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Njoya Zakariaou, nouveau Ministre délégué aux transports.

Le nouveau kaléidoscope gouvernemental du Cameroun est connu depuis hier (vendredi, 4 janvier 2019). Sur plus d’une soixantaine de ministres de la République, Paul Biya a ciblé le chiffre pair “12”. Question de réguler les entrées et les sorties. En effet, douze figures sont éjectées de cette arène. Amadou Ali, qui a séjourné durant plus de trois décennies au gouvernement, est la plus grande sortie gouvernementale. Le Président de la République se sépare d’un meuble qui occupait alors le poste de ministre délégué à la présidence de la République chargé des relations avec les assemblées. Cette sortie sanctionne, pour ainsi dire, la fin de la carrière gouvernementale de ce Kanouri, fils natif de l’Extrême-Nord, qui a été longtemps malade, et qui avait même subi parfois des attaques des assaillants de la secte islamiste et terroriste Boko Haram  il y a quelques années. Les seuls meubles qui restent dans le sérail gouvernemental sont Laurent Esso, ministre d’Etat,ministre de la Justice, Garde des sceaux, et Jacques Fame Ndongo, ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur. C’est un jeune qui remplace la personnalité politique du 3ème âge à la tête du ministère délégué à la présidence de la République chargé des relations avec les assemblées: Wakata Bolvine.

Quelques nouveaux visages.

Quatre autres ministres ressortissants de la partie septentrionale quittent le terrain gouvernemental. Youssouf Adidja Alim, désormais ex-ministre de l’Education de base (Minedub), est remplacée par Laurent Serges Etoundi Ngoa. Zacharie Perevet, ex-ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop), qui était l’un des doyens de ce gouvernement, cède son strapontin à Issa Tchiroma Bakary. Abba Sadou, ancien ministre délégué à la présidence de la République chargé des Marchés publics, qui a été, ces derniers mois, en conflit avec Emmanuel Nganou Djoumessi relativement à la gestion d’un projet de construction d’une autoroute est éjecté au profit de Ibrahim Talba Malla, cumulativement avec ses fonctions de Directeur général de la Société nationale de raffinage (Sonara). Amadou Moustapha, ex-ministre chargé de missions à la présidence de la république est remplacé par Mohamadou Moustapha à ce poste.

Quelques nouveaux visages.

Trois figures de l’Ouest Cameroun sortent aussi du gouvernement. Jean-Claude Mbwentchou, débarassé de sa posture de pouvoir de ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), donne son maillot à une dame qui fait, d’ailleurs, son entrée sur le terrain. Célestine Keutcha Courtes, actuelle maire de la commune d’arrondissement de Bangangté,  occupe, désormais, ce poste et fait partie des deux dames qui entrent dans le sérail gouvernemental. Kila Viviane Asheri, désormais Secrétaire d’Etat à l’Education de base, est la seconde dame, qui bénéficie, dans la même veine, de la confiance du Chef de l’Etat. Elle remplace Benoît Ndong Soumhet à cette position d’influence. Ce dernier est, quant à lui, muté tant il devient ministre chargé de missions à la Présidence de la République aux côtés de Ghoghomu Paul Mingo, ancien directeur du cabinet à la primature.

Deux autres figures non des moindres de la région de l’Ouest ne font plus partie du gouvernement. Jean-Pierre Fogui, ex-ministre délégué auprès du ministre de la justice, cède son fauteuil à Jean de Dieu Momo, nouvelle figure qui fait aussi son entrée. A la faveur de cette entrée, le Paddec, formation politique dont il est le président national, et sous la bannière de laquelle il est conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Douala Vème depuis le double scrutin législatif et municipal de 2013 est un parti politique qui est, d’ores et déjà, intégré au gouvernement. Le Paddec se positionne donc aux côtés de l’Undp (Union nationale pour la démocratie et le progrès), représenté au gouvernement par Bello Bouba Maigari, maintenu Ministre d’Etat, ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul). Le Fsnc (Front du salut national du Cameroun), dont Issa Tchiroma Bakary est le président national, reste aussi au gouvernement tant il a été muté ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop). La 3ème et dernière personnalité publique de l’Ouest, qui quitte le gouvernement, est Mefiro Oumarou, ministre délégué auprès du ministre des Transports (Mintrans), fils natif du Noun, remplacé par un autre fils originaire de la même aire culturelle, Njoya Zakariaou.
Quelques nouveaux visages.

