Le collège des avocats de Maurice Kamto au contentieux post-électoral.
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L’Ordre des avocats prévient ensuite qu’à l’expiration de cette période, « d’autres mesures pourraient être prises s’il y a lieu.»
Parmi les raisons de leur colère, le Barreau affirme que très souvent le libre accès des avocats à leurs clients dans les lieux de détention : Secrétariat d’Etat à la Défense, Commissariat de police, Brigades de gendarmerie et prisons, leur est refusé.
Il constate aussi que les droits de la défense consacrés par les lois et les traités internationaux ratifiés par le Cameroun, sont de manière récurrente, violés tant à la phase d’enquête préliminaire, qu’à celle d’instruction et de jugement. A titre d’illustration à ce niveau, l’Ordre des avocats mentionne :
-l’audition et la conduite des débats dans les langues autres que celles des personnes poursuivies ;
-la comparution des détenus nus aux audiences publiques ;
-l’obtention des aveux par la torture et le dol ;
-la détention illégalement prolongée ;
-la transformation illégale des gardes à vue judiciaires en gardes à vue administratives ;
-les situations de maintien abusif en détention malgré les décisions de mise en liberté ;
– la non réponse à certaines requêtes des avocats et les refus de délivrer des décharges laissant traces écrites des correspondances.
Le Barreau constate aussi,
-l’exigence des frais de justice abusifs notamment la consignation aux taux disparates et illégaux ainsi que les frais de transports judiciaires exorbitants ;
– l’accaparement des dossiers par certains Chefs de juridictions, ce qui crée un engorgement artificiel à l’origine des lenteurs judiciaires inacceptables, ou encore, toujours en termes de griefs,
– la récurrence des violences physiques sur les avocats émanant des éléments des forces de l’ordre.
Les faits décriés par l’Ordre des avocats dans son diagnostic de l’état de fonctionnement de la justice camerounaise interviennent au moment où se déroulent des procès retentissants des personnes interpellées et jugées pour des infractions commises ou supposées, dans le cadre de l’exercice des revendications à caractère politique.
Même si l’opinion a pu être témoin de certains manquements relevés par les avocats dans la conduite de ces dossiers par l’administration judiciaire dans son ensemble, il faut souligner que les violations des règles de droit dans les couloirs de la justice sont perceptibles même dans des affaires qu’on peut qualifier d’ « ordinaires.»
La Commission Nationale Anti Corruption (CONAC) avait même dans ses premiers rapports annuels il y a quelques années sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun, consigné bon nombre des récriminations de l’ordre des avocats, comme étant des manifestations de la corruption dans le système judiciaire.
Depuis, rien ne semble avoir été fait pour remédier à la situation. Et pourtant, il suffit aux policiers, gendarmes et magistrats d’appliquer uniquement les textes en vigueur dans le respect de leur déontologie professionnelle et en leur âme et conscience.

Eric Boniface Tchouakeu, Journaliste Éditorialiste, Conseiller éditorial de panorama papers.
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Un tel comportement constitue un véritable bouclier de protection contre toutes les formes de pression.
En tout cas, au regard de la dernière résolution du Conseil de l’Ordre des avocats, chaque mis en cause : personne physique ou institution, doit faire son examen de conscience et s’améliorer.
Il en va de la crédibilité de la justice camerounaise dont l’image est suffisamment ternie autant chez les citoyens qu’à l’extérieur du pays ; car il ne faut jamais perdre de vue que la justice est essentielle à la pacification de la vie dans toute société.


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