Professeur Messanga Nyamding sur le plateau de Canal presse, l'émission de debat dominical de canal 2 international.
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La réflexion sur la présente thématique incline tout présentateur de débat à faire son “auto-critique épistémologique” relativement au choix des panélistes devant discuter des sujets relevant de l’actualité courante et ambiante relayée en semaine par la presse nationale et internationale. Il s’agit, en effet, d’une introspection permanente de tout Homme de média en posture de présentation de débat dans les radios urbaines et sur les chaînes de télévisions locales. Évoquons les modèles de débat et le casting non partisan des invités! L’idéal veut que si le présentateur de débat invite quatre panélistes à l’antenne, il est idoine d’avoir des représentants de toutes les formations politiques camerounaises. Mais comme c’est impossible, sont conviés aux joutes des mandataires des partis politiques les plus représentatifs en fonction de l’actualité qui les concerne ou en fonction de sa notoriété et de sa légitimité au sein du kaléidoscope politique. De plus, sont davantage visés, les entités politiques représentées au parlement camerounais lorsqu’il s’agit d’un débat constitué exclusivement d’Hommes politiques.

S’il s’agit, par exemple, d’un débat où ne sont conviés que des leaders et acteurs socio-politiques à l’envergure de “Policam” sur la Rts, sur les quatre panélistes dûment invités, il devrait, nécessairement, avoir un représentant du Rdpc, un représentant du Mrc ou du Sdf, un mandataire du parti politique allié au Rdpc (Undp, Andp, Upc, Fsnc, Paddec, Mdr, etc) et un leaders ou un acteur de la société civile. Tel que c’est conçu, il y a, d’un côté, deux représentants du côté partisan, en l’occurrence un cadre du parti au pouvoir et un militant de la formation alliée; et de l’autre, un représentant du Mrc ou du Sdf et un acteur socio-politique, dont la coloration est militante côté opposant. Vu sous cet angle, il y a un certain équilibrisme tant il existe deux qui vibrent au diapason de la classe politique du parti dominant et deux faisant partie intégrante de la mouvance iconoclaste.
S’il s’agit, à la différence, d’un débat entre des Hommes de médias comme il est de coutume les week-ends, il faut, impérativement, si l’on s’en tient à un certain équilibre, deux journalistes, dont la posture et le traitement éditoriaux sont identiques ou, du moins, semblables. Il y aura alors un journaliste de la Crtv-radio ou télé, un journaliste de l’Action et deux journalistes offrant leurs services dans des médias à capitaux privés, et dont la coloration éditoriale est diamétralement opposée à celle deux précédents intervenants. Sur ces entrefaites, un présentateur de débat a le choix entre inviter un journaliste de “Le Messager”, de “Le Jour”, de “Mutations” ou d’une radio ou chaîne de télévision privée locale. En réalité, cinq co-panélistes sont conviés au débat, tout en tenant compte d’une éventuelle contingence relative à l’absence de tel ou de tel autre. Cela participe des impondérables auxquelles les présentateurs de débats sont, souvent, en butte à quelques heures du lancement des joutes à l’antenne.
N.B.: Il vaut mieux, avant de convier tout acteur à un débat, savoir quel est son point de vue, sa grille de lecture sur tel ou tel sujet. Question de ne point se retrouver avec trois intervenants ayant le même courant de pensée et un panéliste qui se retrouve du côté opposé. Il sera alors seul contre tous. Toute chose qui témoigne, sans conteste, d’un déséquilibre dans le casting des invités. Il y a ce type de cas fait, incognito, par tel ou tel autre modérateur ou même fait exprès par un autre présentateur ayant, délibérément, choisi son camp. Ce qui a été présenté supra relève, a priori, d’un modèle-type du casting des panélistes soit dans un débat où il y a, exclusivement, des leaders et acteurs socio-politiques, soit dans un débat avec des journalistes. Au regard des mutations intervenues dans le re-modelage des débats du week-end, l’on s’aperçoit, qu’au-delà des Hommes politiques et des acteurs de la société civile dûment conviés aux échanges, il y a, en plus, un expert invité pour décrypter un ou des thèmes prévus. Un Politologue, un Sociologue, un Économiste, un Anthropologue, un Historien des Relations internationales ou un Géo-stratège peuvent être conviés à un débat en fonction de l’essence politique, économique ou culturelle de la thématique abordée.
