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Près de trois mois seulement après leur nomination, le torchon brûle entre le président du conseil d’administration (Pca), Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe et Louis Georges Njipendi, le directeur général (Dg) de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co). Dans une correspondance datée du 20 août dernier, le Pca désapprouve les décisions du Dg, prises la veille. En effet, ce dernier, d’après ladite correspondance, a engagé « un redéploiement massif du personnel entraînant de ce fait un accroissement de la masse salariale, alors qu’il est question de maîtriser les charges pour tendre vers une autonomisation financière de la compagnie ; des nominations de certains responsables sans accord préalable du Conseil d’administration ; la désignation de certains personnels à des postes non encore intégrés dans les textes organiques », énumère le Pca.

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Rappel du cahier des charges

Et celui-ci de rappeler au Dg le cahier de charges à lui assigné lors de la passation de service. Au nouveau Dg installé le 27 mai dernier, Ngalle Bibehe, en qualité de ministre des Transports, « avait instruit, entre autres, de réaliser un audit interne sur le plan des infrastructures, des ressources financières, matérielles et humaines, et de mettre l’accent sur le volet commercial de la compagnie ». En outre, il avait été demandé à Louis Georges Njipendi « de tout mettre en oeuvre pour stabiliser l’entreprise et bien maîtriser son environnement avant tout mouvement du personnel ».

Obligation de résultat pour le Dg

Exprimant son insatisfaction, le Pca astreint le Dg de la compagnie aérienne nationale à une obligation de résultat. Aussi, le somme-t-il « de procéder à l’annulation pure et simple de tous ces textes signés le 19 août 2019, jusqu’à la production des résultats de l’audit susmentionné et à la validation de l’organigramme de la société par un prochain Conseil d’administration ». Le portail des camerounais de Belgique. Depuis sa création en septembre 2006, la compagnie aérienne nationale brille très peu par ses performances. Au contraire, ce sont des crises qui s’enchaînent. Quand il ne s’agit pas de la flotte qui bat de l’aile, ce sont des batailles d’égo et des conflits de compétences qui empoisonnent l’ambiance au sein de la compagnie. D’où les changements récurrents et contre-productifs à la tête de l’entreprise. La preuve, on en est au sixième Dg en huit ans d’activités. Et la brune ne s’est toujours pas dissipée.

Riposte

Dans l’entourage du Dg de Camair-Co, l’on ne cache pas son étonnement et sa gêne sur cette lettre du Pca qui se retrouve « curieusement » sur les réseaux sociaux. Sur l’opportunité des actes posés par Louis Georges Njipendi, l’on indique qu’il est de Camair-Co comme d’un grand malade qu’il faut stabiliser avant toute chose. A en croire notre source, en attendant l’aboutissement de l’audit en cours, les actes du Dg s’inscrivent dans ce sillage. Il est question de consolider le chiffre d’affaires de l’entreprise, lequel est résolument en hausse depuis les trois derniers mois.

« Les postes (et fonctions) touchés par ce vaste mouvement sont à 70 % des postes vacants ; ce qui rend inopérant l’organigramme actuel et explique le nombre important d’agents qui gagnent un salaire à ne rien faire, à flâner à longueur de journée », précise-t-on. En outre, il est question de répondre à « un préavis de grève adressé avant l’arrivée du management actuel », précise notre informateur. Quant au casting proprement dit, il s’appuie, explique-t-on, sur la résolution du 17 mars 2018, portant modification de l’organigramme de Camair-Co, organigramme qui est à la base de ces nominations. L’on ajoute, péremptoire, que « l’ensemble du personnel s’accorde à reconnaître l’objectivité des choix opérés, qui non seulement réorientent les uns et les autres vers leur métier originel et donnent plus de chance aux jeunes. Bien plus, ils ne revêtent aucun caractère de chasse aux sorcières ».

Un proche de Louis Georges Njipendi estime que « l’actuel Dg a précédemment occupé le poste de Pca. C’est évident qu’il sait ce qui est de son ressort au plan réglementaire. Il sait également les leviers qu’il faut actionner dans l’urgence pour que le nouvel envol de la compagnie se consolide. Le procès qui lui est fait est injuste et s’appuie sur des élémentsinfondés ». Et de renchérir que « Camair-Co est véritablement tourné vers un nouveau cap, architecte de son destin avec l’aide des pouvoirs publics et la fidélité de sa clientèle. Assurément beaucoup reste à faire, mais l’on ne saurait jeter le bébé avec l’eau du bain », conclut-on.


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