Paul Chouta, journaliste-lanceur d'alerte.
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Arrestation de Paul Chouta, des militants et sympathisants du Mrc et Cie : Une dérive autoritaire inacceptable.
Dans la nuit du 28 mai 2019, vers 20h au carrefour Biyem-Assi, Paul Chouta, blogueur-journaliste, a été arrêté par six antigangs, qui l’ont conduit, directement, dans les geôles de la Direction de la police judiciaire (Dpj) sis à Elig Essono à Yaoundé. Sans mandat d’arrêt, encore moins une convocation déterminée, Paul Chouta a été arrêté par les antigangs, au travers d’un de ses camarades de l’Isti au campus de Nkol-Bisson illégalement interpellé et subtilement intimidé et cuisiné.

Depuis dix(10) jours et après avoir passé près d’une semaine sans droit de visite, le web journaliste, qui offre ses services à « Cameroonweb », est toujours détenu en raison d’une plainte pour « diffamation » déposée, dit-on, par Dame Calixte Beyala, relève l’enquêteur du contentieux, depuis un mois. Plainte confirmée le 29 mai 2019 par la plaignante au cours d’une confrontation l’opposant à Me Emmanuel Simh devant M. Awono, l’enquêteur en question.

Après avoir été déféré le 3 juin 2019 au parquet du Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, nous avons été surpris de la décision du procureur de son renvoi dans les geôles de la Dpj sur la base d’une simple plainte pour « diffamation » pour « complément d’enquête ».

Dans la même lancée, et dans la journée du 18 mai 2019, à 48 heures de la célébration de la fête nationale au Cameroun, Jules Raymond Amana et trois de ses congénères ont, eux aussi, été interpellés à la poste centrale de Yaoundé par des bidasses et conduits dans les cellules de la Dpj, où ils sont toujours écroués sans que l’on ne sache, concrètement, ce qui leur est reproché. Il en est de même de plus de cinq cents cadres, alliés politiques, militants et sympathisants du Mouvement de la renaissance du Cameroun (Mrc) ayant subi des violences, tortures et autres traitements dégradants.

Plus de la moitié d’entre eux ont été écroués à la prison centrale de Yaoundé où ils croupissent encore dans les cellules infestes comme celles de la police judiciaire de Douala, ceci suite aux manifestations pacifiques (marches blanches) qui se sont déroulées les 26, 28 janvier et le 1er juin 2019 dans plusieurs villes camerounaises.

Face à cette dérive autoritaire, les organisations de la société civile camerounaise :

Relèvent que le gouvernement du Cameroun et, plus particulièrement, les auteurs de ces actes se rendent coupables de violation des lois de la république et des instruments internationaux ratifiés par l’Etat du Cameroun, notamment ;
le Code de procédure pénale, en son article 30 alinéa (4) : « Aucune atteinte ne doit être portée à l’intégrité physique ou morale de la personne appréhendée » et l’article 37 « Toute personne arrêtée bénéficie de toutes les facilités raisonnables en vue d’entrer en contact avec sa famille, de constituer un conseil, de rechercher les moyens pour assurer sa défense, de consulter un médecin et recevoir des soins médicaux, et de prendre les dispositions nécessaires à l’effet d’obtenir une caution ou sa mise en liberté »
L’article 122 du Code de Procédure Pénale, dans ses alinéas 1 et 3 relatifs au droit de visite et d’assistance judiciaire,
L’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 1984.

1) Dénoncent les autorités judiciaires qui se laissent instrumentaliser par les réseaux mafieux à travers des procédures judiciaires biaisées et galvaudées.

2) Condamnent, de manière systématique et énergique :
– La prise en otage des libertés publiques (manifestations et réunions) par des autorités administratives à travers les interdictions intempestives des acteurs sociaux (leaders politiques, de la société civile et autres activistes) en violation des lois et normes de la république.

– la multiplication des Kidnappings/arrestations, de jour comme de nuit, sans mandat d’arrêt ni notification formelle nécessitant une éventuelle intervention de la police judiciaire.

– la garde à vue, pendant plus de 7 jours, d’un honnête citoyen sans droit de visite sur la base d’une simple plainte pour « diffamation »
Exigent
– La libération de Paul Chouta et de toutes les personnes arrêtées citées plus haut
– Le respect scrupuleux des lois par les autorités administratives et des procédures par les autorités judiciaires
– La comparution libre si nécessaire des présumés coupables en attendant leur inculpation formelle.

– Fait à Yaoundé ce 6 juin 2019 par :
– Dynamique Citoyenne
– Réseau intersyndical du Cameroun
– Un Monde à venir
– Centrale Syndicale du secteur public
– Association Fondation Conseil Jeune
– Nouveaux Droits de l’Homme.


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