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Une vue de l'intérieure de la nouvelle parfumerie Gandour
Une vue de l'intérieure de la nouvelle parfumerie Gandour

Les faits

Tout part de la grève des agents journaliers du vendredi 23 mars 2018 à l’entreprise NPGCI (Nouvelle parfumerie Gandour Côte d’Ivoire).  À l’origine de cette grève, une affaire d’erreur de dosage d’une production de la journée du 23 mars selon l’employeur.

Ce fait va donc provoquer le renvoie immédiat de 8 agents journaliers. Pour marquer leur solidarité face à ce qu’ils qualifient d’injustice, les agents journaliers entrent en grève et posent également sur la table la revalorisation de leur salaire ainsi que des meilleures conditions de travail.

Après plusieurs tentatives de négociations, le jeudi 29 mars, Ligué Dizo Olivier, porte-parole des grévistes et 18 de ses camarades sont finalement arrêtés. Le procès du porte-parole Ligué Olivier, écroué à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), est programmé pour vendredi 7 avril 2018.

Suite à ce bras de fer où employeur et employés se rejettent mutuellement la faute, il était capital pour nous de creuser dans les détails de ce que l’employeur appelle une erreur de dosage. C’est en effet un produit cosmétique appelé “Scorpion,” produit volontairement surdosé et dangereux qui est à la base de tout les problèmes.

C’est de ce genre de toxicité que les agents journaliers font allusion quand ils accusent l’entreprise Gandour de les exposer sans protection au maniement de produits et matières chimique (hydroquinone, mercure, clobetasol et autres).

Nous sommes tombés sur un document de l’union européenne qui lançait en 2016 une alerte sur la dangerosité des produits fabriqués par Gandour. Le document intitulé : “rapid alert system for dangerous non-food product” dont le numéro d’alerte est le A12/0005/2016 averti que les produits de Gandour représentent un risque sérieux pour la santé publique. Selon ce document, les produits de Gandour contiennent 3.83 ℅ de taux d’hydroquinone. Un rapport qui démontre que la Npgci utilise et continue d’utiliser des substances chimiques interdites et dangereuses dans ses produits cosmétiques surfant en toute impunité sur un véritable problème de santé publique…

Une pratique qui demontre que Gandour bafoue la loi ivoirienne fixant le taux d’hydroquinone à moins 2 ℅ (décret n°2015-288 du 29 avril 2015 portant réglementation des produits cosmétiques et des produits d’hygiène corporelle. Gandour utilise ainsi deux fois plus le taux recommandé par la loi sans être inquiété depuis des années. Les marques de la dangerosité de ces produits sont visibles sur la peau des agents de l’entreprise que nous avons interrogé. Ces derniers parce selon eux n’étant “soumis à aucune mesure de protection pendant les heures de travail.” 

Ainsi, la journée du 23 mars, Fernand Bledji, l’un des agents journaliers affirme que “seulement huit cartons du Produit Scorpion n’avaient pas été ‘bizarrement’ bien fermés.

Un oubli où un acte délibéré ?

Fernand Bledji, le journalier, dénonce une machination de la direction de Gandour qui selon lui voulait faire porter le chapeau de leur erreur de dosage du produit Scorpion aux agents journaliers afin de les licencier.

Raison pour laquelle l’un des responsables de la production, le Libanais Akram, accuse 8 agents journaliers d’avoir mal utilisés le dosage, Koné Moussa l’un des agents affirme que “l’erreur vient des responsables de Gandour.”

De quoi s’agit-il exactement ?

Une source crédible révèle que Gandour, faussaires au col blanc est auteur d’une contrebande du produit de la marque Scorpion qui appartient à la multinationale Henkel AG & Co. KGaA !!!

Dans sa session du 05 au 09 mars 2018, la décision N° 0018/18/OAPI/CSR de l’organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (Oapi) ordonne à la nouvelle parfumerie Gandour de Côte d’Ivoire la radiation de sa marque frauduleuse “Scorpion+Vignette” de sa ligne de production.

L’Oapi par cette décision donne l’exclusivité des droits de la marque “Scorpion” à la multinationale Allemande présente dans trois domaines d’activité: les détergents et l’entretien domestique, la beauté, les colles et adhésifs.

Dans cette décision, l’Oapi précise que la société Henkel AG & Co. KGaA a déposé conformément sa marque le 1er avril 1996 pour désigner les produits de la classe 3; que cet enregistrement est encore en vigueur suite au renouvellement intervenu en 2006 et qu’étant le premier à demander l’enregistrement de sa marque, la propriété de celle-ci lui revient conformément à l’article 5 alinéa 1er des textes en vigueur.

Cette décision constate par conséquent que la société Nouvelle Parfumerie Gandour Côte d’Ivoire a déposé frauduleusement le 10 juillet 2013 l’enregistrement d’une marque contenant des produits identiques ou similaires de la même classe 3, mais plutôt subtilement nommé “Scorpion + Vignette.”  Fort de ce risque de confusion, l’Oapi par la décision N°325/OAPI/DG/DGA/DAJ/SAJ a radié l’enregistrement la marque “Scorpion + Vignette” de la Nouvelle Parfumerie Gandour. La décision prononcée en premier et dernier recours, l’entreprise Gandour ne devrait plus fabriquer le produit de la marque Scorpion.