********** Listing des anti-modèles
Dans le champ médiatique local, des anti-modèles répertoriés relèvent du fait que soit le medium où vous êtes appelé à débattre a choisi un camp donné suivant les exigences et contraintes du promoteur de cette entreprise audiovisuelle, soit du fait que le présentateur du débat a choisi le sien en fonction du magma d’intérêts et d’enjeux qui se dessinent en pareille circonstance. L’enjeu consiste à rendre le débat déséquilibré au profit de telle formation politique ou de telle autre. Ce cas est, très souvent, observé dans une chaîne de télévision locale tous les dimanches, où l’on constate qu’il y a, au-delà des représentants du Rdpc invités, deux autres consultants, l’un Politologue et l’autre Économiste; Tous les deux étant acquis à la cause de l’idéologie soutenue par cette chapelle médiatique. Pour brouiller les pistes et faire croire, au moins, que tous ne sont pas partisans, le présentateur invite un journaliste d’un medium à capitaux privés, dont la posture éditoriale est critique à l’égard du régime en place. Ce journaliste va se retrouver seul contre quatre partisans.Il se battra comme un diable pour contrecarrer les courants de pensée des quatre protagonistes, il n’y pourra rien. Sur ces entrefaites, celui-là est comme un dindon de la farce venu accréditer, inconsciemment, la mouvance partisane de cette corporation médiatique. Exemple-type: Lorsque sur un panel d’invités, vous avez Aboya Manasse Endong, Politologue et mandataire du Rdpc, Jean-Baptiste Amvouna Atemengue, mandataire du Rdpc, Mathias-Eric Owona Nguini, Politologue soutenant le régime gouvernant, Dieudonné Essomba, Statisticien, qui fait aussi corps avec cette entité médiatique en dépit quelques velléités d’extrémisme, il apparaît, manifestement, un casting partisan constitué de quatre intervenants dont les grilles de lecture sont, certes, un peu différentes, mais convergentes en substance. Dans l’optique d’injecter, dans ce sac de riz des partisans au système en place, une graine contestataire, le présentateur invite Souley Onohiolo, grand reporter au quotidien “Le Messager” pour laisser l’impression qu’il y a un journaliste d’obédience critique. De temps en temps, il y est aperçu aussi Claude Assira, avocat au barreau du Cameroun, qui a une teinte critique ou même Charlie Gabriel Mbock, Upéciste, Universitaire ou même Georges Alain Boyomo, Dp de “Mutations”. Quelle que soit la position critique que vous défendrez dans cet environnement, étant seul contre quatre, il y a, incontestablement, un déséquilibre voulu et manifeste, lequel trahit un casting, a priori et a posteriori, partisan et politiquement ou idéologiquement marqué.
C’est ce type de casting orienté et idéologiquement marqué qui est, dans la même veine, observé quand il s’agit des débats portant sur les droits d’auteur au Cameroun. Si un présentateur de débat culturel est, par exemple, en accord parfait avec Roméo Dika, président du Syndicat camerounais des musiciens (Sycamu), comme ce fut le cas à une certaine époque où ce dernier entretenait une collusion et une cohésion avec l’ancienne ministre des Arts et de la Culture (Minac), Ama Tutu Muna, tous les intervenants défendaient, systématiquement, le courant de pensée de cet artiste-musicien. La Radio des artistes, dont il est promoteur, servait alors de courroie de promotion de sa ligne idéologique, dont l’enjeu consistait à saper l’action des protagonistes, tels que Sam Mbende, Raymond Tchengang, Ndédi Eyango, etc. Tous les collaborateurs de ce promoteur lui faisaient allégeance il y a quelques années et flinguaient l’auteur de “mauvais chasseur” et le “prince des montagnes”. A l’époque, parmi les collaborateurs qui étaient mis à contribution pour commettre cette besogne, figuraient, entre autres, Le doux Marcellin, Billy Show, Saint Clément Ombga, Louis David Lobe, Engelbert Mfomo, Dominique Tita, Joly Volcano. N’étaient acceptés pour débattre dans cette radio que les partisans défendant l’idéologie de Dika. A cause du factionnalisme dans le droit d’auteur, des débats sont orientés en fonction du soutien accordé à Eyango, à Tchengang, à Ngaska ou à Mbende.
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Autant il y a le factionnalisme dans les débats culturels, autant il y a le factionnalisme et le partisanisme dans les débats de sport. Le clanisme prévaut aussi dans les milieux de sport et, singulièrement, dans ceux du football, où il y a les Iyaistes, les Tombistes, les Semengueistes, les Eto’oistes, les Happiistes, etc. Lorsque vous suivez, attentivement, certains débats sur l’antenne de certaines radios et sur certaines chaînes de télévisions locales, vous constaterez, à ,quelques exceptions près, que des présentateurs soutiennent, manifestement, un camp. Soit le présentateur est

Serge Aimé Bikoï, Rédacteur en chef Panorama papers, Sociologue du développement.

Tombiste (défenseur de Tombi) et invite plus les partisans de Tombi à Roko Sidiki, soit il est Happiiste ou Eto’oiste et convie plus de chroniqueurs défenseurs de Eto’o et Happi dans le souci de châtier les Tombistes. Chaque modérateur ayant, spécifiquement, un camp tire la couverture de son côté en raison des intérêts généralement pécuniaires et des enjeux éminemment intéressés qu’il visent à atteindre à court, à moyen et à long terme.


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