Joseph Dion Nguté et Ni John Fru Ndi à Bamenda.
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Joseph Dion Ngute a aussi indiqué que Paul Biya va mettre sur pied dans les prochains jours un cadre de concertation pour mener ce dialogue, tout en invitant les combattants séparatistes à déposer les armes. Le Premier Ministre est attendu dans la région du Sud-Ouest cette semaine pour le même exercice.
Il y a lieu de saluer cette évolution de la position des autorités qui ont finalement compris que les mesures prises depuis le début de l’éclatement de la crise dans les deux régions anglophones , ne sont pas en mesure de résoudre en profondeur et de manière définitive les problèmes posés.
Après avoir déclaré que l’actuelle forme de l’Etat du Cameroun n’était pas négociable, question fondamentale au cœur de la crise anglophone, Paul Biya s’est finalement ravisé en n’excluant des futures discussions, qu’uniquement le sujet de la partition du Cameroun.
Maintenant il y a lieu d’ouvrir au plus vite le dialogue pour enrayer ce conflit qui affecte l’ensemble du pays et qui selon l’ONG International Crisis Group dans un rapport publié le 02 mai 2019, a fait 1850 morts durant les vingt derniers mois. Pour être constructif, le dialogue doit être franc et inclusif.
La franchise revient à mettre sur la table tous les sujets perçus comme étant les causes profondes et lointaines de la contestation anglophone. De nombreux intellectuels de l’aire culturelle anglophone et même des francophones en ont traité et proposé des solutions pour y remédier dans plusieurs publications.
Au début de la révolte à titre d’exemple, l’ancien Ministre David Abouem à Tchoyi par ailleurs, ex Gouverneur du Nord-Ouest et Sud-Ouest, a résumé le problème anglophone en six points :
1-la critique de l’Etat centralisé ;
2-le transfert des centres de décision à Yaoundé, loin des populations et de leurs problèmes ;
3-le non respect des engagements relatifs à la prise en compte de manière équitable des cultures et traditions institutionnelles, juridiques et administratives héritées des anciennes puissances administratives ;
4-le non respect des promesses solennelles faites pendant la campagne référendaire de 1972 ;
5-le changement du nom de la « République Unie du Cameroun » par la « République du Cameroun » ; et enfin
6-le non respect du bilinguisme au détriment de la langue de Shakespeare dans le secteur public alors que la constitution fait du français et de l’anglais, deux langues officielles d’égale valeur.
Voilà quelques indications qui peuvent minimalement servir de base de discussions inclusives.
Il faut en effet convier de manière la plus large possible en dehors des protagonistes directs du conflit, l’ensemble des forces vives de la nation camerounaise, car il s’agira de discuter de l’avenir d’un pays commun à tout le monde.

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste Éditorialiste, Conseiller éditorial de panorama papers.
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L’association de toutes les sensibilités pourra aussi permettre d’évoquer en plus du problème anglophone, d’autres sujets notamment politiques afin d’aboutir à une vaste réforme consensuelle de la marche du pays.
Les participants au dialogue devront en outre se débarrasser des préjugés, être de bonne foi et surtout, être prêts à faire des concessions.
Certaines mesures de détente à l’instar de la libération des prisonniers politiques ou des personnes qui se présentent ainsi, peuvent détendre l’atmosphère avant l’amorce du dialogue.


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