Dans le Centre, André Mama Fouda et Jacqueline Koung A Bissike sont déchargés de leurs fonctions de décisions au profit de Manaouda Malachie, désormais ministre de la Santé publique (Minsanté) et Henri Eyebe Ayissi, qui est, d’ores et déjà, ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaff). Dans la région de l’Est, une seule figure publique perd son poste de ministre. Ernest Ngwaboubou n’est plus ministre des Mines, de l’Industrie et du développement technologique (Minmidt). Le remplace à ce poste Dodo Ndoke Gabriel. Philémon Yang, désormais ancien Premier ministre, après avoir passé huit ans au gouvernement, record jamais égalé par les sept prédécesseurs, est botté en touche. Joseph Dion Ngute entre en scène et devient chef du gouvernement.

En substance, Paul Biya reste fidèle au paradigme de la substitution sociologique des figures au sein de l’appareil gouvernemental. En témoignent quelques indices significatifs. Mefiro Oumarou du Noun se fait  remplacer par Njoya Zakariaou du Noun. Jean-Pierre Fogui du département de la Menoua est remplacé par Jean de Dieu Momo, lui aussi de la Menoua. Sauf que là Biya a sacrifié Fogui, cadre du Rdpc, au profit de Momo du Paddec.  De même, Jean-Claude Mbwentchou, fils natif du département du Ndé, cède son fauteuil à une fille du même département, Célestine Keutcha Courtes. En souscrivant à l’analyse du genre, la femme se positionne donc à la place de l’homme. Dans le Mbam et inoubou, Jacqueline Koung A Bissike quitte le gouvernement au bénéfice d’un autre du même département, Achille Bassilekin III. Dans la région de l’Est, Ernest Ngwaboubou est affranchi de son poste ministériel au profit d’un autre fils de l’Est, Gabriel Dodo Ndoke. Dans le septentrion, Amadou Ali, Youssouf Adjidja Alim, Amadou Moustapha, Zacharie Perevet et Abba Sadou ne font plus partie du gouvernement parque départis tous de leur position de pouvoir. Font leur entrée Ibrahim Talba Malla, Manaouda Malachie et Mohamadou Moustapha. Il s’agit, in fine, d’un jeu de chaises musicales. Le Chef de l’Etat a opéré une permutation de cinq membres du gouvernement.  Pierre Ismael Bidoung Mkpatt, ancien ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), devient ministre des Arts et de la Culture (Minac), cède son maillot à Narcisse Mouellé Kombi, ancien Minac. Issa Tchiroma Bakary n’est plus ministre de la Communication (Mincom). Il est, d’ores et déjà, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop). C’est René Sadi, ancien ministre chargé de missions à la présidence de la République, qui est mué en Mincom. Sera-t-il alors porte-parole du gouvernement? La question demeure. Laurent Serges Etoundi Ngoa quitte le poste de ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Mipmeesa) et est muté ministre de l’Education de base (Minedub). Quant à Henri Eyebe Ayissi, il n’est plus le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). Le fils du département de la Lekié est, désormais, en charge du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf).

Serge Aimé Bikoï, Sociologue du développement, Rédacteur en chef Panorama papers.

Benoît Ndong Soumhet se débarrasse du strapontin du Secrétariat d’Etat à l’Education de base pour devenir ministre chargé de missions à la présidence de la République. Quelques figures des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest font leur entrée dans l’arène. Mbairobe Gabriel est le nouveau ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) alors que Kila Viviane Asheri est Secrétaire d’Etat à l’Education de base.

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1 COMMENTAIRE

  1. Il y’ a certaines irrégularités dans votre article comme argument exemple le nouveau Minader que vous dites être du Noso alors qu’il est natif du Nord, ancien président de Coton sport de Garoua.
    Je note également que vous n’avez fait aucun commentaire sur la promotion du SGPR et du Pr.Fame Ndongo comme Ministres d’État.Le secrétariat général adjoint N2 de la Prc a été également comblé.
    Merci!

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