Yaoundé - Cameroon hosting the services of the Prime Ministry, Prime Minister Chief Dr. Dion Ngute Joseph.
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Depuis hier (lundi, 16 septembre 2019), le planning prévisionnel des consultations du Premier ministre en prélude au grand dialogue national convoqué par le Président de la République circule sur les réseaux sociaux. Au regard de la litanie des figures, des leaders d’opinion et des réseaux associatifs devant être reçus dès ce mardi, 17 septembre 2019, il y a des curiosités qui méritent d’être relevées.
1. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais est une organisation politique au même titre que d’autres formations politiques de l’opposition, dont les leaders vont être reçus. Mais visiblement, le parti au pouvoir est érigé en institution de la République au point où le Secrétaire général du comité central bénéficie d’un statut particulier. Du coup, une question taraude l’esprit des uns et des autres, celle relative à la distinction singulière créée manifestement entre le Rdpc et les autres partis politiques de l’opposition camerounaise. Sans conteste, l’image de parti-Etat ou de parti-Institution est, très vite, servie à l’opinion publique nationale et internationale.
2. Sur le listing des personnalités et des délégations, ne figure qu’une seule organisation de la jeunesse, en l’occurrence le Conseil national de la jeunesse du Cameroun (Cnjc). L’on dirait que le système gouvernant en place n’adoube que cette instance comme organe représentatif de la jeunesse. Pourtant, cette instance est phagocytée, happée et noyautée par les cercles du pouvoir et, singulièrement, par le ministère de la Jeunesse et de l’Education civique (Minjec). Jamais, le Cnjc n’a été dissident à l’égard de l’ordre dominant établi, jamais cet organe n’a créé une levée de boucliers vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé vu les formes de disqualification, d’oppression, de discriminations et de sous-évaluation dont certaines associations de jeunes sont victimes au quotidien.
3. Dans ce planning, il n’y a qu’une seule association de journalistes comme figurante, à l’instar de l’Union des journalistes du Cameroun (Ujc), dont la dernière assemblée générale ordinaire s’était tenue le 12 juillet 2008 à Yaoundé. Cette instance avait, à l’époque, désigné, par vote, la liste des journalistes devant conduire, pour un mandat de deux ans, l’Ujc conformément aux statuts. Charlie Ndi Chia, qui avait été élu président, fait office, depuis des années, de membre du Conseil national de la communication (Cnc), tout autant que Christophe Bobiokono, alors Secrétaire général de cette association. Henriette Ekwe Ebongo en est la 1ère vice-présidente, qui va, sans doute avec sa convenance, représenter la délégation de l’Ujc aux côtés de Nta A Bitang, 2ème vice-président.  Seulement, le mandat de ces ayant droits de l’Ujc est déchu depuis juillet 2010. Aucun syndicat des journalistes n’a, dûment, été convié à ces consultations, de même que d’autres associations de journalistes, dont la notoriété est établie. Pourtant, il en existe dans le kaléidoscope médiatique local. Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), le Syndicat des journalistes économiques du Cameroun (Sjec), Camsej (Cameroon association of english speaking journalist), le club des journalistes politiques en sont quelques exemples.
4. Il apparaît, dans ce planning, que le terme “leader d’opinion” est biaisé et galvaudé. Pour le Premier ministre, seuls les candidats à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 sont considérés comme des leaders d’opinion en dehors du Cardinal honoraire, son Éminence Christian Tumi, dont l’identité est mentionnée en dernière position dans cette catégorie. Comment, honnêtement, peut-on assimiler des postulants à la présidentielle à des leaders d’opinion? Certes, certains parmi ces candidats malheureux sont des leaders d’opinion,mais faut-il les appréhender, tous, comme des leaders d’opinion? Que nenni! Quelques-uns parmi ces derniers ont, carrément, disparu de l’espace public depuis la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel. C’est le cas du Pasteur Ndifor Franklin Afanwi, dont les positions sur la crise sociopolitique actuelle ne sont guère connues. Personne n’a noté une réapparition de cette figure au lendemain de la publication des résultats du scrutin.
