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Tout a commencé par la programmation, à 15h, de deux conférences de presse, en l’occurrence l’une de Paul Eric Kingue, directeur de campagne de Maurice Kamto, et l’autre de Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication. Conférence finalement reportée sine die. Arrivé à 14h au siège du Qg du candidat à la présidentielle du Mrc, grande a été la surprise des Hommes de médias de constater une forte présence policière sur les lieux.
Craintifs et prudents, certains journalistes rebroussent chemin. D’autres plus téméraires accèdent à la salle réservée aux organes de presse dûment accrédités. A moins dix minutes du début de cet échange public devant être entretenu par le Président national du Mouvement patriotique pour un Cameroun nouveau (Mpcn), formation politique alliée au Mrc dans le cadre de la coalition gagnante, un contingent d’agents de la police, sous la houlette d’un commissaire spécial, assiège le Qg de M. Kamto et contraint Olivier Bibou Nissack, porte-parole du président national du Mrc, et des dizaines de journalistes à libérer les lieux. Le fonctionnaire de la police, commandant des troupes, est porteur d’une note informative du Sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 1er, sur laquelle est mentionnée l’interdiction au staff du parti de Kamto de tenir toute manifestation publique sur le territoire de l’arrondissement de Yaoundé IVème. C’est une note signée de l’autorité administrative de ce giron. Après avoir donc quitté le siège du Qg du tireur de penalty sous forte escorte policière, le porte-parole de M. Kamto fait une déclaration dans un jardin situé devant la façade de la préfecture du Mfoundi non loin du Qg du prétendant à la magistrature suprême. Ulcéré, Bibou Nissack bat en brèche cet autre cas d’interdiction d’une conférence de presse qui, pour le communicant de l’homme politique, ne pose aucun problème de trouble à l’ordre public.
A 16h et 15mn, P. E. Kingue arrive sur les lieux et est, contre toute attente, sommé de rester au bas de la passerelle. Posté devant son véhicule accompagné de sa garde rapprochée, le directeur de campagne de M. Kamto appelle quelques journalistes avec qui il discute pendant une dizaine de minutes et leur donne rendez-vous dans un lieu déterminé à Yaoundé, où il donne finalement sa conférence de presse à partir de 19h et 25mn. Cinq points constituent l’armature de l’échange avec une poignée de journalistes:
Thierry Okala Ebodé et Maurice Kamto, après sa libération.
****** la publication des chiffres issus des travaux de la commission nationale de recensement général des votes;
****** l’excès de zèle et les formes d’intimidation et de menaces du ministre de l’Administration territoriale (Minat) exercées sur Kamto et les collaborateurs des partis politiques alliés;
****** le basculement des acteurs et des activistes socio-politiques dans la haine tribale au sein de l’espace public et sur la toile;
****** l’éventualité de la crise post-électorale au Cameroun;
****** La détention de Thierry Okala Ebode depuis huit jours dans les geôles de la direction régionale de la police judiciaire de Yaoundé.
Relativement au premier point, P. E. Kingue conteste les chiffres de la commission nationale de recensement général des votes que certains journalistes et acteurs socio-politiques ont publiés ces derniers jours. Le leader national du Mpcn relève que plus de 100 procès-verbaux des commissions locales départementales de vote n’ont pas été signés par des mandataires des candidats à la présidentielle et se demande comment Emile Essombe, figure de proue de cette instance, a pu accréditer, avec ses pairs, les chiffres d’un tel acabit. Kingue fait savoir que le président national du Mrc va présenter, ce mardi, 16 octobre 2018 au rôle du palais des congrès de Yaoundé, lors du contentieux post-électoral, l’ensemble des procès-verbaux des commissions locales départementales et régionales de vote. Question de démontrer, manifestement, que M. Kamto a gagné l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Wait and see!
Après près de deux heures d’échange avec une brochette d’Hommes de médias, O. Bibou Nissack, présent aussi sur les lieux, joint au téléphone Emmanuel Simh, 3ème vice-président national du Mrc. L’avocat au barreau du Cameroun lui fait savoir, sur le champ, que Thierry Okala Ebode vient d’être libéré et se trouve avec lui dans la résidence de Kamto sis au quartier Santa Barbara à Yaoundé. C’est sur ces entrefaites que le porte-parole du postulant au fauteuil présidentiel du Mrc, Thierry Biassi, militant dudit parti, et des journalistes se séparent de P. E. Kingue et se rendent, pour les uns, chez le président national et, pour les autres, rentrent dans leur domicile non sans être en butte à une lassitude avérée et patentée.


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