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C’est dimanche, 9 décembre 2018 vers 14 heures passées que je pose, dans l’enceinte de la salle de rédaction, la question à Jean Charles Biyo’o Ella si c’est lui qui va, à nouveau, suppléer à la présentation des journaux de 6 et 7h et 30 sur l’antenne de la chaîne des majors. Biyo’o Ella me dit: “Tara c’est moi qui le ferai encore cette semaine, car Lionel est même très souffrant”. Je reprends la parole pour dire: “Waaaaaa mince son état s’est, peut-être, endommagé”. Et Biyo’o ella de lancer, à nouveau: “Oui oui le Rec (Rédacteur-en-chef) lui a demandé de se reposer et de bien se traiter…” Au moment où je m’entretenais avec mon collègue Biyo’o hier (dimanche, 9 décembre 2018), j’étais en présence de mon épouse et de ma belle-soeur venues, toutes les deux, suivre la présentation de “Zappresse” en direct et visiter le giron radiophonique. Sur ces entrefaites, ni Biyo’o Ella, ni moi-même ne savait que Lionel Emani Tchokonté était déjà mort puisque, selon sa conjointe, son époux a rendu l’âme à 12h et 54mn. Je venais alors d’achever la présentation de l’émission dominicale “Zappresse” sur l’antenne de la Rts. Aie Aie Aie!!!!!!!

Lionel, qui décède à l’âge de 47 ans, 18 jours après la célébration de son anniversaire à Yaoundé, est l’un des aînés professionnels que je trouve à la rédaction centrale en octobre 2006. Quand Tchokonté, pourvu d’une Maîtrise en Lettres modernes françaises à l’Université de Yaoundé I, découvre que celui qui vient d’être intégré à la rédaction centrale, vient aussi d’avoir sa Maîtrise en sociologie, et est étudiant en D.E.A. (Diplômes d’études approfondies) en Sociologie dans la mère des universités camerounaises, il n’hésite pas à se rapprocher de moi pour me dire: “Man est-ce que tu sais que j’étais à Ngoa avant toi depuis des années? Ma camarade de promotion à l’Université de Yaoundé (ancienne dénomination), c’était Alice Sadio, aujourd’hui femme politique qui plus est présidente nationale de l’Alliance des forces progressistes (Afp).” Je répondis avec un brin de stupéfaction: “Ah bon?” Il me dit: “Oui bien sûr!”. C’est ainsi que chemin faisant, Lionel et moi avions sympathisé durant des années au point où des éclats de voix qui survenaient n’étaient que des moments marqués du sceau de la divergence de vues sur une question donnée. Mais après chaque étincelle orale, nous re-devenions sereins et très joviaux et conviviaux. Si arrivé spontanément, l’on vous disait que Bikoi et Tchokonté viennent de se quereller, vous serez prêts à parier et à dire: Non c’est pas vrai!
D’ailleurs, je me souviens, fort opportunément, que la dernière altercation que j’ai eue avec mon “combi” remonte au mardi, 27 novembre 2018 en la salle de rédaction lors de la conférence de rédaction présidée par Ebenizer Diki, le Rec. Alors que nous débattions de la configuration d’un mini dossier de la page sportive, laquelle devait tabler sur l’élimination de l’équipe des Lionnes indomptables du Cameroun en demi-finales de la Can féminine au Ghana, j’avais alors fait la proposition qu’il y ait, en dehors d’un papier de faits sur les réactions des entraîneurs sur la mauvaise passe des co-équipières de Gaelle Enganamouit, un papier d’opinion sur les leçons à tirer de cette déconfiture du Cameroun. Lionel s’est, viscéralement, opposé à la rédaction du papier d’opinion, estimant que l’on ne saurait le faire pour ne pas offusquer les lionnes, dont on ne s’attendait pas qu’elles arrivassent à cette phase de la compétition vu la mauvaise verve des unes et des autres au sein de la tanière des Lionnes. Le rédacteur-en chef adjoint, Samson Tabufor, défendait, lui aussi, la même position. J’ai repris, illico presto, la parole pour dire à Lionel: “Non l’on ne saurait faire tabula rasa de ce papier d’opinion puisque, avant son arrivée à la conférence de rédaction, Joseph Valery Fotso, chef DeskSport, avait déblayé le sentier d’un papier d’une essence avec, à la clé, des clichés prégnants qui prévalent dans la tanière des Lionnes, et qui témoignent d’un certain clanisme à l’interne. J’ai donc dit à mon “combi”, avec une certaine vigueur et avec une certaine pugnacité, qu’un tel papier ne saurait manquer à ce mini-dossier de sport. Sinon, nous serions passés à côté de la plaque et nous aurions alors, délibérément, daigner ne pas faire une telle besogne. Il y avait eu un affront entre Lionel et moi, lequel avait basculé en altercation. Mais au finish, Diki, le patron de la rédaction, fidèle à son caractère calme, a reconnu que c’est de cette manière que les conférences de rédaction doivent se passer tant ce sont des instants de contradiction et de confrontation de points de vue. Au demeurant, après concertation entre Fotso et Diki, les deux me donneront raison. Et ce jour-là, ce papier d’opinion a été fait par Lionel Emani Tchokonté en dépit de quelques remarques de fond de faible amplitude qui lui avaient été faites. L’essentiel avait été donc fait.
Quelques instants après, nous avions même eu une concertation entre Lionel, Ebénizer et moi pour se pencher sur un autre différend qui nous avait opposé en début de semaine relativement à ma substitution à la présentation du journal de 6h et du 7h et 30mn. Tout s’est aussi bien passé cette fin de matinée puisque le différend avait été réglé pacifiquement. Je retiens de Lionel est un homme affable, comique, blagueur, colérique, impulsif, mais dévoué au travail. C’était un travailleur sans relâche. Je me rappelle des heures indues qui nous séparaient dans la nuit lorsqu’il fallait préparer le journal de 6h le lendemain. Je me souviens que lors des mois de Septembre et d’Octobre, nous travaillions toujours ensemble pour meubler la page politique des éditions de journaux. Chaque jour, je m’étais décidé à produire un papier de faits sur l’actualité de la présidentielle 2018. Ce contrat a été, d’ailleurs, respecté jusqu’à la fin de cette échéance. C’est Lionel qui assurait alors la présentation des éditions de journaux de 6 et de 7h et 30.
Je vous fais grâce de nos interactions quotidiennes dans les lieux de la socialité et de la sociabilité ambiante à la station de Mvombi, où il avait assisté à la célébration de mon anniversaire le 25 octobre 2018 de 13 à 22 heures. Bien de confrères et des collègues avaient été massivement présents et m’avaient honoré. J’étais fort ravi. Le dernier acte festif, c’était le jour de la célébration de son anniversaire, le 21 novembre 2018, jour où nous avions passé de meilleurs moments ensemble.
Mon “Combi”, le “Général”, “le Sénateur” a, vraiment, cassé son microphone. Vive le “Général”!

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