Ernest Dikoum, Dg Camer-co
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C’était déjà connu que le transporteur avait un problème de sous-effectif chez les pilotes et mécaniciens qui accumulaient des heures de vol supplémentaires contre leur gré. La fatigue physique!

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Mais grave, voilà que depuis bientôt 03 mois, les pilotes et mécaniciens d’avions de la compagnie nationale du Cameroun n’ont plus de salaire.

Un pilote de CamairCo qui a requis l’anonymat raconte : ” les pilotes sont des personnes très motivées. Ils aiment faire le travail… Mais le stress commence à s’introduire et avec insistance, la sérénité mentale aussi… alors que nous devons nous concentrons sur l’exécution de nos vols avec toute la quiétude possible, en l’air on se laisse vite emporter par ses soucis financiers et la peur du lendemain. Depuis le début de l’année 2019, j’ai reçu une seule paie de salaire, celui du mois de janvier…Je pense qu’en raison de la stigmatisation derrière tout cela, de la peur de perdre son emploi, beaucoup de collègues gardent cela caché.”

C’est actuellement 05 pilotes sur MA60 et 04 pilotes sur Bombardier Q400 qui sont concernés. Et pourtant ca continue de voler tant bien que mal. Mais le sourire n’est pas au rendez-vous encore moins le moral.

A ceux-ci, il faut ajouter 15 pilotes( en chômage technique) qui volaient jusqu’ici sur les deux Boeing 737NG cloués au sol, depuis février, pour défaut d’argent pour la maintenance de leurs moteurs.

La compagnie dispose également deux expatriés dont un gabonais, pilote sur MA60 et un commandant de bord de nationalité anglaise sur Boeing 737.

Cette situation qui perdure concerne en outre les ingénieurs dont certains indiquent subir un stress considérable en raison du non-paiement des salaires. «Nous, les ingénieurs qui inspectons, dépannons et certifions la navigabilité des avions de transport en commun, subissons un stress énorme en raison du non-paiement des salaires depuis trois mois », témoigne l’un rassurant toutefois que la flotte de la compagnie restait sûre et bien entretenue.

Cette insistance sur ce personnel “critique” est assez représentif de la situation que subit, en réalité les plus de 500 employés du fleuron national camerounais.

Du côté de la Direction, on semble dire que la situation pourra revenir à l’ordre dans un délai raisonnable. Que du bla bla bla, estime le personnel qui envisage désormais un ralentissement d’activités pour de faire entendre leur voix.

En rappel, au 31 décembre 2018, CamairCo qui compe 543 employés enregistrait un déficit de 1.9 milliards de FCFA. Des six avions en flotte, elle exploite actuellement deux appareils ( un MA60 et un Bombardier Q400). Avec des caisses vides, un personnel complètement démotivé, Ernest Dikoum veut jouer ses dernières cartes. «Nous irons où il y a les moyens pour relever cette compagnie. Nous ne voulons plus dépendre de l’État, et la présence du président du Gicam témoigne de notre volonté de travailler avec le secteur privé pour relancer la compagnie nationale» le r11appelait t’il encore en février au cours d’une réunion avec le secteur privé.

Mais hélas pendant ce temps, CamairCo continue désespérément de s’enforcer et ses pilotes tanguent dangereusement vers la dépression sévère


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