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Scène de corruption
Le Président -Directeur général du groupe Tradex-Cameroun veut, dans l’échéancier des missions dévolues au Bcgg, promouvoir la bonne gouvernance et l’éthique dans le milieu des affaires. En effet, le consortium de 400 entreprises issues de plusieurs secteurs d’activités confondues réunies sous la bannière du Business coalition for good governance (Bcgg) est une initiative du secteur privé pour un climat économique sans corruption au Cameroun. Cette coalition des entreprises pour la bonne gouvernance a été initiée par le Business council for Africa (Bca) depuis février 2011. Suite à la conviction des entreprises établies au pays de André Siaka, de la nécessité de se réunir et d’exercer ensemble une influence concertée pour améliorer le climat des affaires par la promotion de la bonne gouvernance.
Dans le sillage des objectifs que s’assigne ce conglomérat de fabriques de 2016 à 2020, figurent:
**** former une masse critique de petites et moyennes entreprises qui diront non” à la corruption;
**** rompre la chaîne de corruption par la sensibilisation;
**** changer le comportement et les perceptions;
**** engager effectivement les parties prenantes.
Si la vision du Bcgg se résume à l’implémentation, à long terme, d’un climat économique sans corruption au Cameroun, les missions consistent, entre autres, à:
—– évaluer et vulgariser les avantages économiques et commerciaux d’un climat d’affaires sans corruption, et à changer, progressivement, l’état d’esprit qui prévaut actuellement;
—– convaincre un nombre croissant d’entreprises à adopter et à intégrer une culture éthique et de bonne gouvernance dans toutes leurs activités à travers des séminaires, des groupes de discussions, des programmes de mentorat, ainsi qu’à travers le lobbying auprès des décideurs;
—– se servir de la communication de masse, en l’occurrence des réseaux sociaux pour recruter davantage d’entreprises de toute taille du secteur privé pour atteindre la masse critique;
—– effectuer, régulièrement, des mises à jour et des séances d’information, des débats publics, des face-à-face communication pour s’assurer du soutien continu du gouvernement et du soutien financier des partenaires au développement de la communauté internationale.
Lacunes fonctionnelles du Bcgg
Autant des journalistes ont relevé l’intérêt de ce groupement d’entreprises pour la promotion de la bonne gouvernance et de l’éthique dans le milieu des affaires, autant des critiques ont été formulées quant à l’exigence d’un devoir de franchise et de sincérité du leader du Business coalition for good governance (Bcgg). Depuis 2011 que cette entité d’entreprises existe au Cameroun, le président Perial Nyodog et les membres n’ont jamais pensé à mener des enquêtes par sondage d’opinion ou, du moins, des enquêtes par questionnaires dans le dessein d’avoir, par exemple, un répertoire d’entreprises mieux et mal classées dans le fichier des bonnes et mauvaises entreprises. Comment un tel regroupement de sociétés privées peut-il exclusivement se cantonner dans un travail éminemment parcellaire et partiel consistant à ne promouvoir que de bonnes attitudes et de bonnes pratiques liées à la lutte contre la corruption? C’est non sans pertinence que des journalistes ont, à plusieurs reprises, posé la question de savoir quelle est la nomenclature des entreprises les plus corrompues et les moins corrompues au Cameroun? Maintes fois, Perial Nyodog a éludé cette question, préférant, plutôt, faire savoir aux Hommes de médias que l’attribution visant à classer le répertoire des entreprises les plus et les moins corrompues ne rentre pas dans le chronogramme de leurs activités ou, du moins, de leurs objectifs initiaux. Aussi cet entrepreneur spécialisé dans le giron des hydrocarbures a-t-il invité des journalistes outillés aussi en matière d’investigations à faire des enquêtes dans le but de savoir quelles sont les entreprises les plus et les moins corrompues.
Or, en même temps, ce consortium veut promouvoir la bonne gouvernance et l’éthique dans l’environnement des affaires au Cameroun, en même temps, il n’exprime aucun vœu consistant à investiguer sur les entreprises qui se définissent par les mauvaises pratiques dans leur contexte interne. L’on dirait qu’il y a, sans conteste, une certaine phobie ou plutôt une peur des promoteurs d’entreprises privées d’informer l’opinion publique nationale et internationale sur les médiocres entrepreneurs économiques, dont les secteurs de travail sont plombés par la corruption, la mal gouvernance, la concussion et la prévarication. Si cet amas d’entreprises souhaite réduire le taux de corruption dans l’environnement interne des fabriques, usines et autres secteurs d’activités donnés, il est impérieux de mener des enquêtes approfondies dans l’optique de stratifier les entrepreneurs économiques, dont les secteurs de travail sont plus corrompus, et leur donner, au besoin, des stratégies, des mesures et des mécanismes d’action dans le sens de remédier aux tares conjoncturelles et structurelles liées à la mal gouvernance, à la concussion et à la prévarication, lesquelles obèrent le fonctionnement interne de leurs entreprises. Transparency international, qui classe, chaque année, les pays les plus et les moins corrompus fait-il fausse route? Que nenni! Il y a lieu, pour le Bcgg, d’y penser et de s’y atteler résolument. Ainsi connaîtrons-nous le listing des entreprises les plus et les moins corrompues au Cameroun. Sept ans après la naissance de ce regroupement, il vaut mieux passer à l’opérationnalisation de cette approche qui est, somme toute, stigmatisante, mais digne d’intérêt dans l’intention de savoir quelle est l’entreprise au Cameroun la plus corrompue et la moins corrompue. Cette méthode, empreinte d’une certaine pédagogie économique, peut susciter, sans doute, une dynamique de mutation de comportements et de pratiques rétrogrades dans le monde des affaires et entraîner, à long terme, l’adoption des meilleures pratiques managériales des gestionnaires ou des entrepreneurs.

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