Dans les faits connus de tous, Gandour continuait (toujours frauduleusement) jusqu’au vendredi 23 mars de fabriquer et d’utiliser illégalement le produit Scorpion malgré la décision ferme de l’Oapi.

Les journaliers ont – ils payé donc le prix d’une contrefaçon dévoilée ?

Le produit Scorpion fabriqué en toute illégalité par Gandour serait-il à la base du calvaire des journaliers ?  Selon des sources proches de l’employeur Gandour, “l’entreprise voulait se débarrasser de plusieurs de ces journaliers parce qu’ils ont profité de ce mouvement de grève pour poser publiquement sur la table leur exposition quotidienne à la dangerosité du produit Scorpion et autres produits plus toxiques sans la moindre protection. Ils ont aussi profité pour mettre également sur la table de négociation leur revalorisation salariale. Cette grève a aussi et surtout attiré l’attention du grand public sur les conditions difficiles de travail des journaliers“, explique notre source. “Ladite grève a attiré trop de regards sur ce qui se passait au sein de l’usine“, conclu-t-il.

Pour Jean Marc, agent Journalier, “il était temps de dénoncer toutes ces irrégularités au sein de cette entreprise impérialiste.”

Nous sommes surexploités. Nos droits ne sont pas respectés et les responsables de Gandour son racistes. Un travailleur blanc est mieux traité sur tous les plans qu’un travailleur noir. Ce n’est pas normal parce que c’est le même travail que nous faisons… nous travaillons plus que les blancs d’ailleurs. Gandour nous surexploite! C’est une triste réalité“, s’indigne cet agent journalier.

Gandour marche sur la loi

L’entreprise Gandour au centre d’une fabrication illicite du produit Scorpion propriété intellectuelle de la multinationale Allemande Henkel (entreprise présente dans 3 domaines d’activité: les détergents / entretien domestique, la beauté et les colles et adhésifs).

Ce qui était jusque-là, la face cachée de l’iceberg, c’est que la nouvelle Parfumerie Gandour fabriquaient illicitement des produits notamment Scorpion, une marque déposée pour enregistrement par Henkel le 1 er Avril 1996 à l’organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi).

La multinationale Henkel consciente que Gandour fait de la contrefaçon, saisit l’Oapi afin que Gandour arrête cette basse manoeuvre.

La Nouvelles Parfumerie Gandour par le biais de son conseil juridique introduit auprès de l’Oapi le 10 juillet 2013, une demande d’enregistrement de son produit (la contrefaçon du produit Scorpion de Henkel) qu’elle décide d’appeler adroitement “Scorpion + Vignette“.

Résultats, dans une décision N°325/OAPI rendue en 2016, l’Oapi interdit à Gandour de fabriquer illicitement “Scorpion”. Cette décision est confirmée finalement en premier et dernier ressort par une autre décision (N°0018/18/OAPI) dans sa session du 05 au 09 mars 2018.

Malgré tout, Gandour au-dessus des lois a continué de fabriquer illicitement son produit Scorpion + vignette au détriment des droits de la multinationale Henkel. Le vendredi 23 mars 2018, huit cartons du produit toxique Scorpion + vignette occasionnent une soit disant erreur de production.

Akram, le responsable production de Gandour accuse 8 agents journaliers et les renvoi. Employeur et travailleurs de l’entreprise se rejettent la faute.

Solidairement, les autres journaliers entament le vendredi 23 mars une grève illimitée et mettent sur la table les conditions exécrables dans lesquelles ils travaillent à Gandour tout en posant des revendications d’ordre corporatiste.

Le porte- parole des grévistes, Ligué Dizo Olivier et 18 de ces camarades après une chasse à l’homme avec la police le jeudi 29 mars seront arrêtés et écroués.

Vendredi 30 mars Ligué Olivier est présenté devant le tribunal de Yopougon (quartier populaire) où après sa déposition, il a été conduit à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Son procès est prévu pour le vendredi 7 avril 2018. Il sera libéré trois semaines plus tard et interdit d’approcher l’entreprise avec ces 18 compagnons.

Autres faits

1- Les bulletins de salaire et les déclarations à Gandour ne reflètent pas la réalité du  net perçu des embauchés notamment dans l’administration.

2- Le chiffre d’affaire déclaré ne correspond en rien à la réalité aux chiffres réels se trouvant dans les supports électroniques du contrôleur financier M. Tarek Merheb. Cette fraude permet d’alléger notamment la patente et d’autres taxes.

3- El Gandour Mahmoud commerçant et fondateur de la nouvelle parfumerie gandour a été entendu plusieurs heures à la Direction de surveillance du serritoire (Dst) pour “fausse identité ivoirienne” de son premier fils Abdallah El Gandour qui a chèrement acquis sa nationalité ivoirienne après sa majorité. Cette nationalité a été un moment remis en question et ce dossier ardant est bien connu du patron de la Dst et de la directrice des passeports.

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