5. De plus, dans la catégorie “leaders d’opinion”, l’on ne perçoit que des hommes-leaders parmi les sept recensés. Pourtant, dans le champ national, il existe également des femmes-leaders d’opinion susceptibles de représenter, valablement, la catégorie féminine dans cette plateforme du dialogue national. Sans conteste, le pouvoir de Yaoundé fait tabula rasa de la composante “Genre”, en excluant les femmes-leaders d’opinion. L’on ne saurait lister uniquement les noms des hommes-leaders d’opinion quand on sait que bien de femmes-leaders d’opinion existent autant au sein de la couche politique que dans le registre de la société civile. Sans prétention à l’exhaustivité, il y a Edith Kabbang Walla, présidente nationale du Cpp (Cameroon people’s party), Maximilienne Ngo Mbe, Directrice exécutive du Réseau des droits humains en Afrique centrale (Redhac), Cyrille Rolande Bechon, Directrice exécutive de Nouveaux Droits de l’Homme (Ndh), Justine Diffo Tchunkam, Présidente de l’Ong “More women in politics”, Etonge Mayer, Secrétaire générale de la Commission nationale des droits de l’homme  et des libertés, etc. Cette liste est indicative. De toute évidence, l’absence des femmes-leaders d’opinion est une discrimination de genre avérée et patentée.
6. Dans le fichier des partis politiques représentés au parlement camerounais, huit font partie intégrante de ce planning excepté l’Union démocratique du Cameroun (Udc), dont le Président national est Adamou Ndam Njoya. Le nom du leader de l’Udc ne figure même pas aussi dans la catégorie des leaders d’opinion dûment invités à la table des consultations. Or, Ndam Njoya était aussi l’un candidats à la dernière présidentielle. Comment donc expliquer la présence de certains comme leaders d’opinion et l’absence de la tête de proue de l’Udc? Cet ancien ministre de l’Education est l’une des figures emblématiques ayant participé à la Tripartite de 1991 aux côtés des autres leaders politiques de l’opposition ayant organisé les villes mortes à l’époque. La non-présence du nom de Ndam Njoya qui plus est avait toujours prôné le dialogue national inclusif lors de l’évaluation du 27ème anniversaire de la Tripartite en 2017 est une curiosité. Peut-être sera-t-il nommé médiateur dudit dialogue national. Ceci reste une conjecture scolastique.
7. L’absence des représentants des groupes armés est une autre curiosité non des moindres. En effet, sur ce planning, aucun nom des leaders des groupes séparatistes ne figure. Pourtant, il existe douze organisations sécessionnistes, dont les leaders ont fait parvenir un mémorandum, dont la trame consiste à faire savoir au Président de la République qu’ils rejettent sa main tendue. Ebenezer Akwanga et Cie estiment, tous, que la convocation du dialogue national, par Paul Biya, dans son message adressé à la nation camerounaise le 10 septembre 2019 est une autre forme de distraction créée par le dirigeant camerounais.
8. L’Union des populations du Cameroun est, dûment, conviée à la table des consultations. Les ayant droits reconnus au dernier congrès ordinaire du parti historique sont Habiba Issa, Présidente nationale, et Pierre Baleguel Nkot, Secrétaire général. Mais comme le pouvoir de Yaoundé affectionne la manœuvre de la manipulation et de la fragilisation de cette formation politique, quiconque ne sera guère ébahi par la réception de Robert Bapooh Lipot que le ministre de l’Administration territoriale (Minat) a nommé Sg de l’Upc quelques semaines avant la Présidentielle 2018. En conséquence, l’Upc administrative et l’Upc légale et légitime seront, à coup sûr, reçues par le Chef du gouvernement. Ou si le pouvoir joue un rôle vicieux, insidieux et périlleux, certains représentants risquent d’être disqualifiés au cas où Joseph Dion Ngute décide de ne recevoir qu’un seul mandataire. En tout cas, ce mercredi, 18 septembre 2019, l’opinion publique en saura davantage.

9. Il y a une foultitude de mouvements associatifs dûment conviés à la table des consultations alors qu’ils n’ont aucune qualification et aucune spécialisation dans la réflexion sur la résolution du problème anglophone, qui est une question éminemment politique et technique. Sinon, quelle peut être, par exemple,

Serge Aimé Bikoï, Journaliste éditorialiste, Rédacteur en Chef Panorama papers. Sociologue du développement
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la contribution des associations des femmes “buyam sellam” dans la dynamique de discussion autour du règlement de la crise sociopolitique contemporaine, dont l’épicentre se situe dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

10. Le timing reste et demeure questionnable à l’état actuel tant personne ne sait quelle est la date et quelle est la durée de ce dialogue national, quels sont les protagonistes à l’interne et à l’international devant croiser le verbe, quel en est le médiateur et quel en est le lieu.


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