PARTAGER
Nalova Lyonga Pauline Egbe, Ministre des enseignements secondaires.[L'une des femmes rescapées du gouvernement Yang]
Mais, deux femmes ministres de la République ont été déchargées de leurs fonctions de décisions, à l’instar de Jacqueline Koung A Bissike, désormais ex-ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) et de Youssouf Adidja Halim, ex-ministre de l’Education de base (Minedub).

En nommant alors une femme et demi ministre et en limogeant deux femmes membres du gouvernement, Paul Biya n’a, en réalité, nommé aucune femme. Pour parler prosaïquement, ça fait kiff kiff. Par conséquent, 2-2=0 femme nommée ministre. Le nombre de femmes au gouvernement reste tel quel et demeure inférieur comparativement à la proportion des hommes au gouvernement. En clamant, le 6 novembre 2018 devant la représentation nationale lors de sa prestation de serment, qu’il tiendra compte compte des femmes, le Président de la République n’a pas, en réalité, tenu à sa promesse. Il en est de même pour des jeunesses du pouvoir dont nous parlions, fort à propos, hier (jeudi, 10 janvier 2019).

Chose curieuse, nous n’observons aucune femme lever la voix, délier sa langue et monter au créneau pour dénoncer le mensonge du chef central au pouvoir. Nous n’observons, dans la même veine, aucun lobby féministe décrier cette perpétuelle faible représentativité des femmes à des instances de prise de décisions après ce réaménagement gouvernemental. Pensez-vous ce sont des hommes qui le feront, a posteriori, à votre place, ainsi que nous lançons, illico presto, ce débat? Où est la parité hommes-femmes exigée dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (Cedef) suivant les dynamiques de genre qui s’échelonnent dans l’espace public depuis l’avènement du discours libéral en 1990? Pourquoi le Chef de l’Etat ne daigne-t-il pas atteindre, au moins, le quota de 30% de femmes dans le gouvernement afin de satisfaire à une exigence des conventions liées à l’amélioration du statut, des rôles, des fonctions et des positions de pouvoir et d’autorité du genre féminin? C’est sur ces entrefaites que le vrai débat de la minoration de l’identité féminine doit être posé par les réseaux associatifs de femmes et les groupes de pression féministes radicaux, libéraux et socialistes d’ici et d’ailleurs. Qu’est-ce qui peut expliquer le mutisme de Justine Diffo Tchunkam, tête de proue de l’organisation “More women in politics”, de Agathe Georgette Nola Babena, ancienne défenseure des question de femmes et genre, devenue haut cadre du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) il y a quelques années, de Marcelline Nnomo, Professeur titulaire des universités, et figure emblématique de la création de l’Afesup (Association des femmes de l’Enseignement supérieur), de Florence Essama, cadre au ministère de la Communication (Mincom), de Esther Endalle, pionnière de l’instauration de l’association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf); etc?

Restreignons-nous à ces femmes qui sont confinées, aujourd’hui, dans un silence alors qu’il y a, plusieurs années, elles avaient posé ce débat digne d’intérêt dans chacun des réseaux associatifs respectifs! Puisque les pesanteurs socioculturelle, politique, économique et sexo-spécifique prévalent toujours dans le processus de

Serge Aimé Bikoï, Journaliste éditorialiste, Rédacteur en chef Panorama papers

mobilité socioprofessionnelle de la gent féminine, il est idoine, chers dames, de continuer à tempêter, à dénoncer ce machisme, cette phallocratie, cette andocratie et à poser ce débat, qui est, indubitablement, d’actualité. Le plutôt sera le mieux. C’est un ballon que nous jetons à la mer. récupérez-la! Nous vous mettons, in fine, le plat à l’étrier. C’est un féministe qui parle! Jacqueline Moutome Ekambi le sait fort opportunément, elle qui nous a inculqué et enseigné les notions et terminologies de Genre et développement.

Share Button

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here