PARTAGER

L’ancien président américain George H.W. Bush est décédé, vendredi 30 novembre, à l’âge de 94 ans, a annoncé dans un communiqué le porte-parole de longue date de la famille, Jim McGrath, qui n’a pas précisé la cause du décès.

Contrairement à son fils George W. Bush, élu à deux reprises à la présidence des États-Unis (2000-2008), George W. Bush père n’a exercé qu’un seul mandat, de 1989 à 1993. Auréolé de sa victoire lors de la guerre en Irak, en 1991, le président a toutefois perdu la confiance des électeurs lors de la présidentielle l’année suivante, après avoir négligé les problèmes intérieurs comme l’emploi et la situation économique.

De l’armée à l’industrie pétrolière

George H. W. Bush est né en 1924 à Milton, Massachusetts, d’un père banquier, Prescott Sheldon Bush, qui a aussi été élu sénateur du Connecticut. La politique ne sera pas pour autant son premier choix de carrière. Diplômé d’une des meilleures écoles privées du pays (la Phillips Academy d’Andover, dans le Massachusetts), il est reçu à la célèbre université de Yale. L’entrée en guerre des États-Unis dans le second conflit mondial suspend ses études. Il choisit de s’engager dans l’U.S. Navy, ce qui fait de lui le plus jeune pilote de l’aéronavale américaine.

Revenu à Yale après la guerre, George H. W. Bush sort major en économie en 1948. Il choisit de faire carrière dans l’industrie pétrolière au Texas, où il s’installe avec sa femme Barbara avec qui il aura six enfants. Il participe notamment à la création de la compagnie pétrolière Zapata Petroleum et occupe, en 1958, la présidence de la filiale Zapata Off-Shore.

En 1962, il choisit de se tourner vers le Parti républicain, quasiment inexistant dans le Sud au début des années 1960. Il est élu à deux reprises (1966 et 1968) à la Chambre des représentants, devenant le premier républicain à représenter cet État sudiste. Dans les années 1970, il se forge une carrure internationale en occupant divers postes : représentant permanent des États-Unis auprès des Nations unies en 1971 et envoyé des États-Unis en République populaire de Chine (1974-1975), notamment.

Il décide de se lancer officiellement dans les primaires républicaines de 1980, mais perd face à Ronald Reagan. Le gouverneur de Californie le choisit toutefois comme colistier. Il occupe alors pendant huit années le poste de vice-président (les deux hommes sont reconduits à la Maison Blanche le 6 novembre 1984), un premier pas vers la présidence.

“Lisez sur mes lèvres : pas de nouveaux impôts”

George H. W. Bush se porte candidat à la succession de Reagan dès 1987, surfant sur l’image d’héritier du président de l’époque. Âgé de 64 ans, il est élu le 8 novembre 1988 avec 54 % des voix aux dépens du démocrate Michael Dukakis. L’action politique de celui que les Américains surnomment “poppy” s’inscrit dans le prolongement de celle de son prédécesseur, mêlant, entre autres, ouverture et fermeté en matière de politique étrangère.

Passionné par ce domaine, il y consacre la majeure partie de son mandat. Premier président de la fin de la Guerre froide, il soutient la marche vers la réunification allemande et maintient le dialogue avec Mikhaïl Gorbatchev, tout en continuant à faire baisser le stock d’armes nucléaires des États-Unis. Il s’attache à faire du pays une superpuissance et le gendarme de la planète, afin de promouvoir la démocratie et la libéralisation du commerce. Il engage les troupes américaines au Panama pour chasser le général Noriega et applaudit aux quelques signes d’ouverture manifestes en Afrique du Sud et au Nicaragua.

À la suite de l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990, il réunit une coalition de 27 pays dominée par les États-Unis pour se lancer, en 1991, dans une guerre du Golfe éclair. Saddam Hussein, qui reste toutefois en place, sera finalement renversé en 2003 à la suite d’une guerre menée par son fils, George W. Bush.

Auréolé du prestige de la victoire, George père délaisse, sur le front intérieur, les problèmes économiques, tels que l’explosion des déficits, la récession et les problèmes sociaux. Celui qui s’est engagé à la modération fiscale lors de la convention républicaine de 1987 en affirmant “Lisez sur mes lèvres : pas de nouveaux impôts” est contraint de revenir sur sa promesse. Sous la pression du Congrès à majorité démocrate, les taxes sont revues à la hausse deux ans après son arrivée à la Maison Blanche. La sanction tombe en 1992, lors de l’élection présidentielle, lorsqu’il perd face à un jeune inconnu venu de l’Arkansas, Bill Clinton.

George H. W. Bush n’a que très rarement critiqué son successeur et a même fini par nouer des liens amicaux avec lui en co-créant, en 2005, le fonds pour les victimes de l’ouragan Katrina. Après son retrait de la vie politique, il est peu intervenu pendant les deux mandats de son fils. L’une de ses dernières apparitions publiques remontait à avril 2018, lors des obsèques de son épouse Barbara.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here