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Après treize jours de garde-à-vue dans les geôles de la police de la judiciaire suite à la plainte pour diffamation déposée par Beyala, c’est à 10 heures hier (lundi, 10 juin 2019) que des officiers de police judicaire ont déféré, pour la 2ème fois, le lanceur d’alertes au parquet du tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif. En ce moment, Stella, l’épouse et votre humble serviteur vont rencontrer Nga Kounda, ancien député Rdpc, dans ses bureaux situés au quartier Nlongkak. Question de lui remettre la lettre d’excuses dûment rédigée par l’accusé, et dont la destinataire est l’écrivaine franco-camerounaise. Depuis l’arrestation de Chouta, le 28 mai 2019, deux médiateurs ont décidé de discuter avec C. Beyala dans le dessein d’inciter la romancière à désister. Nga Kounda est, en effet, la première personnalité publique à annoncer cette procédure de négociation la semaine dernière dans un forum Whatsaap dénommé “Libérez Paul Chouta”. Toute chose qui est, de surcroît, normale. Raison pour laquelle ce médiateur a proposé, dans ce groupe, l’idée de la la présentation des excuses par Chouta à Beyala, l’enjeu étant d’incliner cette dernière à désister. Cette initiative a été battue en brèche par plus d’un. L’on se souvient que bien de membres de ce forum, fort irrités par ce contentieux, ont refuté cette approche de la résolution dudit conflit.

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Malgré tout, après plusieurs réflexions, discussions et conciliabules, il était question de remettre cette lettre d’excuses de deux pages au “gate keeper”, chargé de jouer le rôle d’interface dans le processus de l’apaisement entre les deux protagonistes. Arrivé donc au bureau du promoteur de la radio “Nb1”, cette lettre d’excuses lui a été remise vers 10h et 30mn. Après l’avoir lue, relue et appréciée, il a joint l’un des procureurs en charge de cette affaire au téléphone. Ce magistrat de la république a fait savoir, séance tenante, qu’il n’a aucune intention de déférer P. Chouta à la prison centrale de Yaoundé. Ce qui a rassuré plus d’un au point de sourire. Toute tentative pour entrer en contact avec Beyala s’est avérée vaine et ce depuis la journée de dimanche, 9 juin 2019.

Au moment de quitter le bureau de l’homme politique, il était question de remettre la copie de la lettre d’excuses au conseil de Chouta au parquet du Tpi. Toute chose qui a été faite vers 11h et 30mn au moment de l’arrivée à ce lieu. C’est Me Temate, avocat au barreau du Cameroun, qui reçoit, d’ailleurs, cette lettre et se dirige vers le bureau de la permanencière du parquet, Mme Halimatou, pour la lui remettre sur le champ. Affable, cette dernière donne rendez-vous à l’homme en robe noire à 17h, heure à laquelle le juge doit statuer sur le contentieux opposant Beyala à Chouta. Entre 14 et 17h, la réflexion achope, sur ces entrefaites, sur la désignation des deux garants au cas où le juge d’instruction décide d’acter le procédé de la libération provisoire de l’accusé sous caution. C’est n’est qu’une conjecture scolastique envisagée. Chacun(e) est, momentanément, allé(e) vaquer à ses occupations professionnelles, le temps d’attendre la sentence du juge en soirée.

Revenu au parquet du Tpi vers 19h, l’affaire Paul Chouta n’a pas encore connu son verdict. C’est vers 19h et 45mn au moment de l’attente de la décision du juge que David Eboutou informe les internautes sur Facebook que P. Chouta est déféré à la prison centrale de Kodengui. L’auteur du post y mentionne, en première ligne, que la nuit est gâchée à cause de cette décision malencontreuse et malheureuse. Illico presto, Stella, la tante et le frère cadet de Paul sont interpellés afin de venir s’enquérir du post de Eboutou, dont les commentaires des uns et des autres émeuvent plus d’un dans des fora Whatsaap et facebook. Tous sont prostrés à la découverte de ce post, ce qui contraste avec l’assurance de la mise en liberté qu’a faite Nyassa Soleil à Stella au téléphone quelques minutes avant.

20h et 10mn:bien d’accusés massés dans la cellule du parquet du sous-sol du Tpi sont appelés par un agent de la police dans la sale d’attente pour écouter, chacun, la sentence décidée par le juge. Alors que certains sont au courant des charges retenues contre leur litige, ce fonctionnaire de la police fait, curieusement, savoir aux autres accusés qu’ils doivent attendre la seconde lecture dans les prochaines minutes. Toute chose qui n’a plus eu lieu. Il est alors 21h et 30mn. L’épouse de Chouta, la tante et le frère du blogueur descendent au sous-sol du parquet. Histoire d’échanger avec lui. Bien qu’abattu, Chouta écoute attentivement les conseils que lui prodigue sa tante, qui est ancien greffier au parquet des Tgi et Tpi. D’un ton maternel et affectif, cette mère l’encourage à rester fort. Elle ne manque pas de lui faire savoir qu’elle va chercher des voies et moyens pour dénouer ce contentieux, dont la décision du juge l’importune.

21h et 50: le car de la police se gare dans la cour du parquet. Un agent de la police somme tous les visiteurs de libérer les lieux. Le moment de déférer les inculpés a sonné! Chacun remonte au hall du Tpi et s’y positionne. 22h et 01mn: Chouta Njiwouang Pierre Paul, plus connu sous le nomde Paul Chouta, et cie, assis, dans ce car, sont mis sous mandat de dépôt à laprison centrale de Yaoundé pour une durée de six mois. injure, calomnie, diffamation et incitation à la haine sont des charges retenues contre le web journaliste qui officie à “Cameroonweb”. C’est ce mardi, 11 juin 2019, en matinée, que le conseil et la famille vont, dûment, recevoir la copie du mandat de dépôt élaboré par le juge. Joint au téléphone, il y a peu, Me Fidèle Djoumbissie, avocat au barreau du Cameroun, annonce qu’il va se constituer pour défendre P. Chouta et solliciter la libération provisoire de l’inculpé. Un procès en habeas corpus va donc se dérouler dans les prochains jours. Affaire à suivre!!!


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