Basile Atanagana Kouna dans l'un de ses plus beaux jours
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Au cours du débat dominical “Zappresse” diffusé sur l’antenne de la Rts le 10 mars 2019, des panélistes ont, les uns, focalisé l’attention sur la scénarisation qui entoure la procédure de l’interpellation des bonnets de la République dans le cadre de l’opération “Épervier”. En effet, chaque fois que les grosses légumes sont happées par les serres de l’oiseau rapace, il y a une théâtralisation qui tient en haleine le grand public au point où toute l’attention est arc-boutée sur la traque de tel ou de tel autre. A l’époque, lorsque Polycarpe Abah Abah avait été arrêté en 2006, des journalistes de la Crtv-radio et télé avaient été mis à contribution pour filmer et scénariser l’arrestation de l’ancien ministre de l’Economie et des Finances (Minefi). L’on se souvient, d’ailleurs, que l’ancien argentier national et l’ancien ministre de la Santé publique (Minsanté), Urbain Olanguena Awono,  s’étaient fait filmer par la télévision nationale pendant leur garde-à-vue dans les cellules infectes et crasseuses de la Direction régionale de la police judiciaire (Drpj) du Centre. Cette année-là, d’aucuns s’étaient posé la question de savoir pourquoi des journalistes officiant dans ce mastodonte de l’audiovisuel avaient braqué leurs caméras sur Abah Abah et Olanguena Awono. Pourtant, des serviteurs de cette chaîne à capitaux publics ne s’étaient jamais prêté à une telle besogne depuis l’enclenchement de l’opération d’assainissement des mœurs et des finances publiques.
Certains analystes avaient tôt fait de clamer la thèse suivant laquelle le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) de l’époque avait instrumentalisé ces actants de la Crtv-radio et télé pour humilier l’ancien Minefi et l’ancien Minsanté. Info ou intox? Cette même théâtralisation a repris droit de cité lorsque Jean-Marie Atangana Mebara, Yves-Michel Fotso, Paul Ngamo Hamani, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Gilles Roger Belinga, Marafa Hamidou Yaya, etc avaient été interpellés, inculpés et écroués à, la prison centrale de Yaoundé. L’on se souvient, à témoins, des procès spectaculaires de l’ex-Secrétaire général à la Présidence de la République (Sgpr), Marafa, au Tribunal de grande instance de Yaoundé Centre administratif. L’on dirait que cette mise en scène de l’arrestation des barons du pouvoir de Yaoundé consiste à mettre sous le boisseau l’actualité brûlante et ambiante qui colonise, sur ces entrefaites, la scène publique, et qui semble ébranler et importuner le gouvernement.

L’arrestation de Mebe Ngo’o, dans la nuit du 8 mars 2019, a, dans le même sillage, été couverte de cette mise en scène théâtrale. En effet, quatre jours ont été consacrés à l’audition des quatre co-accusés, à la perquisition des résidences et de l’entreprise de location de véhicules de cet ancien membre du gouvernement et à l’arrestation de l’ex-Mindef. Un journaliste et un cameraman ont même fait les frais lors de la fouille systématique du domicile de cet ancien haut commis de l’Etat le 7 mars 2019.  Jamais une personnalité publique n’a pas passé trois nuits dans l’enceinte du Tribunal criminel spécial (Tcs). Mebe Ngo’o est le seul ancien ministre de la République  à avoir atteint ce record jamais égalé. Il y a, à vrai dire, une scénarisation et une hyperbolisation de l’arrestation des anciens gestionnaires de la fortune publique qui fait, pour ainsi dire, main basse sur l’actualité sociopolitique prégnante dans le champ sociétal. Il naît, par conséquent, une certaine catharsis sociale tant

Serge Aimé Bikoï, Sociologue du développement, Rédacteur en chef Panorama papers.
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certaines catégories sociales se satisfont et se réjouissent de la mise aux arrêts et de la torture psychologique et sociale de tel ou de tel autre surtout lorsque l’on se rend compte des cas de distraction présumée des deniers publics s’élevant à des grappes de milliards de Fcfa imputés à ces présumés brigands des crédits publics. Toute chose irritant et révoltant le bas-peuple finalement friand des informations à caractère scandaleux d’un tel acabit.


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