », voilà que le numéro un camerounais indexe le potentiel déstabilisateur du pays : le Coronavirus. Il faut de ce fait le combattre dans l’unité, la solidarité et la discipline. « Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné », a exhorté Paul Biya.
Solidarité en berne
Paul Biya a remercié l’opposition pour son initiative de combattre le Covid-19. Il en ainsi allé de toutes les bonnes volontés qui s’y impliquent. Là où le bât blesse est cette sorte de réticence de contribuer à l’effort financier de guerre à travers le Fonds spécial de solidarité nationale. « C’est pour moi le lieu de féliciter les concitoyens qui ont déjà versé des contributions.

Léopold D’assistance Ndjidjou, Journaliste éditorialiste.

J’invite ceux qui le peuvent, à en faire autant. La solidarité nationale l’exige », a-t-demandé. Pourquoi les contributions dans cette cagnotte sont-elles si lentes ? Cela s’est si bien traduit au point où Paul Biya a décidé de faire des dons de 2 milliards en marge de ce Fonds. Il y a aussi qu’au Cameroun, la suspicion de détournement de deniers publics peut être un handicap à cet élan demandé par Paul Biya. Par ailleurs la haute administration et les pouvoirs publics ne se sont pas encore impliqués à la hauteur des attentes, comme il en va souvent dans le cadre politique.


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