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Siège régional de la Beac, Yaoundé

Le Fonds monétaire international (Fmi) ne veut certainement pas créer la psychose dans le secteur bancaire. Mais ses révélations dans son rapport d’octobre 2018 sur l’économie camerounaise est une sérieuse alerte. En effet, affirme le Fmi, les vulnérabilités du système bancaire au Cameroun demeurent. La conformité aux ratios prudentiels est très variable d’une banque à l’autre. Quatre banques (13 % du total des actifs bancaires) sont en difficulté et 3 d’entre elles ont des fonds propres négatifs. En outre, le ratio structurellement élevé de créances en souffrance au Cameroun s’est encore détérioré au premier trimestre de 2018 pour atteindre 15 %.

Ce facteur, couplé avec le fléchissement de l’activité, continue d’entraver le développement du crédit au secteur privé, lequel est passé de 14 à 2 % (variation annuelle) entre 2014 et mars 2018. Les secteurs les plus touchés par les créances en souffrance sont le bâtiment, l’industrie extractive, la finance et les services, de même que les Pme qui ont 39 % de créances douteuses. L’exposition des banques au risque souverain s’est elle aussi fortement accrue, passant de 11,2 % à 16,9 % du total des actifs en 2014-17 car la plupart des gouvernements de la région ont eu un recours accru aux émissions obligataires pour financer leurs déficits croissants.

Fin 2017, révèle le Fmi, l’actif total des banques au Cameroun représentait 5 308  milliards de Fcfa, soit 26,8 % du Pib (40 % du système bancaire de la Cemac), contre 23,1 % du Pib en 2010. Pourtant, le crédit au secteur privé ne représentait que 15,3 % du Pib, contre une moyenne de 28,5 % dans les pays d’Afrique subsaharienne à fin 2016. Fin 2017, les 4 plus grandes banques (Afriland Firts Bank, Société Général, Bicec et Scb) représentaient 59,2 % du total des actifs. En outre, Yaoundé et Douala, les deux premières villes du pays, génèrent environ 90 % du total des crédits et des dépôts bancaires.

Néanmoins, le système bancaire reste globalement résilient au double choc (prix du pétrole et sécurité), avec une amélioration des ratios prudentiels. Après être retombé à 9 % à fin 2016, le ratio de fonds propres de l’ensemble du système est remonté à 10,7 %, restant au-dessus du minimum réglementaire de la Cemac de 8 %. Les banques restent rentables. Les conditions de liquidité se sont améliorées depuis la mi-2017 grâce au desserrement de la contrainte de liquidité du gouvernement après les décaissements des appuis budgétaires.

Le refinancement de la Beac est retombé à 72 milliards de Fcfa à fin 2017, soit une amélioration par rapport à la forte demande de liquidité qui avait atteint le plafond (200 milliards de Fcfa) pendant une grande partie du premier semestre 2017.

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