Ambazonian Defensive forces
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Depuis le 9 mai 2019, le Premier ministre a fait savoir, au cours de sa visite officielle dans le Nord-Ouest, que le Chef de l’Etat est prêt à dialoguer pour la restauration de la paix dans les zones anglophones en proie à la crise. Le même message d’appel au dialogue est prôné dans le Sud-Ouest depuis hier (mardi, 14 mai 2019) par Joseph Dion Ngute, qui a entamé une autre mission officielle dans cette partie du pays. A 48 heures de la clôture de cette tournée, le débat achoppe autour des conditions d’un véritable dialogue et, au premier abord, autour de ses préalables.
Le dialogue est la modalité de résolution du conflit armé qui sévit depuis quasiment trois ans dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Avant d’implémenter les déterminants du contenu de ce dialogue politique inclusif tant souhaité par le bas-peuple, il est opportun de tenir compte des préalables au rang desquels figurent le dépôt des armes par des séparatistes et l’abandon des casernes militaires par les forces de défense et de sécurité de la République. A ces deux conditions prémonitoires, se subordonnent la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers concernés par la crise sociopolitique actuelle, la nomination, sur des bases claires, d’un médiateur dans l’optique du règlement de cette crise, l’acceptation des observateurs neutres sous-régionaux et le report des élections locales, qui ne sauraient se tenir sans un retour à la paix dans les zones anglophones. Par la suite, il est idoine de faire connaître à l’opinion publique nationale et internationale le calendrier du dialogue. Il s’agit, en effet, de l’agenda que doit définir le pouvoir de Yaoundé. Pour éviter des biais dans la construction d’un véritable dialogue politique inclusif, il est nécessaire qu’il y ait un consensus non seulement autour du choix de la figure devant réguler le canevas de la médiation, mais aussi et a fortiori autour des modalités des équipes appelées à constituer les personnalités socio-politico-religieuses invitées à dialoguer.
Relativement au contenu du dialogue annoncé, bien que le système gouvernant en place récuse et refuse de traiter de la sécession, cet invariant risque de constituer un biais dans l’activation de ce creuset d’échanges. En effet, il est toujours impératif, dans l’optique d’éviter des cas de frustrations, de tenir compte des propositions, des idées, des problématiques, des besoins, des objectifs, des logiques sociales et culturelles et des représentations des forces en présence. Exclure, a priori, l’idée de la sécession est, d’ores et déjà, un déterminant susceptible de raviver les velléités conflictogènes, voire les passerelles crisogènes et d’enliser, par corollaire, la situation sociopolitique contemporaine. Il vaut mieux intégrer cette modalité et trouver les voies et moyens pour en discuter, de manière sérieuse et rigoureuse,  avec les protagonistes, qui en sont, d’ailleurs, des laudateurs.

Lorsque cette variance du contentieux historique est réglé, il sera temps d’engager alors le dialogue politique inclusif proprement dit sur la gouvernance politique, sociale, économique et culturelle du Cameroun en butte, aujourd’hui, à des pesanteurs et à des lenteurs de la mal gouvernance qui date, mieux qui perdure depuis plus de trois décennies. Font partie intégrante de cette thématique globalisante la dévolution du pouvoir politique et économique, la restructuration de la forme de l’Etat, la durée du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle, la refonte du Code électoral et la reconstruction du système de répartition et de redistribution des richesses en proie à des inégalités indénombrables dans les strates bureaucratiques.  Les balises des joutes étant posées, seules la franchise et la sincérité des échanges entre l’hétérogénéité des leaders et acteurs permettront, à coup sûr, de déboucher sur un moment d’aplanissement des divergences, de

Serge Aimé Bikoï, Journaliste éditorialiste, Rédacteur en Chef Panorama papers. Sociologue du développement
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cohésion et, au besoin, de réconciliation nationale. Cette phase mérite d’être franchie sans a priori, sans condescendance, sans vergogne et sans anicroches.

Quiconque en a besoin pour la restauration de la paix et de la sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du sud-ouest Cameroun. Les vieux démons de la tripartite de 92 doivent, de toute urgence, disparaître. C’est un impératif catégorique!!! Mettons tous la main à la patte pour la réussite de ce dialogue politique inclusif!!! C’est pour l’intérêt supérieur de la nation tout entière!!!!!


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