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Barrage hydroélectroélectrique de Lom Pangar.

C’est la plus grosse attente des populations de la région de l’Est relativement à l’achèvement du projet hydroélectrique de Lom Pangar. Le projet d’électrification de 150 localités de la région à partir de la centrale hydroélectrique de 30 MW en cours de construction au pied du barrage de
retenue d’eau et l’édification d’une ligne de transport jusqu’à Bertoua suscite espoirs mais aussi parfois des poussées de fièvre comme au mois de juillet dernier, quand la colère des populations a soudainement débordé dans la rue suite à une longue coupure d’énergie qui a duré environ trois semaines à Bertoua.

Le site de l’installation de l’usine de pied est déjà visible sur place. Le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Essomba Eloundou y a d’ailleurs effectué en compagnie de Théodore Nsangou, Dg de Electricity Development Corporation (Edc), maître d’ouvrage, une visite de chantier le 20 septembre dernier pour le lancement des travaux et a présenté à l’occasion un calendrier détaillé des travaux prévoyant la mise en service du poste évacuateur dans environ 24 mois (septembre 2020), la première turbine dans 26 mois (novembre 2020), et la quatrième dans environ 32 mois (vers avrilmai 2021). Ces équipements sont commandés et pour certains en cours de fabrication en Chine.
Les tâches principales aussi sont déjà définies et attribuées : l’usine ainsi que le poste de départ seront construits par l’entreprise China Camc Engineering Co. L’énergie de la centrale sera acheminée dans le chef-lieu de la région de l’Est par une ligne haute tension de 90 kilovolts (kV) de 105 à 120 kilomètres de long, ainsi qu’un poste de transformation 90/30 kV prévu à Bertoua, construits par le groupe français Cegelec. Gaston Eloundou Essomba précisait lors de la visite que le président de la République du Cameroun a autorisé le “déblocage d’un montant de 4 milliards Fcfa représentant l’avance de démarrage des travaux de l’usine de pied” au titre de “la contrepartie de l’Etat du Cameroun” comme exigé par les bailleurs de fonds.

Redevance de l’eau

L’usine au pied du barrage est financée principalement par la Banque africaine de développement (Bad) à hauteur de 30 milliards de Fcfa pour l’usine et 9 milliards Fcfa pour la ligne HT de 90 kV. Le démarrage de la production de la centrale permettra de remplacer les centrales thermiques qui alimentent la région de l’Est en électricité et dont la production est trop onéreuse. Mais comment denier le contexte économique particulier du Cameroun fait de fortes pressions sur les ressources avec la définition de priorités plus urgentes (préparatifs Can et situation sécuritaire dans le Nord-ouest et le Sudouest) qui n’épargne par le maître d’ouvrage, Electricity Development Corporation, et impacte sur le rythme de ce qui reste de cet immense chantier. Des contraintes couplées à la question de la redevance de l’eau dont le dispositif tarde à se parachever.
Les textes réglementaires régissant le secteur de l’électricité au Cameroun prévoient que Edc, la société publique de patrimoine, perçoivent d’Eneo, le
concessionnaire du service public de l’électricité, une redevance sur l’utilisation de l’eau des barrages, dans le cadre de ses activités de production et de commercialisation de l’énergie électrique. D’après une source à Edc, le cumul dû de cette redevance se chiffrerait autour de 24 milliards Fcfa avec des effets certains sur le plan financier de l’entreprise. Le ministère de l’Eau, Edc et d’autres intervenants travaillent à la résolution de cette cruciale question.

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