Grave accident sur l'axe Douala - Yaoundé -- Image archive-
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Etat des lieux

Chaque année, les routes camerounaises font en moyenne 1200 décès et, les dégâts matériels sont estimés à plus de 100 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les accidents engendrent 4000 à 5000 blessés dont des dizaines de personnes handicapées à vie.

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Les statistiques démontrent que les axes Douala-Yaoundé et Yaoundé-Bafoussam-Douala sont les plus « accidentogènes » du pays, avec près de 70% de sinistre. Selon une note publiée  il y a quelques mois par l’ONG Secouroute, malgré la multiplication des campagnes de prévention et de sécurité routière, les accidents routiers sont allés crescendo jusqu’à devenir l’une des principales causes de mortalité au Cameroun, après le paludisme, les cancers et les décès liés aux accidents cardio-vasculaires (Avc).

Au ministère des transports, l’on affirme que la plupart des accidents sont causés par l’excès de vitesse, les dépassements hasardeux, l’état des véhicules ainsi que d’autres facteurs liés à la fatigue et aux distractions en pleine route.

Grave accident sur l’axe Douala – Yaoundé — Image archive-

Passif en matière d’excès de vitesse de chacune des  compagnies  de voyage

Le bilan dressé au ministère des Transports est effrayant : En plus des 4181 cas enregistrés en 2018, l’on compte depuis le 23 novembre 2018 jusqu’à ce jour, un total de 8360 cas d’excès de vitesse.

Ayant choisi une période de référence de cette phase de 06 jours allant du 23 au 29 décembre 2018, il a été  enregistré un total de 1439 cas d’excès de vitesse dans lesquels :FINEXS totalise 292 cas d’excès de vitesse – TRANSCAM totalise 138 cas d’excès de vitesse – BUCA Voyages totalise 111 cas d’excès de vitesse – GARANTI EXPRESS totalise 109 cas d’excès de vitesse – TOURISTIQUE EXPRESS totalise 106 cas d’excès de vitesse – GENERAL totalise 102 cas d’excès de vitesse – UNITED EXPRESS totalise 58 cas d’excès de vitesse.

A ces cas d’excès de vitesse, s’ajoutent les pratiques telles que : Les surcharges, car faut-il le rappeler, tous les accidents susmentionnés faisaient état de cas de surcharge dans les procès-verbaux transmis y relatifs. L’on y mentionne aussi les cas de conduite sans permis de conduire.  La présence des vignettes de visite technique automobile en inadéquation avec l’état technique des véhicules et parfois non reconnus, des centres de visite technique émetteurs.

Les cas de fatigue au volant dus au non-respect des heures de repos et de conduite, suite à l’absence de salle de repos chauffeur ou de l’existence des salles de repos chauffeur non aménagées ou mal entretenues.

A ce sujet, pour ceux qui ne le savent pas, les études scientifiquement menées ont révélé qu’un conducteur qui dort 5h/J, est un conducteur en état d’ébriété. Et un conducteur qui dort 4h/J, à 10 fois plus de risque de faire un accident que les autres.   Des cas de mauvais dépassement et de chevauchement de la ligne continue y ont été également mentionnés.

Actions menées par le gouvernement

Au cours d’une concertation organisée dans la salle des conférences du département ministériel dont il a la charge mardi, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehe, le ministre des Transports a parlé des actions menées par le gouvernement afin d’inverser la tendance, tout en sanctionnant les auteurs des accidents de circulation. Il a donné sept principales directives, qui vont permettre, si elles sont respectées, d’inverser la tendance actuelle.

La  mise  en place d’un planning de rotation des chauffeurs pour permettre leur repos systématique après un temps de conduite raisonnable

 L’aménagement des espaces salubres et paisibles pour le repos des chauffeurs

L’affiliation  tous les personnels à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale

Le recyclage systématique de tous les chauffeurs

Le passage systématique des véhicules au contrôle technique périodique

La soumission du  personnel navigant aux tests médicaux périodiques (acuité visuelle et auditive, reflexes)

La prescription  du  respect scrupuleux des règles de circulation routière aux     chauffeurs à travers une clause contractuelle en bonne et due forme.

La voiture du Pr. Kontchou après l’accident

Par ailleurs, le Ministre des Transports a  instruit les équipes de préventions routières d’engager des opérations spéciales à résultats rapides, en vue de veiller au respect des règles de sécurité sur nos axes routiers, et de lui faire tenir pour sanction administratives appropriées, les références précises des conducteurs indélicats et des compagnies de transport concernées.

A cet effet, des décentes inopinées seront régulièrement effectuées sur les axes routiers et dans  leurs  différents terminaux par ses services compétents pour s’assurer de la conformité de leurs équipements et de leurs situations administratives respectives.

Un accent sera particulièrement accordé à la tenue du planning de rotation des chauffeurs (heure de départ et heure d’arrivée), des salles de repos pour les chauffeurs, la catégorie du permis de conduire de chaque chauffeur et, le cas échéant, de son certificat médical.

En plus de ces mesures, les conducteurs qui seront désormais pris en excès de vitesse seront sanctionnés par la suspension de leurs permis de conduire et le retrait de ceux-ci en cas de récidive, car il a été donné  au Ministre  selon ses propres déclarations, de constater que les usagers de la route ont intégré le paiement des amendes dû à l’excès de vitesse comme une activité ordinaire.

Toujours dans son propos d’entame de réunion, le  Ministre des Transports a tenu à préciser qu’il vient  de procéder à l’acquisition de nouveaux radars semi-portatifs de dernière génération qui seront mis à contribution dans les tous prochains jours pour la lutte contre les accidents de la circulation routière liés à l’excès de vitesse.

Celles des compagnies de transport routier interurbain des voyageurs n’ayant pas cru devoir régulariser leur situation administrative après la vaste campagne d’audit qui s’est déroulée sur l’ensemble du territoire national en février dernier, seront maintenues sur le coup de la suspension.

Pour  ainsi  garantir le suivi de l’application de cette décision de suspension afin d’amener l’ensemble des agences de voyages à se conformer, le Ministre Ngallè Bibehe  a saisi les Gouverneurs de régions afin qu’ils veillent à la stricte application de cette mesure de suspension.

Photo d’illustation: accident de circulation, Cameroun

Il a  également instruit les Délégués Régionaux des Transports de lui  faire parvenir dans les meilleurs délais la liste des agences de voyages qui exercent leurs activités en dehors des points de chargement et sans autorisations préalables, pour sanctions appropriées. Hier 09 juillet 2019 le Ministre des Transports a saisi l’ occasion  à lui offerte  par cette réunion de  concertation  pour  rappeler à tous les promoteurs d’agences de voyage que des tensions sociales liées à la pratique du transport routier clandestin en zone urbaine dans l’enceinte de leur agences de voyages sont en gestation.

Pour le reste, le Mint a invité les uns et les autres  à un sens élevé de responsabilité pour intégrer les différentes mesures à venir, non pas comme une contrainte mais comme des mesures visant à les  encadrer, car l’inflexion durable de la courbe des accidents de la circulation routière au Cameroun est une affaire de tous.

Dans le souci de moderniser leur  secteur d’activité, le Ministre des Transports a pris l’engagement  de leur faire  parvenir leur  cahier de charges, élaboré d’ailleurs de concert avec eux, lequel sera leur  boussole en ce qui concerne tous les aspects liés à la gestion technico-administrative de leurs  différentes structures.


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